Exigeons le retour d'Omar Khadr
Malgré les protestations d'organisations telles qu'Amnistie internationale, l'UNICEF ou l'Association du Barreau canadien, Omar Ahmed Khadr est toujours détenu à la prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba.
Khadr est le seul Occidental encore détenu à la prison de Guantánamo, les autres détenus occidentaux ayant été rappelés dans leurs pays depuis l'arrestation de Khadr. Né et ayant passé une partie de son enfance au Canada, le jeune Khadr fut recruté par son père et entraîné pour participer aux activités d'al-Qaïda.
Le cas d'Omar Khadr a pris cette semaine une nouvelle tournure: un enregistrement montrant un interrogatoire du jeune détenu a été rendu public mardi dernier, le 15 juillet. Les avocats de Khadr ont diffusé cette vidéo où il apparaît alors qu'il est interrogé par les services secrets canadiens. On peut voir à l'oeuvre toute la barbarie dont nous sommes capables au Canada, en particulier lorsque nous nous croyons protégés par l'isolement d'une prison cubaine.
Et si la majeure partie du sale boulot est faite par des agents ou des militaires américains, notre responsabilité n'en est pas moindre puisque nous les laissons agir alors même que nous avons une responsabilité civile et morale à l'égard d'Omar Khadr. Selon plusieurs sources, Khadr a subi au cours des dernières années de nombreuses menaces, notamment d'être envoyé dans des prisons où la torture et les viols de jeunes hommes sont monnaie courante, ou encore de ne jamais pouvoir sortir de prison. Dans un tel contexte, on peut comprendre que ces menaces furent prises très au sérieux et éprouvèrent le jeune homme au plus haut point. Il fut aussi régulièrement changé de cellule, afin de l'empêcher de dormir et ainsi faciliter les interrogatoires.
Enfant-soldat
L'ancien ministre de la Justice français, Robert Badinter, et de nombreuses autres personnalités et organisations internationales, ont fait valoir que, selon le droit international, Omar Khadr ne pouvait être vu comme un combattant régulier, mais comme un enfant-soldat. En ce sens, il ne serait pas l'auteur de crimes, mais une victime qu'il nous appartient de protéger.
N'écoutant que lui-même, ou la voix de ses proches alliés américains, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a répété qu'il se refusait à intervenir pour obtenir le retour d'Omar Khadr au pays. Pour lui, la justice militaire américaine a toute compétence en la matière. Pourtant, l'avocat militaire américain de Khadr, le lieutenant William Kuebler, a accusé récemment le gouvernement canadien de se laver les mains du problème en alléguant de fausses garanties des autorités américaines quant au traitement de Khadr pour permettre qu'il reste détenu à Cuba. Omar Khadr est en effet un détenu dont notre gouvernement ne veut rien savoir, le préférant entre les mains de nos alliés du sud.
Et ce ne sont pas les députés libéraux, à l'exception notable du sénateur Roméo Dallaire, qui seront les premiers à prendre sa défense, étant donné leur passivité dans ce dossier à l'époque où le Parti libéral était au pouvoir à Ottawa.
Désastre et gâchis
Pour mémoire, rappelons que l'ancien procureur en chef de Guantánamo, le colonel Morris Davis, qui a démissionné de son poste car il jugeait son travail entravé par des interférences politiques, a déclaré qu'il n'y avait ni justice, ni action militaire à Guantánamo, ou rien digne de ce nom.
Morris a notamment dénoncé les actes de torture commis dans cette prison maintenant célèbre. Comment, après de tels témoignages, faire encore confiance à la soi-disant justice militaire américaine? Comment Harper peut-il s'obstiner au détriment des principes fondamentaux de nos démocraties?
L'affaire Omar Khadr est un désastre moral et un gâchis. Difficile d'imaginer quelle serait la vie d'Omar Khadr dans l'éventualité, peu probable dans l'état actuel des choses, où il serait libéré maintenant, après toutes ces années en prison et les sévices qu'il a pu subir. Khadr est une victime d'un embrigadement religieux et militaire, où les jeunes hommes sont forcés de se plier à la volonté de leurs mentors.
Dans ces conditions, et à un âge si jeune, on ne peut guère exercer son autonomie. Mais Khadr est maintenant de nouveau privé de son autonomie, car tous les moyens juridiques dont il devrait disposer lui sont interdits.
Un retour qui presse
Il est évident que de nombreuses complications politiques empêchent l'action réelle des élus canadiens pour faire pression sur Stephen Harper. Si obstiné que soit ce dernier, il ne peut être tenu pour seul responsable du sort d'Omar Khadr. Avec le temps, nous apprendrons bien des choses compromettantes à la fois pour les acteurs du précédent gouvernement libéral et pour les membres du gouvernement actuel.
