Médecins - 220 millions pour les spécialistes
L'entente de principe conclue vendredi avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) aurait permis d'arracher près de 220 millions à Québec sur deux ans. Elle aurait pour effet de rehausser, dès le 1er avril, la rémunération des spécialistes de 7 %.
Selon ce qu'a appris Le Devoir, le gouvernement aurait passablement majoré son offre initiale de 140 millions, puisque le montant consenti aux médecins spécialistes au terme de deux ans friserait les 220 millions. Vendredi, le conseil d'administration de la FMSQ a accepté cette offre et doit la soumettre à l'approbation de son assemblée de délégués, jeudi prochain.
Selon les informations qui ont filtré au cours des derniers jours, la nouvelle entente, qui viendrait à échéance à la fin de 2004, se répercutera par une bonification d'environ 7 %, dès le 1er avril prochain, de la masse monétaire de 1,6 milliard versée annuellement aux spécialistes.
Toutefois, seule une partie de ce montant serait destinée à une hausse directe des tarifs. Le reste de la somme serait composé d'une reconnaissance des dépassements salariaux survenus au cours de la dernière année. Certaines associations médicales auraient en effet dépassé les plafonds qui avaient été consentis à leur spécialité par la RAMQ l'année dernière, dans l'enveloppe fermée destinée à la rémunération. Québec aurait en quelque sorte accepté de passer l'éponge sur ces dépassements et de reconnaître le surcroît de travail qui a touché certaines spécialités médicales. «Pour nous, ce n'est pas une augmentation de salaire, mais c'est au moins une reconnaissance du fait que nous ne sommes pas assez nombreux, et que avons travaillé plus que ce que le gouvernement avait prévu pour donner les services», a fait valoir hier une source bien informée.
On se souviendra que, depuis le début du conflit, les médecins spécialistes, dont l'entente était échue depuis mars 2002, réclamaient de Québec une reconnaissance tangible de l'écart salarial qui les sépare de leurs collègues du reste du Canada. La FMSQ demandait une majoration de 30 % des salaires à l'occasion d'une nouvelle entente, échelonnée sur trois ans. En clair, le rattrapage réclamé s'élevait au bas mot à 500 millions.
En marge de cette bataille sur les salaires, les spécialistes avaient aussi déclaré la guerre à la loi 142 — une loi donnant plus de pouvoir au gouvernement pour répartir les médecins sur le territoire — et demandaient d'être exclus de son application.
Mais Québec s'était montré intraitable et avait tourné en dérision les demandes «déraisonnables» des spécialistes, qu'il estimait équivaloir à une hausse de 60 000 $ par spécialiste. Tout au long de l'automne, l'offre gouvernementale s'était limitée à 140 millions, soit l'équivalent de la hausse de 2 % pour un an consentie au reste de la fonction publique. En décembre, en dépit des contestations de la FMSQ, Québec adoptait la loi 142.
Conditions de travail
Par ailleurs, l'accord arrêté vendredi répondrait également à certaines revendications des médecins spécialistes en ce qui a trait à l'amélioration des conditions de travail. Toutefois, les détails concrets de ces gains restaient à préciser. On ignorait aussi hier si Québec avait accepté d'amender certaines dispositions de la loi 142, honnie par les spécialistes, comme le réclamait à grands cris la FMSQ depuis l'automne.
L'entente concrétiserait par ailleurs l'engagement déjà pris par le ministre Legault de confier à un comité de travail la tâche de préparer un rapport détaillé sur l'état de la rémunération des médecins spécialistes à travers le Canada, pour mieux documenter l'écart allégué par la FMSQ.
Selon l'accord, ce comité devra remettre son rapport au ministre de la Santé le 31 octobre 2003.
Hier, on avait bon espoir que cette entente de principe soit entérinée jeudi prochain, lors de l'assemblée décisionnelle des 122 délégués, malgré le très haut niveau de mécontentement qui règne chez les médecins spécialistes depuis le début du conflit, en août dernier.
Les grands traits de l'accord auraient en effet reçu l'aval d'un conseil d'administration «élargi» vendredi, justement pour éviter des rebondissements imprévus lors de l'assemblée décisionnelle des délégués jeudi. Au cour de l'automne, il est arrivé que certains accords, d'abord accepté par le conseil, aient essuyé le refus de l'assemblée des délégués, galvanisée par certains dissidents. Il semble que cette fois, tout ait été mis en oeuvre pour éviter la répétition de tels scénarios.
Au point que, dès vendredi, un courriel a été transmis aux 7500 membres de la FMSQ pour leur demander de suspendre tous leurs moyens de pression, dont les arrêts de travail rotatifs qui devaient s'amorcer ce matin, demain et jeudi dans les hôpitaux de la province.
Enfin, le texte de l'entente de principe sera également présenté ce soir, à titre consultatif, à la table qui réunit les présidents des 34 associations de spécialistes qui composent la FMSQ. L'accueil qui sera réservé par les présidents au texte de cet accord sera malgré tout déterminant dans le mot d'ordre qui sera envoyé par chacune des associations à leurs délégués.
