dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Libre-Opinion - Un péage régional pour soutenir le transport collectif

André Lavallée - Responsable de l'aménagement urbain et du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal  6 juin 2008 
Des bouchons monstres se produisent tous les jours dans la grande région de Montréal. Au cours des dernières années, la congestion du réseau routier régional et la circulation dans les rues locales se sont accrues significativement. Elles engendrent des pertes économiques qui sont évaluées à près d'un milliard de dollars annuellement. À cela, il faut ajouter les effets néfastes sur la santé de nos concitoyens, tels le stress, l'asthme et les maladies respiratoires reliées à la mauvaise qualité de l'air.

Aussi, lorsqu'on prend en compte l'utilisation accrue de l'automobile et la hausse inéluctable du prix de l'essence, toutes les prévisions nous indiquent que nous nous dirigeons collectivement vers une impasse.

C'est pourquoi la Ville de Montréal a présenté, en mai 2007, un Plan de transport ambitieux et audacieux. Ce plan a pour objectif de faire du transport collectif le moyen privilégié de déplacement des personnes dans la métropole. Après de nombreuses consultations, le Plan de transport de l'agglomération de Montréal fait maintenant l'objet d'un très large consensus populaire.

Des priorités

Les priorités de notre plan sont claires: le tramway au centre-ville, le prolongement du métro, d'abord vers l'est puis vers l'ouest, la navette ferroviaire entre le centre-ville et l'aéroport, l'amélioration du service de train de banlieue de l'ouest de l'île, l'amélioration des services de la Société de transport de Montréal, le train de l'Est, l'implantation rapide d'un vaste réseau de voies réservées pour les autobus et pour le covoiturage et le déploiement du réseau cyclable.

C'est donc à un changement profond de la culture du «tout à l'automobile» que ce plan s'attaque. Sur un horizon de 20 ans, ce vaste chantier implique des déboursés de plus de huit milliards de dollars. Il nécessitera la participation des gouvernements et de plusieurs autres partenaires. Pour y arriver, Montréal doit disposer de nouveaux outils financiers.

Au cours des dernières décennies, les villes ont vu leur rôle et leurs responsabilités gagner en complexité et en importance. Toutefois, ces nouvelles responsabilités n'ont pas été accompagnées des ressources financières adéquates.

Répartition équitable

Les modes de financement des villes sont désuets et ils se traduisent par un important déséquilibre fiscal. Cette situation est alarmante. Ce que souhaite le monde municipal, et c'est aussi vrai pour Montréal, c'est une répartition équitable des ressources financières pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés. Le transport collectif en est un de taille, et il est incontournable.

Le maire de Montréal, fort de l'appui de ses collègues des municipalités québécoises et des grandes villes canadiennes, ne cesse de faire valoir ces faits sur toutes les tribunes. Malheureusement, malgré certains progrès, ces propositions n'ont pas été retenues.

Péage régional

C'est pourquoi, après avoir examiné plusieurs scénarios, Montréal propose aujourd'hui l'établissement d'un péage régional. Les revenus seraient partagés entre les municipalités pour financer leurs contributions au développement et à l'exploitation de projets locaux et régionaux de transport collectif.

Ce que nous proposons, c'est un péage régional qui serait géré électroniquement, sans interruption ou ralentissement de la circulation. La tarification pourrait varier en fonction des périodes, les soirs et les fins de semaine seraient gratuits. Les véhicules d'urgence, les autobus et les taxis en seraient exemptés. Les modalités devront être définies plus précisément avec nos partenaires.

Fonds dédié

Il faut surtout retenir que, selon les estimations préliminaires, l'instauration d'un péage régional permettrait de répartir entre Montréal, Longueuil, Laval et les autres municipalités des nouveaux revenus annuels de l'ordre de 425 à 450 millions de dollars.

Dans un souci de transparence envers les citoyens et les contribuables, et pour les assurer que leur contribution serait bel et bien utilisée pour le développement du transport collectif, ces revenus seraient versés à même un fonds dédié.

Ce que nous proposons aujourd'hui c'est une autre voie, soit celle d'une tarification socialement responsable. Cette tarification est conçue de manière à encourager un comportement qui contribue à l'atteinte d'objectifs collectifs, telles la qualité de l'air, la qualité de vie et l'équité sociale.

Un débat majeur

Cette proposition comporte aussi le mérite de déborder des compétences locales et de prendre en compte les dimensions régionales du transport. L'intention n'est pas d'établir une frontière ou un mur financier autour de l'île, ni de régler les problèmes sur le dos de la population qui habite les banlieues. L'accusation est trop facile et ne devrait pas peser lourd, nous l'espérons, en regard des défis auxquels nous sommes confrontés en tant que région.

Cette proposition implique, nous en sommes très conscients, un débat majeur. Au cours des prochaines semaines, nous mettrons en place les mécanismes nécessaires pour la conduite de ce débat. Ce que nous voulons, c'est un forum public, serein et rassembleur qui permettra de dégager un consensus régional fort.

Au-delà des perceptions

Ce que nous souhaitons, c'est de pouvoir aller au fond des choses, au-delà des perceptions sur lesquelles se fondent trop de décisions.

Les Montréalais ont clairement énoncé ce qu'ils veulent pour eux et pour leurs enfants: une ville qui mise sur le développement durable, le développement des modes alternatifs à l'auto, de nouvelles infrastructures de transport collectif confortables et performantes, des aménagements urbains de la plus grande qualité et des quartiers où les familles peuvent vivre et se déplacer dans un environnement agréable et sécuritaire.

C'est pour l'essentiel cette vision qui nous a guidés lors de l'élaboration du Plan de transport.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012