Enlever notre nom
Christian Dufour - un Québécois de souche qui veut garder son nom
14 juin 2008
En dépit de la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, il y a peu de chance que l'appellation «Québécois d'origine canadienne-française» s'impose. Exacte en théorie, elle est vécue comme un régressif retour en arrière par les tenants d'une identité dont l'une des caractéristiques principales est justement d'être passée de canadienne-française à québécoise depuis 1960 — y compris chez les fédéralistes. Le danger est évidemment que, tout en s'avérant incapable d'imposer un nouveau nom, la commission discrédite pour de bon l'appellation «Québécois de souche» souvent utilisée jusqu'ici, sous le prétexte que les autochtones et les Anglo-Québécois seraient eux aussi des Québécois de souche.
Cette tentative de réécriture de l'histoire ne résiste pourtant pas à l'analyse. Premiers habitants du pays, les autochtones sont paradoxalement les plus récents Canadiens et Québécois sur le plan de la construction identitaire; par ailleurs, la québécisation de l'identité d'Anglo-Québécois se voulant longtemps British puis Canadian est elle aussi récente: c'est un produit de la Révolution tranquille.
En termes de statut et de pouvoir, il est vital que les Québécois de souche aient un nom. Le fait que ce dernier rappelle un enracinement identitaire exceptionnel ne saurait déranger que ceux qui ont un problème avec la réalité.
Cette tentative de réécriture de l'histoire ne résiste pourtant pas à l'analyse. Premiers habitants du pays, les autochtones sont paradoxalement les plus récents Canadiens et Québécois sur le plan de la construction identitaire; par ailleurs, la québécisation de l'identité d'Anglo-Québécois se voulant longtemps British puis Canadian est elle aussi récente: c'est un produit de la Révolution tranquille.
En termes de statut et de pouvoir, il est vital que les Québécois de souche aient un nom. Le fait que ce dernier rappelle un enracinement identitaire exceptionnel ne saurait déranger que ceux qui ont un problème avec la réalité.
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