11-Septembre - Le NPD est associé aux conspirationnistes
Tempête et théorie du complot. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Jack Layton se retrouve au coeur d'une polémique après le dépôt en toute discrétion à la Chambre des communes en juin dernier d'une pétition étonnante par une de ses députés. Signé par 500 personnes d'un océan à l'autre, le document accuse «des éléments au sein du gouvernement» américain de «complicité de meurtre» pour avoir orchestré les attentats du 11 septembre 2001. Il demande du même souffle à Ottawa de mener sa propre enquête sur les événements pour mieux «poursuivre en justice les vrais coupables devant les juridictions internationales».
Sans surprise, la présentation de cette pétition devant les instances législatives canadiennes déchaîne les passions depuis quelques semaines sur de nombreux sites Internet à saveur conspirationniste, qui y voient un appui incontestable des néo-démocrates dans un combat contre «les complots de l'administration Bush». La formation politique fédérale indique toutefois qu'il s'agit là d'une «interprétation erronée de [sa] position» sur l'attaque du World Trade Center de New York, alors que Libby Davies, la députée de Vancouver-Est à l'origine de l'affaire, prend désormais ses distances d'une pétition gênante qu'elle dit ne pas avoir signée.
«Le dépôt d'une pétition en Chambre ne doit pas être vu comme un appui à son contenu», a indiqué cette semaine au Devoir son attaché politique, Rob Duffy. «Comme d'autres députés, Mme Davies considère ce genre d'activité comme un service qu'elle rend à ses commettants, même si elle n'appuie pas forcément leurs positions. De notre point de vue, donc, il n'y a pas une grande affaire-là.»
Pourtant, à la lecture de l'énoncé de la pétition déposée le 10 juin dernier en Chambre par Mme Davies, les tenants de la théorie du complot ont vu dans la démarche de la députée une grande source de satisfaction. Et pour cause. Rédigé par le mouvement «9/11 Truth», dont la mission, comme son nom l'indique, est de «faire sortir toute la vérité sur les événements du 11-Septembre», le document critique vertement le rapport de la commission d'enquête américaine sur les attentats, qualifiant ses conclusions de frauduleuses.
Pis, il estime que «les preuves amassées démontrent de façon évidente que les tours 1, 2 et 7 du World Trade Center ont été détruites à l'aide d'explosifs, peut-on lire, et que la thèse officielle voulant que les tours se soient écroulées à la suite de l'impact des avions et de la chaleur des incendies qui ont suivi est, de façon irréfutable, fausse». Et d'ajouter: «Nous croyons fermement que des éléments au sein du gouvernement américain ont été complices du meurtre de milliers d'innocents le 11 septembre 2001.»
Une enquête, des poursuites
Pour toutes ces raisons, les 500 signataires de cette pétition, qui déplorent que le Canada se soit lancé dans une «guerre contre le terrorisme» aux côtés des États-Unis sur des prémisses douteuses, selon eux, demandent à Ottawa de «lancer immédiatement sa propre enquête sur les attentats [...] au nom des 24 Canadiens assassinés le 11 septembre 2001 à New York» mais aussi d'intenter des poursuites contre leurs meurtriers. Des meurtriers dont la nationalité paraît, pour les activistes de 9/11 Truth, plus qu'évidente, si l'on en croit la pétition.
Ce document faisait partie d'un lot de trois pétitions présenté par Libby Davies à ses collègues députés fédéraux. Les deux autres portaient sur les produits de santé naturels et sur le transport des animaux.
Livré sans tambour ni trompette par la députée néo-démocrate, le résumé de cette pétition captée par les caméras du parlement fédéral s'est pourtant répandu dans les jours qui ont suivi comme une traînée de poudre dans les recoins du cyberespace habités par les conspirationnistes. Ces personnes estiment que plusieurs fléaux de l'humanité sont le fait de complots ourdis par les grands de ce monde. On retrouve d'ailleurs le document en bonne place sur les sites du Réseau Voltaire, un journal en ligne créé par le Français Thierry Meyssan, qui s'est rendu célèbre après le 11 septembre 2001 pour avoir, entre autres, soutenu que les attentats de cette journée avaient été pilotés par les Américains. La vidéo est accompagnée d'un titre sans équivoque: «Les députés néo-démocrates canadiens mettent en cause l'administration Bush dans les attentats du 11 septembre».
Tout en reconnaissant que, devant le côté farfelu de certaines pétitions, «c'est au député qu'il revient de prendre la décision» de la présenter ou non à la Chambre, Karl Bélanger, porte-parole de Jack Layton, a indiqué que le NPD «n'embarquait pas dans ces théories du complot». Selon lui, la formation politique serait victime depuis juin dernier de «groupes qui se cherchent des appuis en prenant des raccourcis avec les faits». Sans plus.
M. Bélanger ajoute toutefois qu'il arrive «de temps en temps que des pétitions sur des sujets jugés hors normes par différentes personnes soient déposées par les députés du NPD lorsque le nombre de signataires est suffisant», a-t-il dit. C'est d'ailleurs ce qui aurait guidé Mme Davies, qui n'a pas voulu indiquer au Devoir si, en suivant cette logique, elle pourrait à l'avenir présenter à ses collègues d'autres pétitions sur des sujets controversés, visant des communautés ethniques ou religieuses, par exemple.
