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Je n'ai pas confiance

Benoît Lacoursière - Montréal, le 12 août 2008  15 août 2008 
Bien avant les événements de samedi soir, la confiance que j'avais en les corps policiers n'était pas très grande. Ayant participé à plusieurs manifestations, j'ai été à même de constater que rarement les policiers respectent les manifestants et que plus souvent qu'autrement ils ne respectent même pas leur propre code de déontologie, quand ce n'est la loi elle-même. Quant aux chartes, elles sont reléguées aux oubliettes depuis longtemps.

Comment avoir confiance dans les forces policières lorsque toute forme de marginalité (l'immigrant, l'itinérant, le manifestant, les jeunes, les prostituées, un couple de lesbiennes au coin de la rue... ) est encore plus réprimée dans sa marginalité? Il faut croire que leurs cours collégiaux de sociologie passent après l'application des règlements municipaux qui datent de la grippe espagnole, du maniement des armes à feu.

Les policiers qui ont interpellé les jeunes samedi soir à Montréal-Nord sont les responsables non seulement de la mort d'un jeune de 18 ans, mais aussi de se qui s'est passé dimanche soir. Par leur empressement irréfléchi à interpeller une bande de jeunes différente des autres, ils ont tué une personne puis, par ricochet, causé des milliers de dollars de dégâts.

En soi, l'émeute de dimanche soir est un révélateur d'une tension plus profonde. Elle me fait penser aux émeutes des banlieues parisiennes. Non seulement il y a des similitudes démographiques, mais aussi sur le plan de l'urbanisme. Alors que je travaillais dans un organisme communautaire à Montréal-Nord, il y a quelques années, les jeunes se disaient «enfermés» dans leur quartier. En effet, il n'y a environ que six ou sept lignes d'autobus qui sortent de ce quartier. [...] Les problèmes des quartiers défavorisés montréalais ne se régleront pas par la force, mais plutôt par une lutte acharnée à la pauvreté et des solutions originales sur les plans culturel, urbanistique et politique.
 
 
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