Répartition des nouveaux médecins entre les régions - L'approche actuelle constitue la meilleure voie
Donald Aubin - Directeur des services de santé, des affaires médicales et universitaires pour l'Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean et médecin d'urgence au Centre de santé et de services sociaux Cléophas-Claveau à La Baie
29 avril 2008
Le doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, le docteur Réjean Hébert, en appelle à un assouplissement des conditions de pratique actuelles et futures des médecins résidents, ce qui favoriserait, selon lui, le ralentissement de leur exode hors Québec (Le Devoir, 25 avril). Son point de vue sur la répartition des nouveaux médecins entre les différentes régions du Québec commande quelques précisions.
Chaque année, des plans de répartition des effectifs médicaux en omnipratique et en spécialité sont préparés pour toutes les régions du Québec. Ces plans précisent le nombre de médecins que chacune des régions pourra recruter au cours de l'année. Un retour en arrière permet de bien comprendre les effets positifs de ce «processus» pour la population.
Iniquité historique
Jusqu'à une époque assez récente, les nouveaux médecins s'installaient là où ils le souhaitaient, sans contraintes autres que celles propres à chacun des milieux hospitaliers, et ils exerçaient dans le secteur d'activité de leur choix. Ces règles limitées faisaient en sorte que la répartition médicale ne répondait pas nécessairement aux besoins de la population. Résultat: une iniquité dans la répartition des effectifs médicaux s'est installée sur le territoire québécois, au détriment de certaines populations qui ont pourtant le même droit fondamental, soit celui d'avoir accès à un médecin.
Au moyen des plans d'effectifs médicaux, le ministère de la Santé et des Services sociaux pose des règles claires pour que cesse cette iniquité. Il faut saluer ce courageux coup de barre. Aujourd'hui, ce processus exigeant et rigoureux permet d'assurer un meilleur suivi des effectifs médicaux nationaux et régionaux, mais surtout d'offrir une meilleure réponse aux besoins des citoyens vivant dans les régions où la pénurie de médecins est plus criante.
Vers l'équilibre
Sur le terrain, la manoeuvre porte ses fruits, comme en témoigne l'augmentation plus marquée du nombre de médecins dans les régions entre 2003 et 2007. Une correction progressive s'opère et devra se poursuivre au cours des prochaines années pour atteindre un équilibre raisonnable dans la répartition des effectifs médicaux entre les régions.
La démarche actuelle de répartition des effectifs médicaux est vitale pour les régions. Il s'agit du meilleur des remèdes contre la discrimination médicale géographique. On pourrait y voir des effets pervers, mais il faut bien comprendre que plusieurs autres raisons peuvent expliquer l'exode des résidents vers d'autres provinces. D'ailleurs, comme l'a mentionné le Dr Hébert, certaines facultés de médecine contribuent précisément à contrer ce phénomène en vertu de leur approche d'enseignement plus orientée vers la médecine de famille!
Médecins étrangers
Le ministre de la Santé Philippe Couillard a vivement déploré le fait que les facultés de médecine du Québec ne soient pas parvenues à pourvoir 73 postes en résidence pour l'année en cours, alors que 72 médecins étrangers n'ont pu obtenir de place bien qu'ils aient pleinement satisfait aux exigences!
Les régions misent beaucoup sur la venue des médecins diplômés à l'étranger, qui constitue un des éléments de solution à la pénurie actuelle et aux problèmes d'accès qui en résultent. Les dernières années ont d'ailleurs bien montré que le processus de sélection des médecins formés à l'étranger est suffisamment étanche pour ne retenir que les meilleurs candidats.
Des solutions
Le ministère de la Santé et des Services sociaux a réuni, la semaine dernière, plusieurs responsables concernés afin de réfléchir sur les difficultés d'attrait de la médecine familiale et les solutions à envisager. Au terme de cette rencontre à laquelle j'ai participé, nous avons conclu que le maintien des plans d'effectifs médicaux représente actuellement la meilleure voie.
Il en va de même pour les activités médicales particulières (AMP) auxquelles doivent se soumettre les jeunes médecins environ douze heures par semaine; celles-ci concernent différents types de services (urgence, hospitalisation, cabinet privé, etc.) selon les priorités établies par les régions en fonction de leurs problématiques particulières.
