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Québec au temps du scorbut - Un charlatan à Québec en 1645

2 juillet 2008 
Les charlatans ont été de tous les temps et dans toutes les professions, mais il est question ici du charlatan en médecine.

Les dictionnaires de médecine définissent le charlatanisme comme suit: «La fraude et le mensonge érigés en système pour exploiter la crédulité publique en ce qui concerne le sentiment de la conservation individuelle.»

Le charlatan est donc celui qui, sans diplôme ou licence et manquant, conséquemment, des connaissances voulues, exerce la médecine en trompant les naïfs qui ont recours à ses prétendues lumières. On qualifie aussi de charlatans les médecins ignorants qui, pour attirer la clientèle, se servent de moyens malhonnêtes ou tout au moins trompeurs.

Le premier charlatan dont notre histoire fait mention est le nommé Dubok ou Duboct. À la date du 27 novembre 1645, on lit dans le Journal des Jésuites:

«Un nommé Dubok, soldat empirique, fut invité d'aller voir les malades de Sillery, pour 3 ou 4 jours. Il fut logé chez nous sans en rien communiquer au supérieur et hoc male, et y demeura depuis le 20e ou environ de novembre jusques au 22 janvier. La chose ne réussit pas; invisus barbaris et gallis.»

Il y a ici de la part du supérieur des Jésuites, qui tenait la plume, un reproche voilé à ses confrères de Sillery d'avoir reçu dans leur maison un charlatan. Le supérieur, évidemment, n'aimait pas les charlatans. Le soldat Dubok, outre son ignorance de la science médicale, avait peut-être d'autres défauts, qui firent bien vite revenir les bons pères jésuites de la confiance qu'ils avaient mise en ses lumières.

M. l'abbé Scott, dans son livre, Notre-Dame-de-Sainte-Foy, dit que Dubok fut le premier médecin de cette paroisse. Ce qui ne plaît qu'à demi au docteur Ahearn qui n'aime pas que les charlatans soient mis sur le même pied que les médecins.

Que devint ce Dubok? Un Laurent Duboct épousa à Québec, le 19 septembre 1662, une sauvagesse huronne du nom de Marie-Félix Arontio. Si Mgr Tanguay donne correctement la date de naissance de Duboct (1636), il ne peut être le soldat empirique Dubok car il n'avait que neuf ans en 1645.

Terminons par une petite morale que nous empruntons au docteur Ahearn:

«Le charlatanisme doit être combattu non pour le dommage matériel qu'il peut causer au praticien honnête, mais pour une raison d'ordre public; parce que c'est une cause puissante de la détérioration de la santé publique. Il y aura toujours des charlatans mais ils seront d'autant moins nombreux que les médecins réguliers seront plus instruits et honorables.»

Rien de plus vrai.

***

Source: M. J. Ahearn, Quelques charlatans du régime français.






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