400e de Québec - Fers et bois sur les Plaines
Les joueurs doivent utiliser l’équipement d’époque. On leur demande aussi de s’exécuter en costume d’antan.
Les plaines d'Abraham sont occupées le temps d'une semaine par une faune de golfeurs en costumes écossais alors que le parc reprend ses atours du siècle dernier. Le Devoir s'est rendu sur le terrain le temps d'un drôle de retour en arrière.
Québec — Hélène Martineau, une respectable résidante de Québec, a passé une partie de la matinée d'hier à jouer dans les buissons des plaines d'Abraham. Mais n'est pas ce que vous croyez... Elle cherchait sa balle. «Je n'ai pas l'air de ça, mais je joue trois ou quatre fois par semaine!»
C'est qu'il est plutôt ardu, ce parcours de golf sur les Plaines. Hier, le meilleur score de la matinée était de 41, alors que la norme du parcours est de 34. Un record qui sera sûrement battu demain par la marraine de l'événement, Jocelyne Bourassa.
«J'ai l'impression que les gens trouvent ça plus difficile qu'ils l'auraient cru, même si ce sont pour la plupart des joueurs assez expérimentés», de résumer en riant l'un des organisateurs, Richard Laflamme, du Club Royal Québec.
Ouvert hier pour une durée de sept jours, ce club temporaire a été conçu à l'image de l'ancien golf des Plaines tel qu'il était à la fin du XIXe siècle. Le relief est très vallonné, les drapeaux sont courts et rouges. Quant aux verts, ils sont à peine distinguables du reste du terrain... Enfin, les 1200 participants devront tous utiliser les sacs de bâtons d'époque (un bois, trois fers et un putter) avec des balles de plastique. En plus, on leur demande de s'exécuter en costume d'antan.
«Je n'arrête pas d'accrocher mon chapeau!», s'exclamait en riant la présidente de Golf Québec, Diane Dunlop-Hébert, qui s'était vêtue d'un chemisier à manches longues, d'une longue jupe ainsi que d'un chapeau à larges bords qui lui a donné du fil à retordre dans les zones venteuses.
Ce qui ne l'a pas empêchée d'être ravie et de qualifier l'événement d'«absolument fabuleux». Son mari a même fait un birdie, ou oiselet, au premier trou. Un petit exploit pour cette équipe de joueurs aguerris. Les messieurs aussi faisaient plaisir à voir avec leurs pantalons bouffants aux genoux, leurs bérets écossais et leurs noeuds papillon.
On avait même invité un joueur de cornemuse au lancement de l'activité.
Whisky in the jar
Étant un vrai Écossais, Christopher Homer était perplexe devant ce déploiement de costumes. «C'est curieux, les gens ont l'air de se servir du golf pour se costumer» notait-il, vêtu de son impeccable ensemble brun avec l'accent écossais que l'on peut imaginer. «Mais, vous savez, il y a une dimension très sérieuse à tout cela.»
M. Homer est en effet un ardent défenseur de la tradition du golf. Sollicité il y a quatre ans par les organisateurs, c'est lui qui leur a fourni les vieux sacs et les bâtons Hickory. Sa première commande en Amérique. En Écosse, ce collectionneur joue au golf avec ces bâtons sur un parcours si vieux que l'on raconte que Mary, reine d'Écosse y aurait frappé des balles en 1427.
«La seule façon de bien réussir avec cet équipement est de frapper précisément au milieu de la balle», dit-il. «Cela n'a rien à voir avec les bâtons d'aujourd'hui qui "pardonnent" beaucoup trop aux joueurs.»
D'après M. Homer, on doit considérer le boguey comme un résultat très satisfaisant pour un parcours comme les Plaines. «Ça prend beaucoup de temps avant de maîtriser ce genre de bâton. En attendant, cela donne un jeu horrible. À moins qu'il y ait du whisky dans le décor!»
Or les organisateurs ne fournissent pas les joueurs en alcool, mais en renseignements. Chacun des neuf trous a son responsable, et plusieurs racontent des histoires. Comme la dame du trou numéro deux. «Vous devez vous demander pourquoi nous avons mis des seaux près du départ, hein? C'est de l'eau et du sable.» Et d'expliquer qu'à l'époque, on trempait les bois dans l'eau pour les rafraîchir. Quant au sable, il faisait office de tee.
Au trou numéro 9, un autre bénévole, M. André Belleau, nous a instruits des subtilités de la tonte. «Il n'y avait pas de tondeuse à l'époque, et tout était brouté par des vaches ou d'autres animaux.» Et de nous faire remarquer qu'il n'y avait pas non plus de machine pour fabriquer les trous. «Au début de la saison, le champion de l'année précédente mettait son poing dans le sol et il taillait le trou autour avec un couteau.»
Au trou suivant, le groupe mené par Mme Dunlop-Hébert est interrompu par des touristes. «Pouvez-vous faire semblant de frapper pour qu'on vous prenne en photo?». Il n'y avait certes pas autant de spectateurs qu'aux matchs de Tiger Woods, mais nos joueurs en costumes ont quand même eu droit à leur lot d'attentions.