Et pourtant, il est plus que jamais nécessaire de s'opposer à la détention et au faux procès d'Omar Khadr et de réclamer son retour au Canada où il sera traité conformément à la règle du droit, et non aux méthodes barbares des services secrets américains.
Khadr est le seul Occidental encore détenu à la prison de Guantánamo, les autres détenus occidentaux ayant été rappelés dans leurs pays depuis l'arrestation de Khadr. Né et ayant passé une partie de son enfance au Canada, le jeune Khadr fut recruté par son père et entraîné pour participer aux activités d'al-Qaïda.
Le cas d'Omar Khadr a pris cette semaine une nouvelle tournure: un enregistrement montrant un interrogatoire du jeune détenu a été rendu public mardi dernier, le 15 juillet. Les avocats de Khadr ont diffusé cette vidéo où il apparaît alors qu'il est interrogé par les services secrets canadiens. On peut voir à l'oeuvre toute la barbarie dont nous sommes capables au Canada, en particulier lorsque nous nous croyons protégés par l'isolement d'une prison cubaine.
Et si la majeure partie du sale boulot est faite par des agents ou des militaires américains, notre responsabilité n'en est pas moindre puisque nous les laissons agir alors même que nous avons une responsabilité civile et morale à l'égard d'Omar Khadr. Selon plusieurs sources, Khadr a subi au cours des dernières années de nombreuses menaces, notamment d'être envoyé dans des prisons où la torture et les viols de jeunes hommes sont monnaie courante, ou encore de ne jamais pouvoir sortir de prison. Dans un tel contexte, on peut comprendre que ces menaces furent prises très au sérieux et éprouvèrent le jeune homme au plus haut point. Il fut aussi régulièrement changé de cellule, afin de l'empêcher de dormir et ainsi faciliter les interrogatoires.
Enfant-soldat
L'ancien ministre de la Justice français, Robert Badinter, et de nombreuses autres personnalités et organisations internationales, ont fait valoir que, selon le droit international, Omar Khadr ne pouvait être vu comme un combattant régulier, mais comme un enfant-soldat. En ce sens, il ne serait pas l'auteur de crimes, mais une victime qu'il nous appartient de protéger.
N'écoutant que lui-même, ou la voix de ses proches alliés américains, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a répété qu'il se refusait à intervenir pour obtenir le retour d'Omar Khadr au pays. Pour lui, la justice militaire américaine a toute compétence en la matière. Pourtant, l'avocat militaire américain de Khadr, le lieutenant William Kuebler, a accusé récemment le gouvernement canadien de se laver les mains du problème en alléguant de fausses garanties des autorités américaines quant au traitement de Khadr pour permettre qu'il reste détenu à Cuba. Omar Khadr est en effet un détenu dont notre gouvernement ne veut rien savoir, le préférant entre les mains de nos alliés du sud.
Et ce ne sont pas les députés libéraux, à l'exception notable du sénateur Roméo Dallaire, qui seront les premiers à prendre sa défense, étant donné leur passivité dans ce dossier à l'époque où le Parti libéral était au pouvoir à Ottawa.
Désastre et gâchis
Pour mémoire, rappelons que l'ancien procureur en chef de Guantánamo, le colonel Morris Davis, qui a démissionné de son poste car il jugeait son travail entravé par des interférences politiques, a déclaré qu'il n'y avait ni justice, ni action militaire à Guantánamo, ou rien digne de ce nom.
Morris a notamment dénoncé les actes de torture commis dans cette prison maintenant célèbre. Comment, après de tels témoignages, faire encore confiance à la soi-disant justice militaire américaine? Comment Harper peut-il s'obstiner au détriment des principes fondamentaux de nos démocraties?
L'affaire Omar Khadr est un désastre moral et un gâchis. Difficile d'imaginer quelle serait la vie d'Omar Khadr dans l'éventualité, peu probable dans l'état actuel des choses, où il serait libéré maintenant, après toutes ces années en prison et les sévices qu'il a pu subir. Khadr est une victime d'un embrigadement religieux et militaire, où les jeunes hommes sont forcés de se plier à la volonté de leurs mentors.
Dans ces conditions, et à un âge si jeune, on ne peut guère exercer son autonomie. Mais Khadr est maintenant de nouveau privé de son autonomie, car tous les moyens juridiques dont il devrait disposer lui sont interdits.
Un retour qui presse
Il est évident que de nombreuses complications politiques empêchent l'action réelle des élus canadiens pour faire pression sur Stephen Harper. Si obstiné que soit ce dernier, il ne peut être tenu pour seul responsable du sort d'Omar Khadr. Avec le temps, nous apprendrons bien des choses compromettantes à la fois pour les acteurs du précédent gouvernement libéral et pour les membres du gouvernement actuel.
Et pourtant, il est plus que jamais nécessaire de s'opposer à la détention et au faux procès d'Omar Khadr et de réclamer son retour au Canada où il sera traité conformément à la règle du droit, et non aux méthodes barbares des services secrets américains.
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