Patrimoine forestier - Un engagement pour la forêt québécoise
À quand une enquête publique et indépendante sur la gestion de cette richesse?
Pierre Dubois - Ingénieur forestier et auteur Des vrais maîtres de la forêt québécoise, publié aux éditions écosociété
20 janvier 2003
Le premier ministre Bernard Landry ouvre la porte à une enquête publique sur la gestion de la forêt. C'est une bonne nouvelle pour la conservation de notre patrimoine forestier et pour l'avenir économique, au sens très large, de cette ressource dont dépendent la plupart des régions du Québec. Ces nouvelles préoccupations forestières du premier ministre tranchent avec les positions auparavant exprimées par François Gendron, ministre des Ressources naturelles. Et je passe sous silence la complète fermeture d'esprit de son prédécesseur, Jacques Brassard.
Pour ceux, dont je suis, qui militent pour une réforme en profondeur de la foresterie québécoise, le déblocage actuel est enfin un pas dans la bonne direction. En 1999, la diffusion de L'Erreur boréale et la mise en place de la Coalition sur les forêts vierges nordiques n'auraient été qu'un feu de paille si la population québécoise avait mal accueilli cette critique à la gestion de la forêt. Il faut dire aussi que le dernier rapport de la vérificatrice générale du Québec nous aura donné raison.
Loin de la coupe aux lèvres
L'ouverture du premier ministre ne fera pas cesser le débat forestier. D'abord, à quelques mois d'une élection, cette position de Bernard Landry ressemble beaucoup à une promesse électorale. Que cela ne tienne! Pour un changement de cap en forêt, il faut commencer par un engagement. Les positions des libéraux et des adéquistes sur la forêt sont peu développées. En 2001, le Parti libéral proposait de nommer un inspecteur des forêts. Lors des élections récentes, les promesses électorales sur la forêt consistaient simplement à avancer des chiffres sur le nombre de plants à reboiser au cours d'un mandat. Si l'on fouille dans l'histoire, on s'aperçoit aussi que la politique forestière varie très peu d'un gouvernement à l'autre. Par exemple, le régime forestier actuel a été pensé par le gouvernement péquiste du début des années 80, adopté ensuite par les libéraux en 1987 et revu et corrigé par les péquistes en 2001.
S'il y a encore loin de la coupe aux lèvres, c'est qu'il ne faut pas non plus sous-estimer la puissance de lobby de l'industrie forestière québécoise. Le lobby de l'industrie a dû recevoir les propos de Bernard Landry comme une douche d'eau froide. Toute une guérilla de coulisses doit déjà se mettre en branle. Et la résistance viendra aussi des cadres supérieurs du ministère des Ressources naturelles, qui ne seront certainement pas d'accord avec l'idée qu'on se mette le nez dans leurs affaires. En 2001, tout ce beau monde croyait l'avoir échappé belle, malgré la virulence du débat forestier. À peu de choses près, la refonte de la Loi sur les forêts de 2001 n'avait que reconduit le système forestier de 1987.
Richard Desjardins n'a jamais baissé les bras et il faut lui dire merci. La porte est ouverte, même si nous sommes probablement tout près d'une échéance électorale. Le premier ministre a compris que des millions de personnes sont inquiètes quant à l'avenir de notre patrimoine forestier. Une question demeure: quand aura lieu cette enquête publique et indépendante sur la gestion de la forêt? Ensuite, il faudra faire les changements de cap qui s'imposent.
Pour ceux, dont je suis, qui militent pour une réforme en profondeur de la foresterie québécoise, le déblocage actuel est enfin un pas dans la bonne direction. En 1999, la diffusion de L'Erreur boréale et la mise en place de la Coalition sur les forêts vierges nordiques n'auraient été qu'un feu de paille si la population québécoise avait mal accueilli cette critique à la gestion de la forêt. Il faut dire aussi que le dernier rapport de la vérificatrice générale du Québec nous aura donné raison.
Loin de la coupe aux lèvres
L'ouverture du premier ministre ne fera pas cesser le débat forestier. D'abord, à quelques mois d'une élection, cette position de Bernard Landry ressemble beaucoup à une promesse électorale. Que cela ne tienne! Pour un changement de cap en forêt, il faut commencer par un engagement. Les positions des libéraux et des adéquistes sur la forêt sont peu développées. En 2001, le Parti libéral proposait de nommer un inspecteur des forêts. Lors des élections récentes, les promesses électorales sur la forêt consistaient simplement à avancer des chiffres sur le nombre de plants à reboiser au cours d'un mandat. Si l'on fouille dans l'histoire, on s'aperçoit aussi que la politique forestière varie très peu d'un gouvernement à l'autre. Par exemple, le régime forestier actuel a été pensé par le gouvernement péquiste du début des années 80, adopté ensuite par les libéraux en 1987 et revu et corrigé par les péquistes en 2001.
S'il y a encore loin de la coupe aux lèvres, c'est qu'il ne faut pas non plus sous-estimer la puissance de lobby de l'industrie forestière québécoise. Le lobby de l'industrie a dû recevoir les propos de Bernard Landry comme une douche d'eau froide. Toute une guérilla de coulisses doit déjà se mettre en branle. Et la résistance viendra aussi des cadres supérieurs du ministère des Ressources naturelles, qui ne seront certainement pas d'accord avec l'idée qu'on se mette le nez dans leurs affaires. En 2001, tout ce beau monde croyait l'avoir échappé belle, malgré la virulence du débat forestier. À peu de choses près, la refonte de la Loi sur les forêts de 2001 n'avait que reconduit le système forestier de 1987.
Richard Desjardins n'a jamais baissé les bras et il faut lui dire merci. La porte est ouverte, même si nous sommes probablement tout près d'une échéance électorale. Le premier ministre a compris que des millions de personnes sont inquiètes quant à l'avenir de notre patrimoine forestier. Une question demeure: quand aura lieu cette enquête publique et indépendante sur la gestion de la forêt? Ensuite, il faudra faire les changements de cap qui s'imposent.
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