Élue pour la première fois en 1997 sous la bannière néo-démocrate dans la circonscription de Vancouver-Est, Libby Davies est connue pour ses prises de position contre la guerre en Irak mais aussi pour ses combats en faveur des consommateurs, des ex-toxicomanes et des couples de même sexe. Entre autres. Ses électeurs l'ont réinstallée trois fois, lors des derniers scrutins, dans son fauteuil de représentante du peuple à Ottawa.
Sans surprise, la présentation de cette pétition devant les instances législatives canadiennes déchaîne les passions depuis quelques semaines sur de nombreux sites Internet à saveur conspirationniste, qui y voient un appui incontestable des néo-démocrates dans un combat contre «les complots de l'administration Bush». La formation politique fédérale indique toutefois qu'il s'agit là d'une «interprétation erronée de [sa] position» sur l'attaque du World Trade Center de New York, alors que Libby Davies, la députée de Vancouver-Est à l'origine de l'affaire, prend désormais ses distances d'une pétition gênante qu'elle dit ne pas avoir signée.
«Le dépôt d'une pétition en Chambre ne doit pas être vu comme un appui à son contenu», a indiqué cette semaine au Devoir son attaché politique, Rob Duffy. «Comme d'autres députés, Mme Davies considère ce genre d'activité comme un service qu'elle rend à ses commettants, même si elle n'appuie pas forcément leurs positions. De notre point de vue, donc, il n'y a pas une grande affaire-là.»
Pourtant, à la lecture de l'énoncé de la pétition déposée le 10 juin dernier en Chambre par Mme Davies, les tenants de la théorie du complot ont vu dans la démarche de la députée une grande source de satisfaction. Et pour cause. Rédigé par le mouvement «9/11 Truth», dont la mission, comme son nom l'indique, est de «faire sortir toute la vérité sur les événements du 11-Septembre», le document critique vertement le rapport de la commission d'enquête américaine sur les attentats, qualifiant ses conclusions de frauduleuses.
Pis, il estime que «les preuves amassées démontrent de façon évidente que les tours 1, 2 et 7 du World Trade Center ont été détruites à l'aide d'explosifs, peut-on lire, et que la thèse officielle voulant que les tours se soient écroulées à la suite de l'impact des avions et de la chaleur des incendies qui ont suivi est, de façon irréfutable, fausse». Et d'ajouter: «Nous croyons fermement que des éléments au sein du gouvernement américain ont été complices du meurtre de milliers d'innocents le 11 septembre 2001.»
Une enquête, des poursuites
Pour toutes ces raisons, les 500 signataires de cette pétition, qui déplorent que le Canada se soit lancé dans une «guerre contre le terrorisme» aux côtés des États-Unis sur des prémisses douteuses, selon eux, demandent à Ottawa de «lancer immédiatement sa propre enquête sur les attentats [...] au nom des 24 Canadiens assassinés le 11 septembre 2001 à New York» mais aussi d'intenter des poursuites contre leurs meurtriers. Des meurtriers dont la nationalité paraît, pour les activistes de 9/11 Truth, plus qu'évidente, si l'on en croit la pétition.
Ce document faisait partie d'un lot de trois pétitions présenté par Libby Davies à ses collègues députés fédéraux. Les deux autres portaient sur les produits de santé naturels et sur le transport des animaux.
Livré sans tambour ni trompette par la députée néo-démocrate, le résumé de cette pétition captée par les caméras du parlement fédéral s'est pourtant répandu dans les jours qui ont suivi comme une traînée de poudre dans les recoins du cyberespace habités par les conspirationnistes. Ces personnes estiment que plusieurs fléaux de l'humanité sont le fait de complots ourdis par les grands de ce monde. On retrouve d'ailleurs le document en bonne place sur les sites du Réseau Voltaire, un journal en ligne créé par le Français Thierry Meyssan, qui s'est rendu célèbre après le 11 septembre 2001 pour avoir, entre autres, soutenu que les attentats de cette journée avaient été pilotés par les Américains. La vidéo est accompagnée d'un titre sans équivoque: «Les députés néo-démocrates canadiens mettent en cause l'administration Bush dans les attentats du 11 septembre».
Tout en reconnaissant que, devant le côté farfelu de certaines pétitions, «c'est au député qu'il revient de prendre la décision» de la présenter ou non à la Chambre, Karl Bélanger, porte-parole de Jack Layton, a indiqué que le NPD «n'embarquait pas dans ces théories du complot». Selon lui, la formation politique serait victime depuis juin dernier de «groupes qui se cherchent des appuis en prenant des raccourcis avec les faits». Sans plus.
M. Bélanger ajoute toutefois qu'il arrive «de temps en temps que des pétitions sur des sujets jugés hors normes par différentes personnes soient déposées par les députés du NPD lorsque le nombre de signataires est suffisant», a-t-il dit. C'est d'ailleurs ce qui aurait guidé Mme Davies, qui n'a pas voulu indiquer au Devoir si, en suivant cette logique, elle pourrait à l'avenir présenter à ses collègues d'autres pétitions sur des sujets controversés, visant des communautés ethniques ou religieuses, par exemple.
Élue pour la première fois en 1997 sous la bannière néo-démocrate dans la circonscription de Vancouver-Est, Libby Davies est connue pour ses prises de position contre la guerre en Irak mais aussi pour ses combats en faveur des consommateurs, des ex-toxicomanes et des couples de même sexe. Entre autres. Ses électeurs l'ont réinstallée trois fois, lors des derniers scrutins, dans son fauteuil de représentante du peuple à Ottawa.
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