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Montréal en liesse le 8 juillet?

8 juillet 2008 
Plusieurs ont récemment reproché avec véhémence au premier ministre Stephen Harper et à la gouverneure générale Michaëlle Jean de répéter ici et à l'étranger que «la fondation de Québec, c'est la fondation de l'État canadien», que «Samuel de Champlain est le tout premier gouverneur du Canada» et que «le 400e anniversaire de Québec, c'est la fête de tous les Canadiens».

D'aucuns y ont vu une pure propagande visant à empêcher que, au terme de ces festivités, un plus grand nombre de Québécois ne s'identifient à la nation québécoise plutôt qu'à la canadienne. On peut certes s'offusquer de ce révisionnisme qui fait reculer la naissance du Canada de 1867 à 1608. Mais pourquoi ne pas plutôt laisser à nos institutions fédérales le soin de trébucher dans leurs propres contradictions?

Ainsi, à l'avenir, lorsque tous les 1er juillet le premier ministre s'exclamera «Happy Birthday Canada!» sur la colline parlementaire à Ottawa, il faudra désormais conclure qu'il s'y est pris deux jours à l'avance. Mieux encore, le 26 juillet prochain, c'est à Louisbourg (Nouvelle-Écosse) que l'argent des contribuables fera courir les foules. «En 2008, le lieu historique national du Canada de la Forteresse-de-Louisbourg célébrera le 250e anniversaire du second siège de Louisbourg. Ce siège a été un tournant décisif dans la guerre de Sept Ans et a ouvert la voie à l'attaque de Québec par la mer l'année suivante. James Wolfe s'est distingué au cours du siège en tant que l'un des trois commandants de division et devait devenir l'année suivante le commandant des forces terrestres britanniques qui attaquèrent Québec», nous annonce fièrement l'Institut Louisbourg de l'Université du Cap-Breton, coorganisateur des célébrations avec Parcs Canada, organisme sous la responsabilité du ministère du Patrimoine canadien. Ce 26 juillet, tous les Québéco-Canadiens seront invités à chérir ce jour où, il y a 250 ans, le brigadier général Wolfe se frottait les mains d'aise à l'idée de bientôt attaquer Québec.

Mais, au fait... une autre date historique de juillet 2008 a échappé à l'attention de nos bienveillants experts fédéraux en nation-building. Le 8 juillet prochain marquera les 250 ans de la bataille de Carillon. Ce jour-là, les quelque 3600 hommes de Montcalm mirent en déroute 16 000 soldats britanniques ayant pris d'assaut le fort de Carillon (aujourd'hui Ticonderoga, dans l'État de New York).

Ce haut fait d'armes stoppa net l'invasion anglaise de la Nouvelle-France par le sud. C'est même la bannière de ce glorieux régiment qui est à l'origine de l'actuel drapeau du Québec. Grâce à cette victoire, Ville-Marie demeura française un an de plus. Et si des Montréalais francophones s'avisaient d'organiser des célébrations grandioses pour cet autre 250e anniversaire? Parions que la chose serait jugée du plus mauvais goût.






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