Nous devrons poursuivre nos travaux pour nous assurer que les étudiants en médecine du Québec feront leur résidence ici et s'y installeront, et ce, pour le bien-être de la population. Et éviter de voir comme un problème ce qui est une part importante de la solution pour l'ensemble des régions non universitaires.
Chaque année, des plans de répartition des effectifs médicaux en omnipratique et en spécialité sont préparés pour toutes les régions du Québec. Ces plans précisent le nombre de médecins que chacune des régions pourra recruter au cours de l'année. Un retour en arrière permet de bien comprendre les effets positifs de ce «processus» pour la population.
Iniquité historique
Jusqu'à une époque assez récente, les nouveaux médecins s'installaient là où ils le souhaitaient, sans contraintes autres que celles propres à chacun des milieux hospitaliers, et ils exerçaient dans le secteur d'activité de leur choix. Ces règles limitées faisaient en sorte que la répartition médicale ne répondait pas nécessairement aux besoins de la population. Résultat: une iniquité dans la répartition des effectifs médicaux s'est installée sur le territoire québécois, au détriment de certaines populations qui ont pourtant le même droit fondamental, soit celui d'avoir accès à un médecin.
Au moyen des plans d'effectifs médicaux, le ministère de la Santé et des Services sociaux pose des règles claires pour que cesse cette iniquité. Il faut saluer ce courageux coup de barre. Aujourd'hui, ce processus exigeant et rigoureux permet d'assurer un meilleur suivi des effectifs médicaux nationaux et régionaux, mais surtout d'offrir une meilleure réponse aux besoins des citoyens vivant dans les régions où la pénurie de médecins est plus criante.
Vers l'équilibre
Sur le terrain, la manoeuvre porte ses fruits, comme en témoigne l'augmentation plus marquée du nombre de médecins dans les régions entre 2003 et 2007. Une correction progressive s'opère et devra se poursuivre au cours des prochaines années pour atteindre un équilibre raisonnable dans la répartition des effectifs médicaux entre les régions.
La démarche actuelle de répartition des effectifs médicaux est vitale pour les régions. Il s'agit du meilleur des remèdes contre la discrimination médicale géographique. On pourrait y voir des effets pervers, mais il faut bien comprendre que plusieurs autres raisons peuvent expliquer l'exode des résidents vers d'autres provinces. D'ailleurs, comme l'a mentionné le Dr Hébert, certaines facultés de médecine contribuent précisément à contrer ce phénomène en vertu de leur approche d'enseignement plus orientée vers la médecine de famille!
Médecins étrangers
Le ministre de la Santé Philippe Couillard a vivement déploré le fait que les facultés de médecine du Québec ne soient pas parvenues à pourvoir 73 postes en résidence pour l'année en cours, alors que 72 médecins étrangers n'ont pu obtenir de place bien qu'ils aient pleinement satisfait aux exigences!
Les régions misent beaucoup sur la venue des médecins diplômés à l'étranger, qui constitue un des éléments de solution à la pénurie actuelle et aux problèmes d'accès qui en résultent. Les dernières années ont d'ailleurs bien montré que le processus de sélection des médecins formés à l'étranger est suffisamment étanche pour ne retenir que les meilleurs candidats.
Des solutions
Le ministère de la Santé et des Services sociaux a réuni, la semaine dernière, plusieurs responsables concernés afin de réfléchir sur les difficultés d'attrait de la médecine familiale et les solutions à envisager. Au terme de cette rencontre à laquelle j'ai participé, nous avons conclu que le maintien des plans d'effectifs médicaux représente actuellement la meilleure voie.
Il en va de même pour les activités médicales particulières (AMP) auxquelles doivent se soumettre les jeunes médecins environ douze heures par semaine; celles-ci concernent différents types de services (urgence, hospitalisation, cabinet privé, etc.) selon les priorités établies par les régions en fonction de leurs problématiques particulières.
Nous devrons poursuivre nos travaux pour nous assurer que les étudiants en médecine du Québec feront leur résidence ici et s'y installeront, et ce, pour le bien-être de la population. Et éviter de voir comme un problème ce qui est une part importante de la solution pour l'ensemble des régions non universitaires.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

