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Pour ne pas oublier Luc Perrier (1931-2008)

Jean Royer   17 mai 2008 
Le poète Luc Perrier, qui vient de disparaître, était un homme discret mais non moins attentif «au moindre vent» et à tout ce qui pouvait contredire l'humanisme des relations entre les êtres. Ce poète, né en 1931 à Sainte-Famille de l'île d'Orléans, avait fait ses études principalement en philosophie à Toronto et en comptabilité à l'université Concordia de Montréal.

En 1954, Luc Perrier fut un des premiers poètes à publier aux Éditions de l'Hexagone. Son recueil intitulé Des jours et des jours introduit le thème de la tendresse dans la nouvelle poésie d'un Québec moderne. Poète plus exigeant que prolifique, il ne fera paraître qu'en 1963 un deuxième recueil, sous le beau titre Du temps que j'aime. Le critique Gilles Marcotte avait accueilli chaleureusement la voix du poète dès le premier livre: «Il faudrait dire la transparence des poèmes de Luc Perrier, leurs images simples et hardies, des images de tous les jours et, en même temps, étonnamment neuves.»

Citoyen engagé, il s'est souvent exprimé dans des lettres au Devoir sur les questions culturelles et politiques de l'actualité de ces dernières décennies. Le poète, lui, se remettra à publier en 1994 à l'enseigne du Noroît. La poésie de sa maturité a pris de l'ampleur, dans une perspective sociale autant qu'individuelle. On a lu de lui Champ libre, Faites le nécessaire et De toute manière. En 2006, Luc Perrier faisait paraître un recueil fort, intitulé Le moindre vent. Traversée par une écriture à la fois tendre et fébrile, précise et emportée, la voix fraternelle du poète nous convie au «Cirque des heures», à une exploration de l'existence pour traverser le visible et abolir les frontières, pour «aller plus loin que le regard». Avec son oeuvre d'une poésie franche et lumineuse, mais sans esbroufe, Luc Perrier comptera parmi les poètes marquants de cette génération de L'Hexagone à qui nous devons notre maturité poétique.






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