samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 17h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

L'UdeM versera 1,25 million à Spectrum Marketing pour avoir négocié avec Pepsi

Jeanne Corriveau   13 février 2003 
Si le contrat d'exclusivité qui la lie à Pepsi doit lui rapporter près de dix millions, l'Université de Montréal devra tout de même verser 1,25 million à la firme de marketing qui a négocié pour elle l'entente avec le producteur de boissons gazeuses.

Dans son édition d'hier, le journal des étudiants de l'UdeM, Quartier libre, a révélé que l'institution, sans appel d'offres, avait confié à Spectrum Marketing le soin d'engager des pourparlers avec les embouteilleurs afin d'en arriver à une entente d'exclusivité. En agissant comme intermédiaire, la firme de Vancouver est parvenue à obtenir pour l'UdeM une proposition selon laquelle Pepsi s'est engagée à verser à l'institution dix millions de dollars sur une période de dix ans en échange du droit exclusif de vendre ses produits sur le campus.

Le rôle joué par Spectrum Marketing lui a permis de toucher 12,5 % de la valeur du contrat signé en 1999 par l'université et Pepsi, soit l'équivalent de 1,25 million. Bien que l'entente avec la firme Spectrum Marketing comporte une clause de confidentialité, l'université a préféré en dévoiler les détails, échaudée par les critiques de ceux qui lui reprochaient d'avoir gardé secret le contrat avec Pepsi.

«C'est un contrat assez standard. Spectrum agissait comme agent négociateur pour l'université. Dans ces cas-là, la règle qui prévaut, c'est que ces entreprises reçoivent une commission proportionnelle à la valeur de l'entente conclue. [...] Le taux habituel dans ce genre de contrat est de 15 %. On l'a négocié à 12,5 %», indique Jacques Gravel, vice-recteur exécutif adjoint à l'Université de Montréal. Le versement de la commission était toutefois conditionnel à la conclusion d'une entente d'exclusivité.

Selon les termes du contrat d'exclusivité qui a résulté de ces négociations, Pepsi a convenu de verser 6,444 millions à l'université. Celle-ci reçoit de plus une commission équivalant à 30 % des revenus générés par les ventes de boissons gazeuses sur le campus.

Si l'UdeM n'a pas procédé par appel d'offres avant d'accorder le contrat à Spectrum Marketing, c'est qu'elle n'était pas l'instigatrice du projet. La firme, qui venait tout juste de négocier un contrat d'exclusivité pour l'université de la Colombie-Britannique, a sollicité l'UdeM, qui a jugé intéressant le plan présenté. Jacques Gravel estime que le jeu en valait la chandelle. «L'université aurait peut-être pu le faire elle-même, mais la vente de boissons gazeuses n'est pas le fer de lance de l'université. On n'a pas l'impression qu'on aurait réussi à chercher autant d'avantages que ce qui a résulté du contrat», fait-il valoir.

Frédéric Legendre, journaliste au Quartier libre, rappelle toutefois que d'autres universités au pays ont estimé que le recours à Spectrum Marketing ne représentait pas la solution la plus avantageuse. L'université de Victoria, elle aussi sollicitée par cette firme, a préféré négocier elle-même avec les embouteilleurs. De son côté, l'université de Guelph a eu recours à un appel d'offres; Spectrum Marketing figurait parmi les soumissionnaires, mais l'institution lui a préféré une autre entreprise, qui avait plus d'expérience en la matière et offrait ses services à un coût moindre.

Le versement de la commission à Spectrum Marketing, effectué par tranches annuelles, a dû être interrompu l'an dernier lorsque Pepsi a cessé de payer les redevances prévues au contrat. L'affaire est devant les tribunaux, mais M. Gravel croit qu'une entente hors cour pourra être conclue.

Le volume de vente de boissons gazeuses sur le campus s'avère toutefois bien en deçà des prévisions. Pepsi comptait vendre un minimum de 820 000 caisses de ses produits au cours des dix ans du contrat, soit l'équivalent de 17 litres par étudiant par session. Si cet objectif devait ne pas être atteint au terme du contrat, il a été convenu que le contrat serait prolongé, pour une période maximale de trois ans, sans que Pepsi n'ait à verser à l'université des sommes supplémentaires autres que les redevances liées au volume de vente.

Spectrum Marketing a participé activement au processus d'évaluation de ces objectifs. Jacques Gravel précise toutefois que le calcul des ventes anticipées a été inspiré «de données de base qui, hors de tout doute, sont fondées, démontrées et démontrables», l'UdeM ayant fourni aux négociateurs les chiffres sur les volumes de vente de boissons gazeuses qui prévalaient à cette époque. «Pour diverses raisons, les objectifs ne sont pas atteints actuellement. Est-ce parce qu'un changement draconien est survenu dans le marché des boissons gazeuses? Je n'en sais rien, je ne suis pas un expert du domaine, mais ce n'est pas nécessairement lié à l'Université de Montréal», dit-il.

Les critiques essuyées par l'UdeM à la suite de la signature de ce contrat d'exclusivité avec Pepsi sont un boulet pour l'institution. Jacques Gravel reconnaît que l'université y pensera à deux fois avant de parapher ce genre d'entente à l'avenir. «La réaction à l'endroit du contrat avec Pepsi amènera sans doute l'université à ne plus signer de tels contrats, bien que, dans l'exploitation de nos cafétérias et de nos services alimentaires, on devra toujours obtenir de l'approvisionnement et tenter de chercher le contrat le plus rentable», explique-t-il.

M. Gravel voit tout de même de bons côtés à cette aventure. «L'argent Pepsi» a permis de rénover la cafétéria Jean-Brillant sans obliger l'université à puiser dans son budget destiné à l'enseignement. De plus, ajoute-t-il, les redevances liées au volume de vente sont plus élevées que les taux habituellement consentis et l'université pourra en bénéficier pendant les 13 ans que durera vraisemblablement le contrat.

«Mais compte tenu des remous et des efforts consentis par la direction pour établir la crédibilité de l'université, je pense que ce n'est pas un million, ou dix millions pour dix ans, qui mérite de mettre la réputation de l'université en péril», dit-il.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012