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L'Église du Québec a perdu son combat

Benoît Descôteaux - Montréal  3 septembre 2008 
Cette année, l'éducation à la foi chrétienne et la formation religieuse ont définitivement quitté les bancs de l'école. L'Église du Québec a perdu son combat. Elle n'a pas reçu d'appui populaire dans sa volonté de maintenir l'enseignement religieux confessionnel dans les écoles. Elle a dû se résigner et s'organiser autrement.

Cette orientation est positive. J'ai bon espoir qu'avec le temps elle soit fructueuse. Certainement plus que l'éducation chrétienne qui se donnait dans nos écoles dans ces dernières décennies. D'ailleurs, que reste-t-il de cette formation chez la grande majorité des jeunes adultes d'aujourd'hui qui l'ont reçue dans leur enfance? Il est permis de penser que le désintérêt des fidèles à suivre l'Église dans son combat s'explique, pour une part, par le peu d'impact réel de l'enseignement religieux donné.

Maintenant, plus d'ambiguïté, l'éducation de la foi et la formation religieuse sont la responsabilité des parents et des paroisses. Peut-être que moins d'enfants les recevront. Parions que la qualité l'emportera sur la quantité.

Un hommage

Je veux rendre hommage à ces nombreuses femmes, si précieuses dans les églises locales, elles qui collaborent à la vie de celles-ci en accomplissant différentes tâches, dont la pastorale et la préparation des jeunes aux sacrements. On peut penser que, sans elles, l'Église pourrait difficilement se réorganiser. Je m'en voudrais d'oublier les hommes qui rendent les mêmes services en paroisse, bien qu'ils soient beaucoup moins nombreux. Pourtant, les enfants ont besoin de personnes significatives, hommes et femmes, peut-être même davantage sur le plan religieux.

D'ailleurs, au premier rang de ces personnes significatives pour les enfants se trouvent leurs parents. C'est sur eux que repose d'abord la transmission de la foi chrétienne. Sans cette implication parentale, le travail accompli par les catéchètes et les autres personnes oeuvrant dans des ministères paroissiaux portera probablement moins de fruits. Ici aussi, il est permis de penser que, parce que les parents ont laissé l'école se charger de cette responsabilité, la ferveur religieuse a décliné.

D'autres dieux

Il faudra une grande foi aux parents et aux catéchètes pour persévérer dans ce monde où les enfants et les adultes sont confrontés à de nombreux courants de pensée, dont l'athéisme. Bien d'autres centres d'intérêt occupent le temps et le vécu des enfants et des adultes d'aujourd'hui, dont certains sports de compétition devenus pour plusieurs presque une religion.

Ne parle-t-on pas des dieux du sport? Les jeunes connaissent sûrement bien davantage les glorieuses vedettes du sport que les grands saints qui sont la gloire de l'Église de leur baptême. Comme quoi l'Église du Québec d'aujourd'hui et les personnes engagées dans la transmission de la foi font face à tout un défi.
 
 
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