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La fonction de Mme Jean

Jean Piuze - Québec, 7 mai 2008  10 mai 2008 
Que l'on soit indépendantiste ou fédéraliste, il y a quelque chose de profondément choquant pour tout véritable démocrate à voir la présente gouverneure générale du Canada se substituer aux élus lors de fonctions officielles qui revêtent une grande importance politique. À cet égard, le lancement en France des fêtes commémorant le 400e anniversaire de la fondation de Québec constituait un tel événement, auquel la représentation des citoyens du Québec et du Canada aurait dû être une prérogative du premier ministre du Canada et de celui du Québec.

Le gouverneur général est choisi de façon totalement discrétionnaire par une seule personne et, même s'il s'agit en l'occurrence du premier ministre du Canada, ce choix demeure tout sauf démocratique. Le gouverneur général n'a donc aucune autorité légitime lui permettant de représenter les Canadiens ou de parler en leur nom, n'étant pas élu par les citoyens du pays: le gouverneur général représente la reine, pas les Canadiens. Aussi son rôle doit-il demeurer restreint, strictement légal et protocolaire, subordonné dans les faits au pouvoir des élus: cela est clairement démontré par le fait que c'est le premier ministre du pays qui nomme le gouverneur général.

Depuis de nombreuses années, les gouverneurs généraux successifs avaient bien saisi leur rôle, se contentant d'exercer les fonctions leur étant dévolues par notre Constitution sans se mêler de politique. Or la gouverneure générale actuelle a plus d'une fois utilisé la tribune que lui offre son poste pour se poser en représentante des Canadiens et pour émettre des opinions de nature politique. Ce n'est pas son rôle et ce n'est pas acceptable dans notre démocratie.

Tout cela souligne encore une fois l'inutilité, et même la nuisance, de cette fonction archaïque qui n'a plus sa raison d'être dans une démocratie moderne et qui draine des deniers publics, lesquels pourraient être beaucoup mieux utilisés ailleurs.
 
 
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