Quebecor et le Web 2.0 - Le pouvoir infini de l'usager
Pierre Karl Péladeau - Président et chef de la direction de Quebecor inc.
17 mai 2008
Nous publions un extrait du discours prononcé cette semaine par M. Péladeau à l'occasion du Webcom Montréal 2008.
Plusieurs se demandent comment tirer le meilleur parti possible du Web 2.0. La réponse est simple: les gagnants de la révolution numérique seront ceux qui auront permis aux consommateurs de profiter au maximum des possibilités offertes par l'évolution de la technologie.
À la fin des années 90, plusieurs trouvaient fantaisiste la place que nous faisions à l'Internet dans notre stratégie de croissance. Qu'en est-il 15 ans plus tard? Internet a fait une entrée fulgurante dans les foyers québécois. Vidéotron compte, à elle seule, près d'un million de clients. À une autre échelle, la simple start-up qu'était Google en 2003 vaut aujourd'hui 141 milliards de dollars.
Qui plus est, le Web et ses usagers changent: auparavant simple consommateur, l'utilisateur devient contributeur. On estime à sept milliards le nombre de vidéos mises en ligne chaque mois par les internautes. YouTube, le sixième site le plus populaire sur le Web, accueille 200 millions de visiteurs uniques par mois, selon Comscore.
Pour sa part, Wikipédia a accueilli 211 milliards de visiteurs uniques en 2007 alors que 8,3 milliards d'articles et de pages ont été générés par ses usagers. De surcroît, les sites sociaux transforment Internet en agora. En témoignent, toujours selon Comscore, les 68 millions de visites uniques enregistrées sur Myspace aux États-Unis en janvier 2008, de même que les 32,4 milliards de visites uniques faites à l'échelle mondiale sur FaceBook en 2007. Et au Québec? Selon un sondage Ipsos-Branchez-vous.com réalisé en février, plus d'un internaute québécois francophone sur quatre est un membre FaceBook.
Devant un tel phénomène, c'est toute la société canadienne qui est interpellée. Citoyens, entreprises et gouvernements doivent participer à la réflexion sur les enjeux et les défis liés à l'ère numérique, ne serait-ce que pour éviter que le Canada et le Québec ratent le train dans lequel sont déjà montés plusieurs pays industrialisés.
La nouvelle réalité numérique
Si essentielle que soit cette réflexion, elle ne doit pas nous empêcher d'agir immédiatement. De tout temps, les grands bouleversements ont été amorcés avant d'être entièrement planifiés et ordonnés.
Nous croyons aussi qu'il est possible d'anticiper la direction à suivre, soit celle où nous pousse le changement d'ici trois à cinq ans. Avec le Web 2.0, toute une industrie jusqu'à maintenant centrée sur les logiciels et les ordinateurs doit se redéfinir en fonction de la nouvelle réalité des services en ligne et des communautés en réseau.
Ce phénomène bouleverse aussi les façons de faire des médias traditionnels, à telle enseigne qu'on peut croire que des concepts fondateurs de la télévision disparaîtront éventuellement. Deux exemples: celui qui consiste à développer une programmation à heure fixe et celui qui consiste à offrir un bouquet de chaînes constitué en fonction d'obligations réglementaires plutôt que par l'expression des besoins des consommateurs. Internet n'est plus seulement un média, il est devenu une plate-forme. Cette réalité induit cinq tendances de fond: le mouvement vers le libre choix du consommateur, l'émergence des contenus générés par les usagers, l'explosion des réseaux sociaux, l'ouverture des plates-formes et la mutation du modèle économique des médias, tendances qui ont déjà et qui continueront d'avoir des impacts dont il est encore difficile de prendre la véritable mesure.
Quebecor et le Web 2.0
La révolution numérique, qu'on peut assimiler à une révolution de l'imagination, offre donc des occasions qu'il faut saisir sans plus attendre, quitte à revoir nos façons de faire et à remettre en cause les acquis de notre expérience des médias traditionnels.
Chez Quebecor, nous avons choisi de créer un espace de liberté et de création où l'usager peut vivre toutes les expériences auxquelles les technologies de l'ère numérique lui donnent accès. Il peut consommer, commenter, transformer ou produire des contenus, utiliser des outils qui le placent en contrôle et avoir accès à des infrastructures lui permettant de se connecter peu importe l'endroit où il se trouve. [...]
Une question de survie
Les Canadiens et les Québécois ont prouvé depuis longtemps qu'ils ont le talent et les moyens de faire partie des meilleurs créateurs et producteurs de contenus au monde. C'est une question de survie: le succès passera désormais par le contenu. C'est aussi une question de développement économique, dans un secteur de plus en plus compétitif et où toute une nouvelle génération de créateurs d'ici pourra émerger et faire sa place.
L'automne prochain, le CRTC tiendra des audiences sur les nouveaux médias et il sera certainement question du Web 2.0. Plusieurs voudront une réglementation. Nous serons farouchement contre toute volonté de réglementer Internet. Nous voulons libérer la création, l'innovation, et offrir au consommateur son pouvoir infini à la création.
