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Mieux planifier pour éviter les mauvaises surprises

Pierre Lefebvre - Président-directeur général de l'Agence des partenariats public-privé du Québec  2 septembre 2008 
Monsieur Jean-Robert Sansfaçon, nous souhaitons réagir à votre éditorial du 28 août intitulé «Du calme, docteur!». Vous y affirmez que la décision de réaliser le futur CHUM en partenariat public-privé avait, à elle seule, entraîné un retard de deux ans dans la réalisation de ce projet. Un lecteur vous prenant au mot aurait alors compris que le projet aurait pu être terminé deux ans plus tôt s'il était réalisé autrement qu'en PPP, mais la réalité est tout autre.

Bien que l'on puisse bien comprendre la frustration de plusieurs de n'avoir jusqu'ici pu assister à la première pelletée de terre de cet important projet, il ne faut pas pour autant croire que cela signifie que le projet n'avance pas ou qu'il avance moins vite que s'il avait été réalisé en mode traditionnel.

Combien de projets ont en effet multiplié les pelletées de terre pour ne jamais se réaliser, être abandonnés en chemin ou livrés avec d'importants retards ou dépassement de coûts? On conviendra donc que ce qui importe vraiment, ce n'est pas la date de la première pelletée de terre, mais bien celle de l'entrée en service, et la hauteur de la facture qu'auront à couvrir les contribuables à ce moment.

Or, le recours aux PPP vise précisément à faire en sorte que les coûts et les échéanciers de réalisation des projets soient connus de façon précise avant que les travaux ne débutent. C'est pourquoi, il est vrai, les projets réalisés en PPP requièrent une planification plus serrée, plus élaborée et, oui, plus longue que les projets traditionnels.

Malgré toute la sympathie que nous pouvons éprouver à l'égard des affligés de ce que la présidente du Conseil du trésor a déjà qualifié de «syndrome de la pépine», nous sommes d'avis qu'un projet aussi important que celui du CHUM doit être aussi rigoureusement planifié que possible avant le début de la construction et qu'il vaut donc mieux prendre le temps de bien faire les choses. Cette assurance que les choses seront bien faites, les PPP nous la fournissent en transférant au partenaire privé la grande majorité des risques liés aux dépassements de coûts, aux retards de livraison ou à la non-conformité de l'ouvrage aux exigences du gouvernement. Devant de telles contraintes, il est normal que, de part et d'autre, on planifie le plus possible, et dans les moindres détails, les besoins et les solutions pour y répondre.

Le résultat ultime est qu'une fois la construction amorcée, il y a moins de mauvaises surprises, et que la construction peut se faire plus rapidement, compensant ainsi le temps consacré à la planification. L'expérience vécue ailleurs nous le confirme.

Des études

Nous en voulons pour preuve une étude réalisée en 2007 pour le gouvernement australien, qui a démontré que les projets réalisés en PPP dans ce pays ont été livrés en moyenne 3,4 % plus rapidement que prévu, alors que les projets réalisés en mode traditionnel ont accusé un retard moyen de 23,5 % par rapport à l'échéancier initial.

De la même façon, une étude par le National Audit Office de tous les projets réalisés en PPP au Royaume-Uni jusqu'en 2002 a révélé que 76 % d'entre eux avaient été livrés à temps, comparativement à seulement 30 % des projets réalisés en mode traditionnel par le secteur public.

Plus près de chez nous, une étude de douze grands projets québécois d'infrastructure réalisée par le CIRANO en 2006 a révélé que pour 50 % de ces projets réalisés en mode traditionnel, le budget avait été dépassé et que, pour 59 % d'entre eux, les échéances n'avaient pas été respectées.

L'expérience des PPP au Québec étant jusqu'ici trop récente pour offrir une base de comparaison représentative, on ne peut que citer l'exemple de la seule entente de partenariat public-privé conclue à ce jour au Québec, celle du parachèvement de l'autoroute 25. Selon les évaluations du ministère des Transports et de l'Agence des PPP, le recours au PPP permettra d'économiser plus de 225 millions de dollars et de devancer de deux ans la mise en service de ce lien autoroutier, comparativement à sa réalisation en mode traditionnel.

Entre une pelletée de terre rapide et un projet bien ficelé, respectant les coûts et les délais établis, le choix est facile pour les contribuables québécois.
 
 
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