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Irak: délai probable pour l'ONU

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   27 janvier 2003 
Colin Powell
Colin Powell
Les États-Unis accepteront à contrecoeur de donner au moins quelques semaines supplémentaires aux inspecteurs en désarmement de l'ONU, malgré leur volonté d'en finir au plus vite avec Saddam Hussein.

Les inspecteurs vont en tout cas demander aujourd'hui au Conseil de sécurité plus de temps pour vérifier l'existence ou non en Irak d'armes de destruction massive, alors que Washington a accru sa pression en affirmant hier que la situation actuelle ne devait plus durer et accusant Bagdad de liens avec al-Qaïda.

Leur principal allié, le premier ministre britannique Tony Blair, qui retrouvera vendredi prochain le président George W. Bush à Camp David, s'est officiellement rangé hier à l'idée de donner davantage de temps aux experts, et même «autant de temps qu'il faudra», lors d'un entretien accordé à la BBC.

Mais il a cependant estimé que les inspecteurs n'auraient pas «besoin de mois pour savoir si Saddam [Hussein] est en train de coopérer ou pas».

Dans un article paru aujourd'hui, le journal allemand Die Welt cite des sources gouvernementales britanniques non précisées selon lesquelles les inspecteurs se verraient donner jusqu'au 1er mars pour produire un «rapport final». Selon Die Welt, les États-Unis auraient l'intention de rappeler leurs informateurs d'Irak dans les prochaines semaines pour souligner qu'à leurs yeux Bagdad cherche toujours à se doter d'armes de destruction massive.

Les informations recueillies par les États-Unis seraient rendues publiques, ajoute le journal.

Le nouveau délai accordé à l'ONU donnerait à Washington et à Londres le temps d'achever leurs déploiements militaires dans la région, dit encore Die Welt.

Pour Dominique de Villepin, «plusieurs semaines, voire quelques mois» supplémentaires seraient nécessaires pour mener à bien les inspections en désarmement des Nations unies.

«Le processus des inspections se déroule conformément à l'esprit de la résolution» 1441 des Nations unies sur l'Irak, a jugé hier soir le ministre français des Affaires étrangères, qui était l'invité de France 3, à la veille de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur le rapport des inspecteurs.

«L'information dont dispose aujourd'hui la communauté internationale est plus grande qu'il y a deux mois [...] Nous voulons qu'elle soit plus grande, nous voulons aller plus loin», a-t-il précisé.

Invité du Forum économique mondial à Davos (Suisse), le secrétaire d'État américain Colin Powell a assuré que le régime de Saddam Hussein avait «des liens clairs» — qu'il n'a pas précisés — avec la nébuleuse terroriste, en particulier avec l'organisation al-Qaïda d'Oussama ben Laden, commanditaire désigné des attentats du 11 septembre 2001.

Des propos repris peu après par le secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card, selon qui «Saddam Hussein entretient depuis longtemps des relations avec des organisations terroristes, y compris le réseau al-Qaïda».

L'Irak a rejeté de telles accusations. Interrogé par la BBC, le vice-premier ministre Tarek Aziz a déclaré: «Ils [les Américains] mentent tout simplement.» Il a affirmé qu'en cas de guerre l'Irak n'utiliserait pas d'armes chimiques ou bactériologiques, «parce que nous n'en avons pas».

Il a toutefois reconnu que l'armée irakienne avait reçu des équipements de protection contre de telles armes, mais que cette mesure avait été prise «pour se protéger contre leur usage par l'autre partie».

M. Powell a estimé que l'Irak avait «raté le test» de la déclaration sur son arsenal, remise en décembre à l'ONU.

«Nous approchons probablement du moment où nous aurons à passer à l'étape suivante», a-t-il dit, renforçant la thèse d'un recours à la force à brève échéance contre Bagdad.

Alors que la France et l'Allemagne affichent leur opposition à une intervention militaire contre Bagdad en l'état actuel des choses, M. Powell a souligné que les États-Unis étaient «prêts à agir même si d'autres ne sont pas disposés à nous rejoindre».

La présentation du rapport des chefs des inspecteurs, Hans Blix et Mohamed ElBaradei, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qui sera publique, devrait commencer ce matin et ne pas dépasser une heure.

M. ElBaradei, a annoncé qu'il recommanderait la poursuite des inspections, qui ont repris fin novembre après quatre ans d'interruption, et ajouté que son rapport ne contenait pas de surprises.

Déplorant que l'Irak n'ait pas encore pleinement coopéré avec les inspecteurs, M. ElBaradei a pressé hier l'Irak de convaincre ses scientifiques de se laisser interroger en privé. Il est «regrettable», selon lui, que trois scientifiques irakiens l'aient refusé samedi.

Ce rapport — premier bilan de deux mois de travaux sur le terrain — représente une étape cruciale aux yeux de la communauté internationale dont certains membres détermineront leur position selon les conclusions des experts des Nations unies.

La position américaine pourrait être connue demain avec le discours sur l'État de l'Union de Bush, alors que les 15 membres permanents du Conseil de sécurité se réuniront mercredi pour discuter de leur position respective sur la question.

En Irak, Saddam Hussein a présidé hier une réunion conjointe du Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance dirigeante) et du commandement du parti Baas au pouvoir, consacrée à l'examen «de la situation».

Bagdad a promis aux États-Unis et à la Grande-Bretagne qu'en cas d'attaque ils rapatrieraient leurs soldats «dans des sacs en plastique».

Sur le terrain, les experts en désarmement ont visité hier une dizaine de sites, notamment un centre de contrôle de la peste bovine et un centre de recherche sur la tuberculose à Bagdad.

L'armée américaine, en manoeuvres dans le désert koweïtien, devait lancer hier soir un exercice conçu sur le modèle de l'offensive lancée en janvier 1991 et qui avait permis de bouter les troupes irakiennes hors du Koweït.






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