L'ADQ, l'essence et le rôle de l'État
Dernièrement, l'Action démocratique du Québec (ADQ) a dénoncé haut et fort la décision de la Régie de l'énergie d'imposer pendant une période de 30 mois l'ajout de 3 ¢ le litre d'essence au prix de vente des détaillants de Saint-Jérôme. Bien que Mario Dumont prétende que l'ADQ est un parti proche de la population et qu'il protège l'intérêt des consommateurs, les actions démontrent l'inverse.
Analysons les arguments avancés par le porte-parole en matière d'énergie de l'ADQ, M. Richard Merlini, soit la notion de concurrence et le rôle de la Régie. À l'aide de ces deux arguments, nous pouvons facilement concevoir la perception du rôle de l'État qu'entretient l'équipe de Mario Dumont. Selon l'ADQ, l'État est un frein à l'émancipation de la société québécoise et il faut le réduire comme peau de chagrin.
Offre et demande
Le premier argument apporté par le porte-parole de l'ADQ, pour justifier la condamnation de cette hausse obligatoire de 3 ¢ le litre, est le fait que réglementer le prix de vente des détaillants va à l'encontre de la loi de l'offre et de la demande et évidemment nuit automatiquement aux consommateurs.
Rien n'est plus faux. Si la Régie de l'énergie impose cette décision, c'est que, d'une certaine manière, la notion de l'offre et de la demande est faussée. En effet, dans la région où cette décision a été imposée (Saint-Jérôme), un joueur plus gros que les autres vient déstabiliser entièrement l'équilibre du commerce de l'essence au détail. Dans le cas présent, Costco, en vendant son essence ordinaire sans marge de profit ou avec un minime profit (0,2 ¢ le litre), se trouve à faire baisser les prix, et même parfois très près du prix minimum estimé (PME) — il s'agit d'une mesure établie par la Régie en fonction du coût d'exploitation d'un détaillant. Cette règle sert, entre autres, à éviter la vente d'essence à perte.
Stratégie de Costco
Ainsi, tous les autres détaillants de la région se doivent de suivre la baisse de prix. Or, Costco, en comptant sur l'apport de profits émanant de la vente de ses produits à l'intérieur de son magasin entrepôt, peut combler la part de profits perdus avec son essence à faible prix. Dans le cas des petits détaillants, il est impossible, en vendant quelques sacs de chips et quelques cafés, d'utiliser le même stratagème.
La stratégie marketing de Costco est à la fois brillante et machiavélique. Lorsque Costco abaisse continuellement ses prix de l'essence à la pompe, tôt ou tard ses concurrents ne généreront plus de profits et vont faire faillite. En ce sens, selon les données de l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQUIP), huit détaillants ont fermé leur commerce depuis 2000, dont cinq très peu de temps après l'arrivée de Costco dans la région.
L'argument de l'ADQ, selon lequel la décision de la Régie empêche la concurrence, ne tient plus. C'est l'inverse qui se produit. En imposant un prix plancher de vente aux détaillants, la Régie protège les plus petits joueurs et ainsi s'assure qu'il y a une saine concurrence entre les essenceries. De là, les consommateurs en sortent protégés et gagnants.
Intervention de l'État
Le parti de Mario Dumont croit en outre que la Régie ne doit pas s'ingérer dans la gestion des détaillants. M. Merlini affirme qu'«on se rend clairement compte que la Régie de l'énergie ne travaille pas dans l'intérêt des consommateurs».
À ce titre, le jugement final de la Régie est catégorique et va totalement à l'encontre de l'opinion formulée par M. Merlini: «La Régie est d'avis que "l'effet domino" pourrait éventuellement entraîner la fermeture d'un certain nombre de détaillants indépendants [...]. Dans une perspective à long terme, la Régie est d'avis que cette situation va à l'encontre des intérêts des consommateurs.»
Pour l'ADQ, l'intervention de l'État est condamnable. L'État (le gouvernement) ne doit pas intervenir dans le marché, même si, à moyen ou long terme, les consommateurs et l'ensemble de la société en sont perdants.
Citoyen contre État
Plusieurs prises de position de l'ADQ rejoignent ce discours idéologique. Toujours en laissant entendre à la population le désir de protéger le simple consommateur et le petit travailleur, les politiques exprimées par l'ADQ vont souvent à l'encontre des intérêts du simple consommateur.
En s'opposant constamment à l'interventionnisme de l'État et au gouvernement, l'ADQ tente d'opposer le citoyen et l'État. Comme si l'État était une structure qui va à l'encontre du bien-être des citoyens. Ainsi, M. Dumont est contre les commissions scolaires, qui ont pour objectif que l'ensemble des enfants québécois aient une éducation de qualité identique, de Montréal à Gaspé. L'ADQ s'oppose aux garderies subventionnées en arguant que le gouvernement prive les individus du libre choix. Enfin, le même discours idéologique se produit avec la question de la Régie de l'énergie. En intervenant afin de sauver le libre marché, la Régie, selon l'ADQ, va à l'encontre de l'intérêt des consommateurs.
