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Trop peu, trop tard

Lorraine Dubé - 12 juin 2008  14 juin 2008 
Des excuses nécessaires mais combien tardives pour des actes d'assimilation... Même de génocide. Trop peu, trop tard! Des peuples ont en effet disparu sans être répertoriés puisque non recensés. Dans ma famille, nous savions avoir des origines autochtones, comme beaucoup de Québécois. Mon père s'était même procuré au milieu des années 60 une encyclopédie de collection Drouin comprenant notre arbre généalogique. Nous serions même parents lointains de Chevalier Delorimier.

Que pensez-vous de ce vol d'identité lorsque je vous apprends que ma mère de 85 ans a su l'année dernière que ma soeur aînée a obtenu ses papiers de Premières Nations? C'est un vol d'identité non monnayable. Inutile de rajouter que nous pourrions tous obtenir nos papiers en nous cloîtrant dans une réserve! Fort discutable. D'ailleurs, il semblerait que les Premières Nations aient plus de documents (censures fédérales) à leur disposition et qu'ils soient à notre recherche. Ne trouvez-vous pas indécent que ma mère de 85 ans ait obtenu confirmation l'an dernier de ses origines huronnes-algonquines par sa mère et son père? Mon père serait un descendant des Micmacs. Je me rappelle avec le recul combien les origines de mes grands-parents maternels étaient évidentes, par leur physionomie et leur connaissance de la nature. Il y avait cependant un malaise lorsque ma grand-mère nous parlait de ses ancêtres. Je sais maintenant combien leur intégrité a été bafouée. On leur avait tellement inculqué des notions réductrices qu'ils en finissaient par ressentir très peu d'estime d'eux-mêmes. C'était mal d'être une sauvage. Une femme ne pouvait partir sans subir la conséquence de perdre son appartenance au groupe. Obligation de vivre cloîtrés au risque d'être reniés et exclus. Ni plus ni moins que du bétail, quoi! Je comprends mal monsieur Bousquet, vous qui êtes nationaliste, votre manière de banaliser et même de glorifier l'assimilation et le génocide des Premières Nations. Ils maîtrisent peut-être la langue française comme vous le dites, mais au détriment de leur propre culture, de leur langue... de leur intégrité. Sans parler de la violence inqualifiable! Comment peut-on compenser ma mère toujours vivante pour ce vol flagrant d'une partie d'elle-même? Sachez bien qu'aucun montant d'argent ne peut compenser cette perte! Autant que, pour ma part je ne réclame rien, et n'ai pas l'intention d'aller vivre dans une réserve pour me soustraire à l'impôt. Je comprends très mal que des gens pourtant nationalistes puissent cautionner l'injustifiable. Souverainement.

Que pensez-vous de ce vol d'identité lorsque je vous apprends que ma mère de 85 ans a su l'année dernière que ma soeur aînée a obtenu ses papiers de Premières Nations? C'est un vol d'identité non monnayable. Inutile de rajouter que nous pourrions tous obtenir nos papiers en nous cloîtrant dans une réserve! Fort discutable. D'ailleurs, il semblerait que les Premières Nations aient plus de documents (censures fédérales) à leur disposition et qu'ils soient à notre recherche. Ne trouvez-vous pas indécent que ma mère de 85 ans ait obtenu confirmation l'an dernier de ses origines huronnes-algonquines par sa mère et son père? Mon père serait un descendant des Micmacs. Je me rappelle avec le recul combien les origines de mes grands-parents maternels étaient évidentes, par leur physionomie et leur connaissance de la nature. Il y avait cependant un malaise lorsque ma grand-mère nous parlait de ses ancêtres. Je sais maintenant combien leur intégrité a été bafouée. On leur avait tellement inculqué des notions réductrices qu'ils en finissaient par ressentir très peu d'estime d'eux-mêmes. C'était mal d'être une sauvage. Une femme ne pouvait partir sans subir la conséquence de perdre son appartenance au groupe. Obligation de vivre cloîtrés au risque d'être reniés et exclus. Ni plus ni moins que du bétail, quoi! Je comprends mal monsieur Bousquet, vous qui êtes nationaliste, votre manière de banaliser et même de glorifier l'assimilation et le génocide des Premières Nations. Ils maîtrisent peut-être la langue française comme vous le dites, mais au détriment de leur propre culture, de leur langue... de leur intégrité. Sans parler de la violence inqualifiable! Comment peut-on compenser ma mère toujours vivante pour ce vol flagrant d'une partie d'elle-même? Sachez bien qu'aucun montant d'argent ne peut compenser cette perte! Autant que, pour ma part je ne réclame rien, et n'ai pas l'intention d'aller vivre dans une réserve pour me soustraire à l'impôt. Je comprends très mal que des gens pourtant nationalistes puissent cautionner l'injustifiable. Souverainement.
 
 
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