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Dumont engage les hostilités

Le Devoir   20 janvier 2003 
Mario Dumont
Mario Dumont
Le «lourd bilan» du Parti québécois a servi hier de munitions au chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, qui a profité de son assemblée d'investiture à Rivière-du-Loup pour lancer sa campagne sur une note belliqueuse à l'endroit du gouvernement en place.

M. Dumont, qui présentait hier les 33 candidats officiellement choisis jusqu'à maintenant pour défendre les couleurs adéquistes lors des prochaines élections, a vigoureusement attaqué le gouvernement du premier ministre Bernard Landry et la «douteuse prétention des péquistes de détenir le monopole des visions progressistes et de la générosité sociale».

«Le gouvernement du PQ a un lourd bilan allant dans le sens contraire, que ce soit dans l'éducation, avec l'assurance-médicaments, avec leurs politiques familiales, ou en matière de santé», a-t-il ajouté. Le chef de l'ADQ a aussi interpellé la «majorité silencieuse», l'invitant à se prononcer haut et fort lors du prochain scrutin, qui devra, selon toute vraisemblance, se tenir au printemps.

«La majorité silencieuse, ce sont ces gens qui ne sont pas représentés dans les grandes tables de négociations, pas invités dans les grands sommets pour décider ce qu'on va faire de leurs impôts, mais qui sont la vache à lait du système, à qui on demande beaucoup, et qui n'ont jamais un mot à dire sur ce qui se passe au gouvernement», a déclaré M. Dumont devant un millier de partisans venus l'encourager à l'occasion d'un brunch dominical organisé autour de son assemblée d'investiture comme candidat adéquiste dans Rivière-du-Loup. «Cette majorité silencieuse va parler pour l'ADQ dans tout le Québec, j'en suis confiant.»

Préparant le terrain combatif de la prochaine campagne électorale, M. Dumont n'a pas ménagé le Parti québécois, contre lequel il a décoché quelques flèches. Évoquant le récent saut de l'ex-bloquiste Pierre Brien dans les rangs de l'ADQ pour illustrer la lassitude de milliers de Québécois, M. Dumont s'est moqué du projet de M. Landry qui promet un autre référendum, cette fois sur la création d'une zone de libre-échange à travers les Amériques. «Après les Fêtes, c'est le temps des ventes: deux pour un sur les référendums au PQ», a-t-il lancé.

Puis, il a relevé l'idée péquiste de présenter un autre budget de l'An 1. «C'était le rêve du PQ en 1973. Or, ils ne sont pas capables de faire le budget de 2003. Ils pellettent les déficits en dessous du tapis, comme les 800 millions de la CSST, mais préparent le budget de l'An 1 du Québec souverain!», a ironisé M. Dumont.

Il a aussi accusé le gouvernement d'avoir gaspillé les fonds de la Caisse de dépôt et de placement, et promis une gestion plus responsable. «Nous, on va gérer chaque dollar des contribuables comme quelque chose de précieux, qui doit être bien administré.»

Curieusement, M. Dumont n'a pas attaqué directement le Parti libéral de Jean Charest, se contentant de dénoncer ses deux adversaires principaux, libéraux et péquistes, comme «les forces du statu quo».

Pendant que Mario Dumont fourbissait ses armes, les deux autres partis présentaient eux aussi des personnages invités à défendre leurs couleurs lors de la prochaine campagne.

Le Parti québécois dévoilait des candidats dans deux circonscriptions différentes: la ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l'exclusion, Nicole Léger, dans Pointe-aux-Trembles, et William Fayad, un enseignant de la Commission scolaire de Montréal, élu candidat par les membres du PQ dans la circonscription de Saint-Laurent.

Lors de son discours d'investiture, la députée-ministre Nicole Léger a vanté le bilan social et économique de son gouvernement: «Nous avons fait preuve d'une saine gestion en réinvestissant dans la santé et l'éducation, tout en réduisant les impôts», a-t-elle déclaré devant une centaine de militants péquistes, dont plusieurs étaient déjà engagés dans la circonscription l'époque où son père, Marcel Léger, représentait les Pointeliers et Pointelières.

En entrevue, la ministre qui avait fait adopter en décembre la Loi sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, a mené une charge à fond de train contre l'Action démocratique du Québec. «Je trouve effarant de voir leur proposition sur le taux unique d'imposition, ce qui signifierait une hausse d'impôts pour plusieurs contribuables», a expliqué la candidate péquiste confirmée dans la circonscription de l'est de l'île.

Les récents redécoupages de la carte électorale pourraient avantager le Parti québécois lors de la prochaine élection. «Certains disent que c'est un château fort [Pointe-aux-Trembles], mais je ne veux pas m'asseoir sur ça», conclut celle qui représente la circonscription depuis une élection partielle en 1996.

Le chef du Parti libéral, Jean Charest, était quant à lui dans la circonscription de Chambly — actuellement détenue par la ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin — pour y présenter à la presse Diane Legault, actuelle directrice générale de l'Ordre des dentistes du Québec.

Ne ménageant pas lui non plus les critiques à l'égard du gouvernement Landry, le chef de l'opposition a immédiatement fait le lien entre l'enjeu de premier plan de la prochaine campagne qu'est la santé, et le parcours professionnel de Mme Legault, qui est dentiste de profession et «une gestionnaire reconnue issue du secteur de la santé».

«Par ma position dans l'Ordre des dentistes, j'ai été un témoin privilégié du dérapage flagrant et du manque de vision du Parti québécois dans le secteur de la santé», a d'ailleurs lancé d'entrée de jeu Mme Legault, qui affirme ne pas craindre d'affronter Louise Beaudoin sur son terrain de Chambly, car la ministre est membre d'un «gouvernement fatigué qui a donné ce qu'il avait à donner».

Se targuant d'être à la tête du seul des trois partis ayant présenté un programme en matière de santé, M. Charest a attaqué «l'absence de priorités du gouvernement péquiste en santé» et la «confusion et la médiocrité» de Mario Dumont dans le même domaine.






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