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La liberté d'expression de VLB est «sacrée»

2 juin 2008 
Il me semble, en tant que «vieux» sociologue des médias, que les propos pamphlétaires, polémiques et incandescents de Victor-Lévy Beaulieu nous fournissent l'occasion rêvée pour réfléchir à la question de la liberté d'expression, à la question de la liberté de parole. Les propos «outranciers» (selon certains) de VLB sur Michaëlle Jean et sur Gilles «Pétain» Duceppe devraient-ils nous amener à restreindre la liberté d'expression et le droit de parole? Je suis bouleversé lorsque je constate que certains Québécois, d'origines diverses, laissent entendre qu'il faudrait restreindre le droit de parole et museler l'auteur talentueux qui, comme Jacques Ferron (ce brillant provocateur), a su créer certaines des oeuvres les plus remarquables de la littérature québécoise.

Ma thèse sur la liberté d'expression est passablement radicale. Si la liberté d'expression existe, il faut nécessairement qu'elle aille très loin et il faut, absolument et sans l'ombre d'un doute, que les limitations soient justifiées et radicalement nécessaires. La liberté d'expression, c'est le droit de dire ce que l'on pense, sent ou ressent. La liberté d'expression, cela consiste à émettre des idées socialement acceptables et plutôt bien perçues par de nombreuses personnes. La liberté d'expression, c'est aussi le droit de dire des bêtises et de tenir des propos qui, aux yeux de certains, apparaîtront comme bêtes, stupides et choquants. Au cours de l'histoire, nombreux sont les penseurs qui ont formulé des théories ou qui ont avancé des idées qui, dans le contexte de l'époque, semblaient «bêtes» et «sottes». Si, à l'instar de Robert Faurisson, en France (il y a une vingtaine d'années), je veux dire que l'Holocauste a été moins terrible que ce que l'on en dit, je dois avoir le droit de le dire sans que le Code criminel ne vienne me sanctionner. C'est une «connerie» mais je dois avoir le droit d'assumer mes conneries et inepties. Ne répétons pas l'histoire. À mon humble et ferme avis, la plus grande entorse à la liberté d'expression, dans l'histoire récente du Québec, c'est lorsqu'en décembre 2000, l'Assemblée nationale a blâmé (à l'unanimité) Yves Michaud pour des propos qui, somme toute, étaient «acceptables».

Je conclurai en soulignant que les propos de VLB sont incendiaires et vont très loin. Je ne partage pas tout à fait les vues de VLB, mais je tiens mordicus à ce que cet être essentiel conserve son droit de parole et sa liberté d'expression. Les propos débridés et provocants de ce grand pamphlétaire nous permettent d'échapper un peu aux propos presque toujours lénifiants et éminemment corrects de Michaëlle Jean qui semble se proposer comme étant un parangon de la vertu et de la «correctitude» intellectuelle. Entre le vertuisme extrémiste et la provocation brillante et lustrée, je choisirai toujours la provocation.






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