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Sincérité mise en doute

Daniel Gagnon - Écrivain et membre fondateur de l'Union des écrivaines et écrivains québécois, 28 août 2008  30 août 2008 
Au contraire de ce pense Michel Tremblay, je ne crois pas que les conservateurs au pouvoir soient «des gens sincères». C'est une erreur de sous-estimer la cynique et démagogique mise en scène de M. Harper. Le profil de ce chef est celui d'un agresseur du Québec, et il nous mène tout droit à la trappe, le pays en entier.

Michel Tremblay se trompe quand il déclare que «ce n'est même pas fait de mauvaise foi». Le théâtre de M. Harper est un mélo bien ficelé et dangereux, et derrière le masque il n'est pas difficile de voir un homme à face de renard. Il préfère le kaki de l'armée et les vitres teintées des Jeep sport blindées pour s'amener au Parlement. Il peut paraître élégant malgré le petit ventre glouton, glouton de pétrole. Il soigne sa mise, le visage bronzé et la peau lisse, les cheveux élégamment coiffés, les épaules carrées. Il cache bien son jeu, et ce n'est pas «sincère», c'est un faux, un personnage narcissique à texture soyeuse, en costume de velours et à la main de fer, qui se couronne lui-même avec ostentation.

Son refus de gouverner pour la collectivité est une scandaleuse hypocrisie. Dénigrant toute opposition, il cumule ses agressions contre les libertés civiles, ses attentats contre les arts et son non-respect des droits de la personne, sans parler de son attitude devant le désastre climatique.

Michel Tremblay déclare «qu'on ne peut pas douter de la sincérité» des conservateurs. Quand je vois M. Harper patiner et Josée Verner vaciller sur ses talons aiguilles, je me dis: «Parfait, il va falloir qu'on scanne bien la photo des conservateurs pour les montrer et les faire sortir de la boîte aux lettres, afin de lire le vrai texte.» M. Harper a réussi à développer une stratégie efficace, à imposer l'image d'un chef de gouvernement propre et bienveillant, alors que dans les coulisses tous les coups sont permis, des tricheries à Élections Canada à l'obstruction parlementaire, pour faire avancer l'idéologie réformiste, au goût goudronneux.
 
 
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