Le discours de George W. Bush sur l’état de l’Union - Une quasi déclaration de guerre
Claude Lévesque
29 janvier 2003
Photo : Agence Reuters
Le président américain George W. Bush est applaudi par les membres du Congrès peu avant de prononcer son discours sur l’état de l’Union, hier soir. Derrière lui se trouvent le vice-président Dick Cheney (à gauche) et le président de la Chambr
Le président George W. Bush a adressé hier soir au régime de Saddam Hussein un avertissement qui a toutes les apparences d’une déclaration de guerre.
Dans son discours sur l’état de l’Union, prononcé comme le veut la tradition devant les deux Chambres réunies du Congrès des États-Unis, M. Bush a répété toutes les accusations qu’il martèle depuis des mois contre le dictateur irakien. Pour faire bonne mesure, il y a ajouté les remarques formulées la veille par le chef des inspecteurs de l’ONU, Hans Blix, au sujet des missiles et des armes biologiques et chimiques que le régime pourrait encore posséder.
Utilisant l’argument patriotique pour «vendre» une éventuelle intervention sans l’assentiment du Conseil de sécurité de l’ONU, le président américain a dit: «Le devenir de cette nation ne dépend pas des décisions des autres.»
M. Bush a annoncé qu’il demandera au Conseil de sécurité de se réunir le 5 février pour discuter du dossier irakien, neuf jours avant la date prévue pour le dépôt d’un nouveau rapport des inspecteurs. Le secrétaire d’État Colin Powell devrait y présenter des informations additionelles sur les armes prohibées que Bagdad est soupçonné de dissimuler.
Tout en promettant de consulter les autres membres du Conseil, George Bush a dit que «si Saddam Hussein ne désarme pas totalement, pour la sécurité de notre peuple et pour la paix du monde, nous allons mener une coalition pour le désarmer».
À deux reprises, le président américain s’est adressé «au peuple irakien», non plus au conditionnel mais au futur de l’indicatif, la première fois pour lui dire que «nous vous libérerons»; la deuxième fois pour ajouter que, comme cela a été fait en Afghanistan, «nous allons apporter aux Irakiens de la nourriture, des médicaments [...] et la liberté».
George W. Bush a par ailleurs affirmé que des informations émanant des services de renseignements, de communications secrètes et de déclaration de personnes arrêtées montrent que le président irakien aide et protège des terroristes, y compris des membres du réseau al-Qaïda.
Toute la deuxième moitié du discours d’hier soir était consacré à l’Irak, dont il a accusé le régime de se moquer de l’ONU et de la comunauté internationale. Au cours de la première demi-heure, M. Bush a abordé des questions de politique intérieure et, particulièrement, des sujets économiques. Entre les deux, il a annoncé une initiative de 15 milliards sur cinq ans destinée à combattre la pandémie du sida en Afrique.
Sur le plan intérieur, il a répété que l’économie chancelante doit être revigorée non pas par des dépenses publiques, mais par des allègements fiscaux susceptibles de relancer la demande des particuliers et l’investissement.
«Je propose que toutes les réductions d’impôts sur le revenu prévues pour 2004 et 2006 soient rendues permanentes et appliquées cette année», a-t-il dit.
Programmes sociaux
Sur le plan social, il a annoncé son intention de soumettre au Congrès un plan de réforme du programme Medicare, afin d’aider les personnes âgées à se procurer des médicaments. À cela s’ajoutent quelques programmes visant la réhabilitation des toxicomanes et le soutien aux enfants de détenus.
Pour ce qui est de l’environnement, il a proposé «1,2 milliard de dollars en subventions pour la recherche afin que l’Amérique puisse donner l’exemple au monde avec le développement de voitures propres roulant à l’hydrogène».
En ce qui concerne la Corée du Nord, M. Bush a répété que les États-Unis n’accepteront pas de chantage. «Les États-Unis oeuvrent avec les pays de la région, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie, pour trouver une solution pacifique et pour montrer au gouvernement nord-coréen que les armes nucléaires ne lui apporteront que l’isolement, la stagnation économique et la poursuite de ses difficultés».