Selon ce qu'a appris Le Devoir, le gouvernement aurait passablement majoré son offre initiale de 140 millions, puisque le montant consenti aux médecins spécialistes au terme de deux ans friserait les 220 millions. Vendredi, le conseil d'administration de la FMSQ a accepté cette offre et doit la soumettre à l'approbation de son assemblée de délégués, jeudi prochain.
Selon les informations qui ont filtré au cours des derniers jours, la nouvelle entente, qui viendrait à échéance à la fin de 2004, se répercutera par une bonification d'environ 7 %, dès le 1er avril prochain, de la masse monétaire de 1,6 milliard versée annuellement aux spécialistes.
Toutefois, seule une partie de ce montant serait destinée à une hausse directe des tarifs. Le reste de la somme serait composé d'une reconnaissance des dépassements salariaux survenus au cours de la dernière année. Certaines associations médicales auraient en effet dépassé les plafonds qui avaient été consentis à leur spécialité par la RAMQ l'année dernière, dans l'enveloppe fermée destinée à la rémunération. Québec aurait en quelque sorte accepté de passer l'éponge sur ces dépassements et de reconnaître le surcroît de travail qui a touché certaines spécialités médicales. «Pour nous, ce n'est pas une augmentation de salaire, mais c'est au moins une reconnaissance du fait que nous ne sommes pas assez nombreux, et que avons travaillé plus que ce que le gouvernement avait prévu pour donner les services», a fait valoir hier une source bien informée.
On se souviendra que, depuis le début du conflit, les médecins spécialistes, dont l'entente était échue depuis mars 2002, réclamaient de Québec une reconnaissance tangible de l'écart salarial qui les sépare de leurs collègues du reste du Canada. La FMSQ demandait une majoration de 30 % des salaires à l'occasion d'une nouvelle entente, échelonnée sur trois ans. En clair, le rattrapage réclamé s'élevait au bas mot à 500 millions.
En marge de cette bataille sur les salaires, les spécialistes avaient aussi déclaré la guerre à la loi 142 — une loi donnant plus de pouvoir au gouvernement pour répartir les médecins sur le territoire — et demandaient d'être exclus de son application.
Mais Québec s'était montré intraitable et avait tourné en dérision les demandes «déraisonnables» des spécialistes, qu'il estimait équivaloir à une hausse de 60 000 $ par spécialiste. Tout au long de l'automne, l'offre gouvernementale s'était limitée à 140 millions, soit l'équivalent de la hausse de 2 % pour un an consentie au reste de la fonction publique. En décembre, en dépit des contestations de la FMSQ, Québec adoptait la loi 142.
Conditions de travail
Par ailleurs, l'accord arrêté vendredi répondrait également à certaines revendications des médecins spécialistes en ce qui a trait à l'amélioration des conditions de travail. Toutefois, les détails concrets de ces gains restaient à préciser. On ignorait aussi hier si Québec avait accepté d'amender certaines dispositions de la loi 142, honnie par les spécialistes, comme le réclamait à grands cris la FMSQ depuis l'automne.
L'entente concrétiserait par ailleurs l'engagement déjà pris par le ministre Legault de confier à un comité de travail la tâche de préparer un rapport détaillé sur l'état de la rémunération des médecins spécialistes à travers le Canada, pour mieux documenter l'écart allégué par la FMSQ.
Selon l'accord, ce comité devra remettre son rapport au ministre de la Santé le 31 octobre 2003.
Hier, on avait bon espoir que cette entente de principe soit entérinée jeudi prochain, lors de l'assemblée décisionnelle des 122 délégués, malgré le très haut niveau de mécontentement qui règne chez les médecins spécialistes depuis le début du conflit, en août dernier.
Les grands traits de l'accord auraient en effet reçu l'aval d'un conseil d'administration «élargi» vendredi, justement pour éviter des rebondissements imprévus lors de l'assemblée décisionnelle des délégués jeudi. Au cour de l'automne, il est arrivé que certains accords, d'abord accepté par le conseil, aient essuyé le refus de l'assemblée des délégués, galvanisée par certains dissidents. Il semble que cette fois, tout ait été mis en oeuvre pour éviter la répétition de tels scénarios.
Au point que, dès vendredi, un courriel a été transmis aux 7500 membres de la FMSQ pour leur demander de suspendre tous leurs moyens de pression, dont les arrêts de travail rotatifs qui devaient s'amorcer ce matin, demain et jeudi dans les hôpitaux de la province.
Enfin, le texte de l'entente de principe sera également présenté ce soir, à titre consultatif, à la table qui réunit les présidents des 34 associations de spécialistes qui composent la FMSQ. L'accueil qui sera réservé par les présidents au texte de cet accord sera malgré tout déterminant dans le mot d'ordre qui sera envoyé par chacune des associations à leurs délégués.
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