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À quand Mladic et un accord sur le Kosovo?

24 juillet 2008 
L'arrestation cette semaine de Radovan Karadzic montre que la politique, dans ce qu'elle a de bon, peut parfois l'emporter. L'arrivée de Boris Tadic à la présidence de la Serbie — un pro-Européen aux principes solides, bénéficiant d'une majorité efficace au Parlement — semble avoir ouvert la voie à une démonstration de vigueur nouvelle de la part de la police et des agents de sécurité serbes.

On ne peut émettre aucun doute quant à l'importance de cette arrestation. Avec son complice Ratko Mladic — le pendant militaire musclé du cerveau politique perverti de Karadzic —, l'homme est inculpé du pire crime contre l'humanité qu'ait connu l'histoire européenne de l'après-guerre.

Durant l'été 1995, quelque 8000 hommes non armés furent emmenés et fusillés par l'armée serbe, les Nations unies ayant échoué à maîtriser le contingent militaire serbe qui s'abattait sur la ville bosniaque inoffensive de Srebrenica, avec la complicité des politiques dites d'apaisement des gouvernements européens.

Voyages à Belgrade

Pour comprendre l'ampleur du massacre, le monde se souvient avec horreur des tueries des nazis dans le village de Lidice ou du massacre d'Oradour-sur-Glane en France par la division du Das Reich. Le nombre total des victimes de ces atrocités n'atteint pas le quart de celui des personnes assassinées par la machine tueuse Karadzic-Mladic à Srebrenica.

Pendant quatre ans, en tant que ministre chargé de la politique des Balkans, je me suis rendu à Belgrade dans le but d'exhorter le gouvernement post-Milosevic à traquer Karadzic et Mladic. On m'a rétorqué que j'étais «obsessionnel» et expliqué qu'il était impossible de retrouver Karadzic, qui se cachait dans la partie serbe de la Bosnie-Herzégovine, soit en dehors du champ de compétence des autorités de Belgrade. Pourtant, la présence de Mladic, aperçu à Belgrade, avait été signalée et sa famille continuait de percevoir sa rémunération militaire et sa pension.

Au tour de Mladic

Maintenant que Karadzic a été retrouvé et arrêté sans opposer de résistance, il est temps que Mladic soit également emprisonné. Les deux hommes doivent être envoyés à La Haye. La justice internationale peut fonctionner et, si d'aventure Barack Obama devient président des États-Unis, l'un des premiers gestes symboliques à poser devrait être celui de ratifier le statut de la Cour pénale internationale.

Incontestablement, le vainqueur politique de toute cette affaire est le président Boris Tadic. Ce dernier a fermement incité ses compatriotes serbes à regarder le passé douloureux de l'ère Milosevic comme une tache terrible sur l'honneur et l'histoire de la Serbie.

Kosovo

Un obstacle majeur subsiste cependant: le Kosovo. Les Serbes ne peuvent accepter que le Kosovo ne leur appartienne plus. Comme les Allemands qui alléguaient de l'appartenance de la Silésie à leur pays — «Schlesien bleibt unser», la Silésie nous appartient —, la Serbie clame que le Kosovo continue de faire partie de son territoire. Cette illusion, à l'heure où des dizaines de pays, de l'Europe au Japon, ont reconnu le Kosovo comme un État-nation indépendant, freine tout progrès rapide vers l'intégration de la Serbie au sein de l'Union européenne et l'obtention du statut de membre de l'OTAN.

Il reste que, petit à petit, la politique européenne dans les Balkans occidentaux porte ses fruits. Le criminel de guerre croate Ante Gotivina est également détenu à La Haye, après des années de négation croate sur la possibilité de l'appréhender et de le transférer vers le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie. Pendant ce temps, comme le montre aussi la libération d'Ingrid Betancourt, les nouvelles qui nous parviennent de loin ne sont pas toujours mauvaises. Il semble que le diable puisse être vaincu.






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