Et l'inverse est aussi vrai pour tous ces marcheurs et cyclistes que cette compétition a surpris. Les joueurs ont même dû pousser des hurlements pour empêcher que certains individus ne soient pris pour cibles! Et dire que l'on pensait avoir tout vu sur les Plaines cet été...
Québec — Hélène Martineau, une respectable résidante de Québec, a passé une partie de la matinée d'hier à jouer dans les buissons des plaines d'Abraham. Mais n'est pas ce que vous croyez... Elle cherchait sa balle. «Je n'ai pas l'air de ça, mais je joue trois ou quatre fois par semaine!»
C'est qu'il est plutôt ardu, ce parcours de golf sur les Plaines. Hier, le meilleur score de la matinée était de 41, alors que la norme du parcours est de 34. Un record qui sera sûrement battu demain par la marraine de l'événement, Jocelyne Bourassa.
«J'ai l'impression que les gens trouvent ça plus difficile qu'ils l'auraient cru, même si ce sont pour la plupart des joueurs assez expérimentés», de résumer en riant l'un des organisateurs, Richard Laflamme, du Club Royal Québec.
Ouvert hier pour une durée de sept jours, ce club temporaire a été conçu à l'image de l'ancien golf des Plaines tel qu'il était à la fin du XIXe siècle. Le relief est très vallonné, les drapeaux sont courts et rouges. Quant aux verts, ils sont à peine distinguables du reste du terrain... Enfin, les 1200 participants devront tous utiliser les sacs de bâtons d'époque (un bois, trois fers et un putter) avec des balles de plastique. En plus, on leur demande de s'exécuter en costume d'antan.
«Je n'arrête pas d'accrocher mon chapeau!», s'exclamait en riant la présidente de Golf Québec, Diane Dunlop-Hébert, qui s'était vêtue d'un chemisier à manches longues, d'une longue jupe ainsi que d'un chapeau à larges bords qui lui a donné du fil à retordre dans les zones venteuses.
Ce qui ne l'a pas empêchée d'être ravie et de qualifier l'événement d'«absolument fabuleux». Son mari a même fait un birdie, ou oiselet, au premier trou. Un petit exploit pour cette équipe de joueurs aguerris. Les messieurs aussi faisaient plaisir à voir avec leurs pantalons bouffants aux genoux, leurs bérets écossais et leurs noeuds papillon.
On avait même invité un joueur de cornemuse au lancement de l'activité.
Whisky in the jar
Étant un vrai Écossais, Christopher Homer était perplexe devant ce déploiement de costumes. «C'est curieux, les gens ont l'air de se servir du golf pour se costumer» notait-il, vêtu de son impeccable ensemble brun avec l'accent écossais que l'on peut imaginer. «Mais, vous savez, il y a une dimension très sérieuse à tout cela.»
M. Homer est en effet un ardent défenseur de la tradition du golf. Sollicité il y a quatre ans par les organisateurs, c'est lui qui leur a fourni les vieux sacs et les bâtons Hickory. Sa première commande en Amérique. En Écosse, ce collectionneur joue au golf avec ces bâtons sur un parcours si vieux que l'on raconte que Mary, reine d'Écosse y aurait frappé des balles en 1427.
«La seule façon de bien réussir avec cet équipement est de frapper précisément au milieu de la balle», dit-il. «Cela n'a rien à voir avec les bâtons d'aujourd'hui qui "pardonnent" beaucoup trop aux joueurs.»
D'après M. Homer, on doit considérer le boguey comme un résultat très satisfaisant pour un parcours comme les Plaines. «Ça prend beaucoup de temps avant de maîtriser ce genre de bâton. En attendant, cela donne un jeu horrible. À moins qu'il y ait du whisky dans le décor!»
Or les organisateurs ne fournissent pas les joueurs en alcool, mais en renseignements. Chacun des neuf trous a son responsable, et plusieurs racontent des histoires. Comme la dame du trou numéro deux. «Vous devez vous demander pourquoi nous avons mis des seaux près du départ, hein? C'est de l'eau et du sable.» Et d'expliquer qu'à l'époque, on trempait les bois dans l'eau pour les rafraîchir. Quant au sable, il faisait office de tee.
Au trou numéro 9, un autre bénévole, M. André Belleau, nous a instruits des subtilités de la tonte. «Il n'y avait pas de tondeuse à l'époque, et tout était brouté par des vaches ou d'autres animaux.» Et de nous faire remarquer qu'il n'y avait pas non plus de machine pour fabriquer les trous. «Au début de la saison, le champion de l'année précédente mettait son poing dans le sol et il taillait le trou autour avec un couteau.»
Au trou suivant, le groupe mené par Mme Dunlop-Hébert est interrompu par des touristes. «Pouvez-vous faire semblant de frapper pour qu'on vous prenne en photo?». Il n'y avait certes pas autant de spectateurs qu'aux matchs de Tiger Woods, mais nos joueurs en costumes ont quand même eu droit à leur lot d'attentions.
Et l'inverse est aussi vrai pour tous ces marcheurs et cyclistes que cette compétition a surpris. Les joueurs ont même dû pousser des hurlements pour empêcher que certains individus ne soient pris pour cibles! Et dire que l'on pensait avoir tout vu sur les Plaines cet été...
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