Parions que ce refrain sera entonné par l'ADQ dès qu'elle aura l'occasion de le ressortir... Dès les premiers cours de science politique donnés au collège, nous apprenons aux étudiants que l'objectif premier du discours idéologique n'est pas la vérité, mais l'efficacité. C'est un concept de base que M. Dumont a parfaitement compris.
Analysons les arguments avancés par le porte-parole en matière d'énergie de l'ADQ, M. Richard Merlini, soit la notion de concurrence et le rôle de la Régie. À l'aide de ces deux arguments, nous pouvons facilement concevoir la perception du rôle de l'État qu'entretient l'équipe de Mario Dumont. Selon l'ADQ, l'État est un frein à l'émancipation de la société québécoise et il faut le réduire comme peau de chagrin.
Offre et demande
Le premier argument apporté par le porte-parole de l'ADQ, pour justifier la condamnation de cette hausse obligatoire de 3 ¢ le litre, est le fait que réglementer le prix de vente des détaillants va à l'encontre de la loi de l'offre et de la demande et évidemment nuit automatiquement aux consommateurs.
Rien n'est plus faux. Si la Régie de l'énergie impose cette décision, c'est que, d'une certaine manière, la notion de l'offre et de la demande est faussée. En effet, dans la région où cette décision a été imposée (Saint-Jérôme), un joueur plus gros que les autres vient déstabiliser entièrement l'équilibre du commerce de l'essence au détail. Dans le cas présent, Costco, en vendant son essence ordinaire sans marge de profit ou avec un minime profit (0,2 ¢ le litre), se trouve à faire baisser les prix, et même parfois très près du prix minimum estimé (PME) — il s'agit d'une mesure établie par la Régie en fonction du coût d'exploitation d'un détaillant. Cette règle sert, entre autres, à éviter la vente d'essence à perte.
Stratégie de Costco
Ainsi, tous les autres détaillants de la région se doivent de suivre la baisse de prix. Or, Costco, en comptant sur l'apport de profits émanant de la vente de ses produits à l'intérieur de son magasin entrepôt, peut combler la part de profits perdus avec son essence à faible prix. Dans le cas des petits détaillants, il est impossible, en vendant quelques sacs de chips et quelques cafés, d'utiliser le même stratagème.
La stratégie marketing de Costco est à la fois brillante et machiavélique. Lorsque Costco abaisse continuellement ses prix de l'essence à la pompe, tôt ou tard ses concurrents ne généreront plus de profits et vont faire faillite. En ce sens, selon les données de l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQUIP), huit détaillants ont fermé leur commerce depuis 2000, dont cinq très peu de temps après l'arrivée de Costco dans la région.
L'argument de l'ADQ, selon lequel la décision de la Régie empêche la concurrence, ne tient plus. C'est l'inverse qui se produit. En imposant un prix plancher de vente aux détaillants, la Régie protège les plus petits joueurs et ainsi s'assure qu'il y a une saine concurrence entre les essenceries. De là, les consommateurs en sortent protégés et gagnants.
Intervention de l'État
Le parti de Mario Dumont croit en outre que la Régie ne doit pas s'ingérer dans la gestion des détaillants. M. Merlini affirme qu'«on se rend clairement compte que la Régie de l'énergie ne travaille pas dans l'intérêt des consommateurs».
À ce titre, le jugement final de la Régie est catégorique et va totalement à l'encontre de l'opinion formulée par M. Merlini: «La Régie est d'avis que "l'effet domino" pourrait éventuellement entraîner la fermeture d'un certain nombre de détaillants indépendants [...]. Dans une perspective à long terme, la Régie est d'avis que cette situation va à l'encontre des intérêts des consommateurs.»
Pour l'ADQ, l'intervention de l'État est condamnable. L'État (le gouvernement) ne doit pas intervenir dans le marché, même si, à moyen ou long terme, les consommateurs et l'ensemble de la société en sont perdants.
Citoyen contre État
Plusieurs prises de position de l'ADQ rejoignent ce discours idéologique. Toujours en laissant entendre à la population le désir de protéger le simple consommateur et le petit travailleur, les politiques exprimées par l'ADQ vont souvent à l'encontre des intérêts du simple consommateur.
En s'opposant constamment à l'interventionnisme de l'État et au gouvernement, l'ADQ tente d'opposer le citoyen et l'État. Comme si l'État était une structure qui va à l'encontre du bien-être des citoyens. Ainsi, M. Dumont est contre les commissions scolaires, qui ont pour objectif que l'ensemble des enfants québécois aient une éducation de qualité identique, de Montréal à Gaspé. L'ADQ s'oppose aux garderies subventionnées en arguant que le gouvernement prive les individus du libre choix. Enfin, le même discours idéologique se produit avec la question de la Régie de l'énergie. En intervenant afin de sauver le libre marché, la Régie, selon l'ADQ, va à l'encontre de l'intérêt des consommateurs.
Parions que ce refrain sera entonné par l'ADQ dès qu'elle aura l'occasion de le ressortir... Dès les premiers cours de science politique donnés au collège, nous apprenons aux étudiants que l'objectif premier du discours idéologique n'est pas la vérité, mais l'efficacité. C'est un concept de base que M. Dumont a parfaitement compris.
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