Les jugements d'Ernst & Young sur l'UQAM
Claude Corbo - Recteur de l'UQAM
2 juin 2008
Le récent rapport de la firme Ernst & Young sur la situation financière de l'UQAM et les jugements qu'il formule, tel que cela a été évoqué dans Le Devoir du 29 mai 2008, appellent certaines mises au point:
- Jamais la firme n'a jugé bon de permettre au conseil d'administration ni à la direction de l'UQAM de prendre connaissance du projet de rapport en préparation et de formuler des commentaires. Quand on veut lancer des jugements de cette nature, l'équité naturelle et la simple courtoisie commandent de laisser au futur intimé l'occasion de s'expliquer.
- La direction de l'Université du Québec (UQ), qui a commandé le rapport, n'a pas non plus jugé nécessaire de prévenir l'UQAM de la teneur de ce document avant sa transmission pour la réunion de l'Assemblée des gouverneurs de l'UQ prévue pour le 22 mai 2008. En fait, le document a été reçu par courriel, dans un ensemble de documents, vers 16 h 40 le vendredi 16 mai, veille d'un long congé. Ce n'est donc que le 20 mai que la direction de l'UQAM a pu en prendre connaissance. La direction de l'UQ n'a pas déployé de zèle indu pour fournir à l'UQAM un préavis au sujet du document.
- Le 22 mai 2008, l'Assemblée des gouverneurs a pris connaissance du document, n'a formulé aucun avis particulier et a adopté, à l'unanimité, le budget présenté comme provisoire par le conseil d'administration de l'UQAM.
n La gouvernance actuelle de l'UQAM s'effectue selon la Loi de l'Université du Québec. Si Ernst & Young la juge déficiente, il devrait s'adresser à la ministre responsable.
n Au chapitre des réalisations de la nouvelle direction de l'UQAM, que j'assume depuis janvier dernier, soulignons qu'elle a mis au point un budget révisé pour 2007-2008 réalisant les prévisions de la première année du plan de redressement. Elle a de plus terminé, le 4 mars 2008, un dossier du plan de redressement avec la collaboration de PricewaterhouseCoopers, et ce, en même temps qu'elle a dû composer avec une grève d'une partie des associations étudiantes.
Ajoutons que la direction a conclu avec le Syndicat des chargées et chargés de cours une prolongation de trois ans de la convention collective sans coûts supplémentaires. Par ailleurs, elle a préparé un budget 2008-2009 comportant un déficit de 0,9 M $ au fonctionnement (sur 355 M $), avant frais financiers dus au dérapage immobilier, et incorporant toutes les mesures du plan de redressement ne requérant pas de négociations avec des tiers. Enfin, la direction a fermé des entreprises auxiliaires déficitaires dans le respect des droits des personnels touchés.
Pas besoin de consultants!
On prend bonne note du jugement d'Ernst & Young au sujet d'un plan de retour à l'équilibre, selon lequel l'UQAM «n'a pas toutes les ressources ni l'expertise requises pour mener à bien un tel projet seule». Si l'UQAM manque de quelque chose pour revenir à l'équilibre budgétaire, ce n'est pas de consultants qu'elle a besoin.
En effet, comme l'ont dit PricewaterhouseCoopers et le Vérificateur général du Québec, l'UQAM ne peut se sortir seule du bourbier financier dans lequel elle est plongée. Ce sont les frais financiers qui l'étouffent, et c'est pour cette raison qu'elle demande l'aide du MELS. Elle a fait, à ce stade-ci, tout ce qu'elle pouvait pour atteindre l'équilibre budgétaire, sans frais financiers, et c'est un déficit de moins de un million que l'UQAM a présenté.
Depuis le début de la crise, l'UQAM a coupé son budget de plus de 10 % et a déposé un plan pour revoir sa programmation, pour revoir ses façons d'être et de faire, etc. Il y a des limites à ce qu'elle peut faire seule.