Il a également vanté les succès de la guerre contre le terrorisme lancée à la suite des attentats du 11 septembre 2001, chiffrant à plus de 3000 les présumés membres du réseau al-Qaïda arrêtés à travers le monde. Il a également mentionné la création récente d’un Département de la sécurité intérieure et d’un centre de coordination sur la menace terroriste, et demandé aux élus d’approuver un projet de «bouclier biologique».
Avec Reuters et l’Agence France-Presse
Dans son discours sur l’état de l’Union, prononcé comme le veut la tradition devant les deux Chambres réunies du Congrès des États-Unis, M. Bush a répété toutes les accusations qu’il martèle depuis des mois contre le dictateur irakien. Pour faire bonne mesure, il y a ajouté les remarques formulées la veille par le chef des inspecteurs de l’ONU, Hans Blix, au sujet des missiles et des armes biologiques et chimiques que le régime pourrait encore posséder.
Utilisant l’argument patriotique pour «vendre» une éventuelle intervention sans l’assentiment du Conseil de sécurité de l’ONU, le président américain a dit: «Le devenir de cette nation ne dépend pas des décisions des autres.»
M. Bush a annoncé qu’il demandera au Conseil de sécurité de se réunir le 5 février pour discuter du dossier irakien, neuf jours avant la date prévue pour le dépôt d’un nouveau rapport des inspecteurs. Le secrétaire d’État Colin Powell devrait y présenter des informations additionelles sur les armes prohibées que Bagdad est soupçonné de dissimuler.
Tout en promettant de consulter les autres membres du Conseil, George Bush a dit que «si Saddam Hussein ne désarme pas totalement, pour la sécurité de notre peuple et pour la paix du monde, nous allons mener une coalition pour le désarmer».
À deux reprises, le président américain s’est adressé «au peuple irakien», non plus au conditionnel mais au futur de l’indicatif, la première fois pour lui dire que «nous vous libérerons»; la deuxième fois pour ajouter que, comme cela a été fait en Afghanistan, «nous allons apporter aux Irakiens de la nourriture, des médicaments [...] et la liberté».
George W. Bush a par ailleurs affirmé que des informations émanant des services de renseignements, de communications secrètes et de déclaration de personnes arrêtées montrent que le président irakien aide et protège des terroristes, y compris des membres du réseau al-Qaïda.
Toute la deuxième moitié du discours d’hier soir était consacré à l’Irak, dont il a accusé le régime de se moquer de l’ONU et de la comunauté internationale. Au cours de la première demi-heure, M. Bush a abordé des questions de politique intérieure et, particulièrement, des sujets économiques. Entre les deux, il a annoncé une initiative de 15 milliards sur cinq ans destinée à combattre la pandémie du sida en Afrique.
Sur le plan intérieur, il a répété que l’économie chancelante doit être revigorée non pas par des dépenses publiques, mais par des allègements fiscaux susceptibles de relancer la demande des particuliers et l’investissement.
«Je propose que toutes les réductions d’impôts sur le revenu prévues pour 2004 et 2006 soient rendues permanentes et appliquées cette année», a-t-il dit.
Programmes sociaux
Sur le plan social, il a annoncé son intention de soumettre au Congrès un plan de réforme du programme Medicare, afin d’aider les personnes âgées à se procurer des médicaments. À cela s’ajoutent quelques programmes visant la réhabilitation des toxicomanes et le soutien aux enfants de détenus.
Pour ce qui est de l’environnement, il a proposé «1,2 milliard de dollars en subventions pour la recherche afin que l’Amérique puisse donner l’exemple au monde avec le développement de voitures propres roulant à l’hydrogène».
En ce qui concerne la Corée du Nord, M. Bush a répété que les États-Unis n’accepteront pas de chantage. «Les États-Unis oeuvrent avec les pays de la région, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie, pour trouver une solution pacifique et pour montrer au gouvernement nord-coréen que les armes nucléaires ne lui apporteront que l’isolement, la stagnation économique et la poursuite de ses difficultés».
Il a également vanté les succès de la guerre contre le terrorisme lancée à la suite des attentats du 11 septembre 2001, chiffrant à plus de 3000 les présumés membres du réseau al-Qaïda arrêtés à travers le monde. Il a également mentionné la création récente d’un Département de la sécurité intérieure et d’un centre de coordination sur la menace terroriste, et demandé aux élus d’approuver un projet de «bouclier biologique».
Avec Reuters et l’Agence France-Presse
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