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Une «fausse» leçon à tirer de l'épisode UQAM

Daniel Clapin-Pépin - Professeur, École des sciences de la gestion, UQAM. Le 4 juillet 2008  10 juillet 2008 
Il est faux et même dangereux de recommander au législateur québécois de modifier la composition du conseil d'administration de l'UQAM — et de toutes les autres universités — de manière à ce que la majorité de ses membres soient «indépendants, donc non liés personnellement ou professionnellement à l'établissement» (selon l'une des principales recommandations du texte de Yvan Allaire et Jean-Marie Toulouse, Des leçons à tirer de l'épisode UQAM, Le Devoir, le 30 juin 2008, page A7).

Primo, telle chose que cette supposée «indépendance» — ici définie par l'absence de «lien personnel» (selon Allaire et Toulouse) — n'existe nulle part dans les conseils d'administration du secteur privé à but lucratif. Au contraire, dans la pratique «capitaliste» et juridique normale, la sélection et la nomination des membres des conseils d'administration (CA) se fait sur la base de leur «rôle» primordial de «représentant» des intérêts des actionnaires de l'entité capitaliste privée à but lucratif.

Dès lors, lesdits membres du conseil d'administration devant être eux-mêmes actionnaires pour bien assumer leur responsabilité fiduciaire, ils seraient donc ipso facto inéligibles s'il leur fallait, ce qui n'est pas le cas, respecter la «nouvelle» règle (de bonne gouvernance selon Allaire et Toulouse) de l'indépendance sans lien personnel.

Secundo, lorsque transposée et appliquée au secteur public et aux universités, cette même règle de l'indépendance (sans lien personnel) pourrait tout aussi bien, en pratique, aller à l'encontre de la bonne gouvernance d'une quelconque entité «publique» puisque, si la majorité de ses membres n'a aucun lien «personnel» avec ladite organisation, ils n'auront probablement guère d'intérêt «personnel» non plus à y investir «personnellement» les nombreuses heures de lecture, de discussions et de délibérations — tâches pourtant typiques du membre d'un conseil d'administration d'une organisation «publique» — normalement nécessaires pour bien comprendre ses enjeux socioéconomiques, sa culture organisationnelle, sa stratégie, sa structure, son identité, ses décisions, etc., en un mot, pour être «efficaces».

À bon entendeur, salut!
 
 
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