La mission inachevée du Dr Morgentaler
Jana Havrankova - Saint-Lambert, le 5 juillet 2008
10 juillet 2008
Loin d'être une honte pour notre pays, comme certains l'ont affirmé, l'attribution de l'Ordre du Canada au Dr Morgentaler témoigne de l'ouverture d'esprit et du sens de la justice du comité. Aujourd'hui, grâce au combat du Dr Morgentaler pour la légalisation de l'avortement, les femmes ont accès à une interruption de grossesse dans la dignité et la sécurité. Ainsi, la vie et la fertilité future de plusieurs femmes ont-elles été épargnées.
En plus de sortir l'avortement de la clandestinité, Henry Morgentaler a contribué à réduire l'hypocrisie face à l'avortement. Avant la légalisation de l'interruption volontaire de la grossesse en 1988, il fallait que le médecin déclare que la grossesse constituait un danger pour la santé physique ou mentale de la femme avant de procéder à l'avortement. On parlait alors de «l'avortement thérapeutique».
Un soi-disant comité, dont j'ai fait partie à l'hôpital Saint-Luc au début des années 1980, «examinait» le motif invoqué et approuvait invariablement la demande.
Par ailleurs, être pour le droit à l'avortement, qui exprime de la compassion envers les femmes qui sont tombées enceintes sans le vouloir, ne signifie absolument pas qu'on soit pour l'avortement comme tel. Chaque avortement résulte d'un échec quelconque: de la contraception mal utilisée ou inefficace, de l'étourderie d'un soir, d'un déficit de l'éducation sexuelle.
Le nombre important des interruptions de grossesse au Québec est préoccupant. En chercher les causes et souhaiter y remédier mène vers une étape future que le combat du Dr Morgentaler aura permis d'envisager. Pour l'heure, ce dernier mérite sans aucun doute l'Ordre du Canada.
En plus de sortir l'avortement de la clandestinité, Henry Morgentaler a contribué à réduire l'hypocrisie face à l'avortement. Avant la légalisation de l'interruption volontaire de la grossesse en 1988, il fallait que le médecin déclare que la grossesse constituait un danger pour la santé physique ou mentale de la femme avant de procéder à l'avortement. On parlait alors de «l'avortement thérapeutique».
Un soi-disant comité, dont j'ai fait partie à l'hôpital Saint-Luc au début des années 1980, «examinait» le motif invoqué et approuvait invariablement la demande.
Par ailleurs, être pour le droit à l'avortement, qui exprime de la compassion envers les femmes qui sont tombées enceintes sans le vouloir, ne signifie absolument pas qu'on soit pour l'avortement comme tel. Chaque avortement résulte d'un échec quelconque: de la contraception mal utilisée ou inefficace, de l'étourderie d'un soir, d'un déficit de l'éducation sexuelle.
Le nombre important des interruptions de grossesse au Québec est préoccupant. En chercher les causes et souhaiter y remédier mène vers une étape future que le combat du Dr Morgentaler aura permis d'envisager. Pour l'heure, ce dernier mérite sans aucun doute l'Ordre du Canada.
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