Débat et respect
Normand Breault - Montréal, le 11 juin 2008
12 juin 2008
La nation québécoise vient de débourser un peu plus de trois millions de dollars pour permettre à MM. Bouchard et Taylor d'analyser les tensions vécues à la suite de la crise (mot qu'il ne faut pas prononcer ici, parce que ce ne serait que des perceptions) des «accommodements raisonnables». Ces messieurs ont fait leur travail et produit leur rapport. Qu'on laisse maintenant à quiconque le soin de commenter, de compléter, de dénoncer ou de défendre des parties ou le tout de ce document, s'il le juge à propos.
Pour ma part, il ne me semble pas du tout indiqué que M. Bouchard se permette, à trois semaines de la parution du rapport, de venir jeter les hauts cris contre quiconque venant exprimer «sous de fallacieux prétextes» des vues qui ne sont pas les siennes. Dans tout débat, il doit y avoir place pour un minimum de respect à l'endroit d'idées différentes et même opposées aux siennes.
À la lecture de la formule abrégée de la savante étude de la société québécoise, on constate une grande absente: la minorité anglophone. Représentant quelque 9 % de la nation québécoise, très majoritairement regroupée dans la grande région de Montréal, cette minorité qui, avant 1977, s'adjoignait la quasi-totalité des nouveaux arrivants continue à intégrer dans ses rangs plus de la moitié de ces derniers, 30 ans après l'entrée en vigueur de la loi 101. On sait, en effet, que ces nouveaux arrivants s'établissent très majoritairement dans cette même région métropolitaine. On ne doit donc pas être surpris qu'ils soient attirés par ce groupe linguistique qui possède argent, pouvoir et influence considérable (obtention d'un méga-hôpital, coprésidence de ladite commission, etc.).
Cette «insécurité identitaire» de la majorité, dont il est fréquemment question ces temps-ci, ne dépend-elle pas en partie de l'inefficacité des mesures mises en place jusqu'ici pour changer le cours des choses? N'est-elle pas maintenue par l'absence de volonté politique du gouvernement Charest de remédier à la situation? Près de 50 ans après le début de la Révolution tranquille où nous marquions notre volonté d'être «maîtres chez nous», plus de 30 ans après la promulgation de la loi 101 qui voulait (et veut toujours) donner au Québec une langue commune, force est de constater qu'on est loin du compte.
Ce n'est pas en servant à la majorité un discours moralisateur et culpabilisant qu'on va faire avancer l'unité, la compréhension et les indispensables accommodements dans une société multireligieuse, multiculturelle, multiethnique, et dont la majorité veut, en toute légitimité, s'épanouir en français dans la mer anglophone de l'Amérique du Nord, à l'intérieur d'un État laïque respectueux des croyances diverses et dans une égalité femmes-hommes, encore récemment réaffirmée, mais non encore atteinte.
Pour ma part, il ne me semble pas du tout indiqué que M. Bouchard se permette, à trois semaines de la parution du rapport, de venir jeter les hauts cris contre quiconque venant exprimer «sous de fallacieux prétextes» des vues qui ne sont pas les siennes. Dans tout débat, il doit y avoir place pour un minimum de respect à l'endroit d'idées différentes et même opposées aux siennes.
À la lecture de la formule abrégée de la savante étude de la société québécoise, on constate une grande absente: la minorité anglophone. Représentant quelque 9 % de la nation québécoise, très majoritairement regroupée dans la grande région de Montréal, cette minorité qui, avant 1977, s'adjoignait la quasi-totalité des nouveaux arrivants continue à intégrer dans ses rangs plus de la moitié de ces derniers, 30 ans après l'entrée en vigueur de la loi 101. On sait, en effet, que ces nouveaux arrivants s'établissent très majoritairement dans cette même région métropolitaine. On ne doit donc pas être surpris qu'ils soient attirés par ce groupe linguistique qui possède argent, pouvoir et influence considérable (obtention d'un méga-hôpital, coprésidence de ladite commission, etc.).
Cette «insécurité identitaire» de la majorité, dont il est fréquemment question ces temps-ci, ne dépend-elle pas en partie de l'inefficacité des mesures mises en place jusqu'ici pour changer le cours des choses? N'est-elle pas maintenue par l'absence de volonté politique du gouvernement Charest de remédier à la situation? Près de 50 ans après le début de la Révolution tranquille où nous marquions notre volonté d'être «maîtres chez nous», plus de 30 ans après la promulgation de la loi 101 qui voulait (et veut toujours) donner au Québec une langue commune, force est de constater qu'on est loin du compte.
Ce n'est pas en servant à la majorité un discours moralisateur et culpabilisant qu'on va faire avancer l'unité, la compréhension et les indispensables accommodements dans une société multireligieuse, multiculturelle, multiethnique, et dont la majorité veut, en toute légitimité, s'épanouir en français dans la mer anglophone de l'Amérique du Nord, à l'intérieur d'un État laïque respectueux des croyances diverses et dans une égalité femmes-hommes, encore récemment réaffirmée, mais non encore atteinte.
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