Plusieurs se demandent comment tirer le meilleur parti possible du Web 2.0. La réponse est simple: les gagnants de la révolution numérique seront ceux qui auront permis aux consommateurs de profiter au maximum des possibilités offertes par l'évolution de la technologie.
À la fin des années 90, plusieurs trouvaient fantaisiste la place que nous faisions à l'Internet dans notre stratégie de croissance. Qu'en est-il 15 ans plus tard? Internet a fait une entrée fulgurante dans les foyers québécois. Vidéotron compte, à elle seule, près d'un million de clients. À une autre échelle, la simple start-up qu'était Google en 2003 vaut aujourd'hui 141 milliards de dollars.
Qui plus est, le Web et ses usagers changent: auparavant simple consommateur, l'utilisateur devient contributeur. On estime à sept milliards le nombre de vidéos mises en ligne chaque mois par les internautes. YouTube, le sixième site le plus populaire sur le Web, accueille 200 millions de visiteurs uniques par mois, selon Comscore.
Pour sa part, Wikipédia a accueilli 211 milliards de visiteurs uniques en 2007 alors que 8,3 milliards d'articles et de pages ont été générés par ses usagers. De surcroît, les sites sociaux transforment Internet en agora. En témoignent, toujours selon Comscore, les 68 millions de visites uniques enregistrées sur Myspace aux États-Unis en janvier 2008, de même que les 32,4 milliards de visites uniques faites à l'échelle mondiale sur FaceBook en 2007. Et au Québec? Selon un sondage Ipsos-Branchez-vous.com réalisé en février, plus d'un internaute québécois francophone sur quatre est un membre FaceBook.
Devant un tel phénomène, c'est toute la société canadienne qui est interpellée. Citoyens, entreprises et gouvernements doivent participer à la réflexion sur les enjeux et les défis liés à l'ère numérique, ne serait-ce que pour éviter que le Canada et le Québec ratent le train dans lequel sont déjà montés plusieurs pays industrialisés.
La nouvelle réalité numérique
Si essentielle que soit cette réflexion, elle ne doit pas nous empêcher d'agir immédiatement. De tout temps, les grands bouleversements ont été amorcés avant d'être entièrement planifiés et ordonnés.
Nous croyons aussi qu'il est possible d'anticiper la direction à suivre, soit celle où nous pousse le changement d'ici trois à cinq ans. Avec le Web 2.0, toute une industrie jusqu'à maintenant centrée sur les logiciels et les ordinateurs doit se redéfinir en fonction de la nouvelle réalité des services en ligne et des communautés en réseau.
Ce phénomène bouleverse aussi les façons de faire des médias traditionnels, à telle enseigne qu'on peut croire que des concepts fondateurs de la télévision disparaîtront éventuellement. Deux exemples: celui qui consiste à développer une programmation à heure fixe et celui qui consiste à offrir un bouquet de chaînes constitué en fonction d'obligations réglementaires plutôt que par l'expression des besoins des consommateurs. Internet n'est plus seulement un média, il est devenu une plate-forme. Cette réalité induit cinq tendances de fond: le mouvement vers le libre choix du consommateur, l'émergence des contenus générés par les usagers, l'explosion des réseaux sociaux, l'ouverture des plates-formes et la mutation du modèle économique des médias, tendances qui ont déjà et qui continueront d'avoir des impacts dont il est encore difficile de prendre la véritable mesure.
Quebecor et le Web 2.0
La révolution numérique, qu'on peut assimiler à une révolution de l'imagination, offre donc des occasions qu'il faut saisir sans plus attendre, quitte à revoir nos façons de faire et à remettre en cause les acquis de notre expérience des médias traditionnels.
Chez Quebecor, nous avons choisi de créer un espace de liberté et de création où l'usager peut vivre toutes les expériences auxquelles les technologies de l'ère numérique lui donnent accès. Il peut consommer, commenter, transformer ou produire des contenus, utiliser des outils qui le placent en contrôle et avoir accès à des infrastructures lui permettant de se connecter peu importe l'endroit où il se trouve. [...]
Une question de survie
Les Canadiens et les Québécois ont prouvé depuis longtemps qu'ils ont le talent et les moyens de faire partie des meilleurs créateurs et producteurs de contenus au monde. C'est une question de survie: le succès passera désormais par le contenu. C'est aussi une question de développement économique, dans un secteur de plus en plus compétitif et où toute une nouvelle génération de créateurs d'ici pourra émerger et faire sa place.
L'automne prochain, le CRTC tiendra des audiences sur les nouveaux médias et il sera certainement question du Web 2.0. Plusieurs voudront une réglementation. Nous serons farouchement contre toute volonté de réglementer Internet. Nous voulons libérer la création, l'innovation, et offrir au consommateur son pouvoir infini à la création.
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