En attendant, en laissant Ernst & Young à son humeur chagrine, l'UQAM, sa communauté, son conseil d'administration et sa direction continueront à faire preuve de responsabilité pour ce qui relève de leurs champs de compétence en demandant que ses partenaires fassent de même, dans le respect de sa mission académique.
- Jamais la firme n'a jugé bon de permettre au conseil d'administration ni à la direction de l'UQAM de prendre connaissance du projet de rapport en préparation et de formuler des commentaires. Quand on veut lancer des jugements de cette nature, l'équité naturelle et la simple courtoisie commandent de laisser au futur intimé l'occasion de s'expliquer.
- La direction de l'Université du Québec (UQ), qui a commandé le rapport, n'a pas non plus jugé nécessaire de prévenir l'UQAM de la teneur de ce document avant sa transmission pour la réunion de l'Assemblée des gouverneurs de l'UQ prévue pour le 22 mai 2008. En fait, le document a été reçu par courriel, dans un ensemble de documents, vers 16 h 40 le vendredi 16 mai, veille d'un long congé. Ce n'est donc que le 20 mai que la direction de l'UQAM a pu en prendre connaissance. La direction de l'UQ n'a pas déployé de zèle indu pour fournir à l'UQAM un préavis au sujet du document.
- Le 22 mai 2008, l'Assemblée des gouverneurs a pris connaissance du document, n'a formulé aucun avis particulier et a adopté, à l'unanimité, le budget présenté comme provisoire par le conseil d'administration de l'UQAM.
n La gouvernance actuelle de l'UQAM s'effectue selon la Loi de l'Université du Québec. Si Ernst & Young la juge déficiente, il devrait s'adresser à la ministre responsable.
n Au chapitre des réalisations de la nouvelle direction de l'UQAM, que j'assume depuis janvier dernier, soulignons qu'elle a mis au point un budget révisé pour 2007-2008 réalisant les prévisions de la première année du plan de redressement. Elle a de plus terminé, le 4 mars 2008, un dossier du plan de redressement avec la collaboration de PricewaterhouseCoopers, et ce, en même temps qu'elle a dû composer avec une grève d'une partie des associations étudiantes.
Ajoutons que la direction a conclu avec le Syndicat des chargées et chargés de cours une prolongation de trois ans de la convention collective sans coûts supplémentaires. Par ailleurs, elle a préparé un budget 2008-2009 comportant un déficit de 0,9 M $ au fonctionnement (sur 355 M $), avant frais financiers dus au dérapage immobilier, et incorporant toutes les mesures du plan de redressement ne requérant pas de négociations avec des tiers. Enfin, la direction a fermé des entreprises auxiliaires déficitaires dans le respect des droits des personnels touchés.
Pas besoin de consultants!
On prend bonne note du jugement d'Ernst & Young au sujet d'un plan de retour à l'équilibre, selon lequel l'UQAM «n'a pas toutes les ressources ni l'expertise requises pour mener à bien un tel projet seule». Si l'UQAM manque de quelque chose pour revenir à l'équilibre budgétaire, ce n'est pas de consultants qu'elle a besoin.
En effet, comme l'ont dit PricewaterhouseCoopers et le Vérificateur général du Québec, l'UQAM ne peut se sortir seule du bourbier financier dans lequel elle est plongée. Ce sont les frais financiers qui l'étouffent, et c'est pour cette raison qu'elle demande l'aide du MELS. Elle a fait, à ce stade-ci, tout ce qu'elle pouvait pour atteindre l'équilibre budgétaire, sans frais financiers, et c'est un déficit de moins de un million que l'UQAM a présenté.
Depuis le début de la crise, l'UQAM a coupé son budget de plus de 10 % et a déposé un plan pour revoir sa programmation, pour revoir ses façons d'être et de faire, etc. Il y a des limites à ce qu'elle peut faire seule.
En attendant, en laissant Ernst & Young à son humeur chagrine, l'UQAM, sa communauté, son conseil d'administration et sa direction continueront à faire preuve de responsabilité pour ce qui relève de leurs champs de compétence en demandant que ses partenaires fassent de même, dans le respect de sa mission académique.
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