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Pourquoi pas une hausse ?

Pierre Tremblay - Montréal, le 3 août 2008  5 août 2008 
Plusieurs intervenants s'opposent à une nouvelle augmentation des tarifs de l'électricité au motif qu'Hydro-Québec enregistrerait de copieux profits. Or ces profits ne sont que comptables. Idéalement, la tarification de l'électricité devrait se faire au prix du marché. Illustrons la problématique par un exemple.

Vous êtes propriétaire d'un chalet dans les Laurentides. Le chalet est entièrement payé, vous l'utilisez l'hiver pour faire du ski. L'été, vous le louez à un prix très modique à votre beau-frère. Soudainement, un producteur de film américain vous offre la somme de 100 000 $ pour louer le chalet pour un été. Avec la somme reçue, vous pourriez même dédommager votre beau-frère en lui offrant un très beau voyage en Europe. Toute personne raisonnable accepterait cette offre.

Les étudiants de première année en administration savent que la valeur pertinente d'un bien pour fin de décision est sa valeur au marché et non son coût historique. Pourtant, dans le cas de la tarification de l'électricité au Québec, nous continuons à louer notre chalet à notre beau-frère à un prix d'aubaine, quoiqu'un peu plus élevé qu'auparavant. Hydro-Québec devrait plutôt vendre son électricité aux Québécois au prix que nos voisins sont prêts à payer. Les revenus excédentaires seraient simplement versés au gouvernement qui pourrait s'en servir pour aider les pauvres, réduire les impôts et la dette, investir en santé, en éducation, en transport en commun, etc.

De plus, une tarification de l'électricité égale au prix du marché enverrait un bon signal aux consommateurs et serait tout à fait compatible avec une stratégie de développement durable. Par ailleurs, même si le sous-sol albertain est rempli de pétrole et de gaz, les citoyens de cette province paient le prix du marché pour toutes leurs sources d'énergie. Par contre, les redevances énergétiques exigées par cette province font en sorte que les Albertains n'ont pas à supporter le fardeau d'une taxe de vente. De plus, leur gouvernement n'a plus aucune dette. René Lévesque et Robert Bourassa nous ont laissé un bel héritage hydroélectrique, il ne tient qu'à nous d'en profiter judicieusement.
 
 
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