Éthique et culture religieuse
Yv Bonnier Viger - Chibasibi, le 24 avril 2008
25 avril 2008
Réponse à l'opinion de Mathieu Bock-Côté, «Éthique et culture religieuse - Un utopisme malfaisant», Le Devoir, le jeudi 24 avril 2008 - La première chose que j'ai faite à la suite de la lecture de votre texte, c'est de visionner la séquence vidéo qui a provoqué tant de colère chez vous. Maintenant grand-père, je suis moins proche du milieu scolaire que je ne l'étais il y a une trentaine d'années, quand mes propres enfants étaient à l'école. À l'époque, en exigeant et en obtenant un enseignement moral non confessionnel, il me semble que nous avions progressé, mais le ton de votre lettre me laissait croire à un retour à l'enseignement confessionnel.
Ce que j'ai vu dans le document vidéo ne suscite pas chez moi les craintes que vous semblez avoir. La multiplicité des religions est omniprésente sur cette planète et elle est souvent cause de conflits ou prétexte à ceux-ci. L'aborder de front ne peut être que bénéfique. J'estime que cette ouverture en amènera probablement plusieurs à poursuivre la réflexion un peu plus loin et à se poser simplement la question: «Et si les dieux n'existaient tout simplement pas?» Cela nous renverrait à une éthique humaine de base, à la nécessaire collaboration entre les personnes, les communautés et les peuples, sans égard à leurs croyances.
Vous glissez sur la question nationale comme si cette attitude et cette disposition à l'ouverture était une négation du sentiment d'appartenance nationale. Pourtant, la nation réfère à un regroupement humain qui partage une langue, un territoire et une organisation sociale (gouvernement officiel ou non) qui lui permet de porter des projets.
La nation est essentiellement dynamique et les nations naissent et meurent, comme chacune et chacun de nous, d'ailleurs. La nation québécoise n'a pas toujours été et elle est bien jeune au concert des nations. Qu'elle se définisse encore n'est qu'un signe de santé et de vigueur. Et qu'elle se soit débarrassée de la chape catholique pour s'ouvrir au monde sans pour autant perdre ce qui la caractérise fondamentalement, comme collectivité francophone en Amérique du Nord, me semble plutôt rassurant.
Je pense donc que le programme Éthique et culture religieuse va dans le sens de l'évolution de notre nation, et il ne me semble pas être une machination d'une «nomenklatura qui contrôle le ministère de l'Éducation», comme il semble maintenant de bon ton de parler des fonctionnaires de ce ministère.
Ce que j'ai vu dans le document vidéo ne suscite pas chez moi les craintes que vous semblez avoir. La multiplicité des religions est omniprésente sur cette planète et elle est souvent cause de conflits ou prétexte à ceux-ci. L'aborder de front ne peut être que bénéfique. J'estime que cette ouverture en amènera probablement plusieurs à poursuivre la réflexion un peu plus loin et à se poser simplement la question: «Et si les dieux n'existaient tout simplement pas?» Cela nous renverrait à une éthique humaine de base, à la nécessaire collaboration entre les personnes, les communautés et les peuples, sans égard à leurs croyances.
Vous glissez sur la question nationale comme si cette attitude et cette disposition à l'ouverture était une négation du sentiment d'appartenance nationale. Pourtant, la nation réfère à un regroupement humain qui partage une langue, un territoire et une organisation sociale (gouvernement officiel ou non) qui lui permet de porter des projets.
La nation est essentiellement dynamique et les nations naissent et meurent, comme chacune et chacun de nous, d'ailleurs. La nation québécoise n'a pas toujours été et elle est bien jeune au concert des nations. Qu'elle se définisse encore n'est qu'un signe de santé et de vigueur. Et qu'elle se soit débarrassée de la chape catholique pour s'ouvrir au monde sans pour autant perdre ce qui la caractérise fondamentalement, comme collectivité francophone en Amérique du Nord, me semble plutôt rassurant.
Je pense donc que le programme Éthique et culture religieuse va dans le sens de l'évolution de notre nation, et il ne me semble pas être une machination d'une «nomenklatura qui contrôle le ministère de l'Éducation», comme il semble maintenant de bon ton de parler des fonctionnaires de ce ministère.
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