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Employés de Bombardier, subventionnez-moi!

David Descôteaux - Journaliste indépendant  26 juillet 2008 
J'ai un projet: publier un livre. J'ai beaucoup de talent et je suis certain que ce sera un succès. Je demande aux 70 000 employés de Bombardier de me prêter 25 $. Je vous rembourserai le montant total (1,7 million) dans dix ans. Il s'agit bien sûr d'un prêt sans intérêt. Et je vous rembourserai seulement si je vends mes livres. Si je ne vends rien, je ne vous rembourse rien.

Qu'en dites-vous? Vous refusez? Mais voyons, mon projet est structurant. Il générera des retombées économiques. La maison d'édition fera des profits, j'achèterai des logiciels de correction, j'engagerai des recherchistes, je ferai rouler l'industrie des pâtes et papiers, je mangerai dans les restaurants autour de chez moi, je me ferai construire un bureau décent... Avec l'argent perçu sur l'impôt de tous ces travailleurs, et les taxes générées par la vente des livres, le gouvernement va faire un coup d'argent incroyable!

En plus, il est vital que notre industrie du livre brille et soit concurrentielle. D'autant plus qu'un auteur français, qui écrit sur le même sujet que moi, reçoit des subventions de son gouvernement. Ce serait vraiment injuste et suicidaire pour notre industrie de ne pas me subventionner aussi.

Vous refusez toujours? Vous préférez mettre votre 25 $ dans un placement à faible risque qui vous rapportera des intérêts de 8 % composés annuellement, et vous enrichira de 54 $ au bout de dix ans au lieu du 25 $ incertain que je vous propose? Vous dites qu'il est plus important pour vous de placer cet argent pour l'éducation de votre petite-fille que de l'utiliser pour fabriquer des avions que vous ne comptez pas utiliser? Je n'y comprends rien...

Mais peu importe votre décision. Vous n'avez pas le choix. Mon bon ami le ministre vous oblige à me prêter cette somme. Sinon, vous irez en prison. Lui, il croit que c'est un bon projet. Après tout, qui êtes-vous pour prétendre savoir quoi faire avec votre argent?
 
 
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