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L'«approche Toyota» n'est pas une panacée

Martin Bernier - Président de la Fédération des médecins résidents du Québec  25 juillet 2008 
Depuis son arrivée en poste, le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, a imprégné son mandat d'une philosophie qui, selon lui, devrait permettre d'améliorer certains secteurs d'activité du milieu de la santé.

L'«approche Toyota» a été éprouvée dans le milieu des affaires et son application a permis d'atteindre des résultats enviables dans certains centres hospitaliers. Le Dr Bolduc lui-même a été l'un des instigateurs de cette méthode et il croit fermement que son expérience peut servir d'exemple pour améliorer les façons de faire dans d'autres centres hospitaliers.

Communications efficaces

Le Dr Hans McLelland, neurochirurgien au CSSS de Chicoutimi, attribue pour sa part la véritable clé du succès dans cette aventure aux communications. Dans une entrevue accordée à la revue de l'ACMDP (Association des conseils de médecins, dentistes et pharmaciens du Québec), Le Conseiller, il soutient que «tout passe par les communications et par le travail d'équipe». Et toutes les étapes du séjour d'un patient doivent être prises en considération.

Selon les experts, l'«approche Toyota» est basée sur le respect des personnes et l'amélioration continue. L'avocat et éthicien Pierre Deschamps écrivait le mois dernier que cette approche se caractérise par le souci du détail, l'observation directe, la standardisation des processus et le travail d'équipe.

Problème ou solution?

C'est ce dernier volet de l'«approche» préconisée par le ministre Bolduc qui est à la fois le noeud du problème et la clé du succès. Même les meilleures réformes et les processus les plus avant-gardistes ne pourront être menés à bien s'ils ne sont pas soutenus par les personnes qui sont partie intégrante du réseau. C'est le facteur humain qui est le pivot du changement et c'est exactement là qu'il nous faut agir. Pour y arriver, les gestionnaires et les divers groupes d'employés et de professionnels qui oeuvrent sur le terrain devront tous faire partie de la solution.

La plupart des observateurs sont prêts à donner une chance à une approche axée sur l'optimisation des processus. N'est-il pas souhaitable de toute façon de bien utiliser les ressources en place?

Mise en garde

Il serait cependant réducteur de résumer les problèmes du système de santé à une question d'organisation des ressources et d'omettre la réalité de la pénurie de main-d'oeuvre, tant dans les régions éloignées que dans les grandes agglomérations. La prudence demeure de mise quand vient le moment d'articuler des réformes qui vont s'appuyer sur des troupes épuisées, qui portent le système à bout de bras.

Plusieurs approches ont été étudiées et mises en place pour tenter d'améliorer le fonctionnement du système de santé. Certaines ont fonctionné, d'autres ont été moins efficaces. Nous n'avons pas encore trouvé la solution miracle et l'«approche Toyota» mérite très certainement d'être considérée. Mais, quelle que soit la méthode préconisée, il faudra toujours se rappeler que ce sont des humains qui dispensent les soins dans le réseau de la santé et que c'est le respect de ces humains qui fera de toute méthode un succès, pour le bénéfice du patient.
 
 
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