Lettres: «Lucides» contre «solidaires»
Jeanne-Mance St-Louis - Gatineau, le 11 avril 2008
15 avril 2008
Le rapport Montmarquette n'est pas sitôt paru que, déjà, il suscite la controverse. C'est qu'il oppose deux façons de penser, deux groupes de citoyens, bref les lucides et les solidaires. Pour les premiers, il s'agit de mieux gérer la consommation, d'éviter le gaspillage, d'économiser nos richesses. Pour les seconds, c'est priver le pauvre, glorifier la capitalisme sauvage, c'est refuser de partager. Comme si tout était noir ou blanc, sans nuances. La suspicion manifestée envers les auteurs du rapport n'est pas nouvelle. C'est si facile de leur prêter toutes sortes d'intentions.
Au Québec, on aime bien nier certaines réalités. On aime attribuer à la richesse tous les vices possibles: avarice, égoïsme, étroitesse d'esprit. La richesse est un danger public. On préfère se mettre la tête dans le sable plutôt que de prêter l'oreille à ceux qui parlent d'économie et qui essaient d'éclairer notre lanterne. On n'aime pas trop s'entendre dire qu'à peine la moitié de la population paie des impôts et que moins de 2 % des Québécois sont riches. Diminuer ou acquitter la dette nationale? Quelle idée saugrenue! Dans notre province, c'est une gloire d'être différent. De prendre ses distances envers ces méchants capitalistes de l'Alberta ou d'ailleurs qui osent faire fructifier leurs richesses naturelles. C'est tellement mieux de vivre au-dessus de ses moyens... C'est la mentalité du fameux «voyager maintenant, payer plus tard». Quel avenir nous préparons-nous avec une telle mentalité?
Au Québec, on aime bien nier certaines réalités. On aime attribuer à la richesse tous les vices possibles: avarice, égoïsme, étroitesse d'esprit. La richesse est un danger public. On préfère se mettre la tête dans le sable plutôt que de prêter l'oreille à ceux qui parlent d'économie et qui essaient d'éclairer notre lanterne. On n'aime pas trop s'entendre dire qu'à peine la moitié de la population paie des impôts et que moins de 2 % des Québécois sont riches. Diminuer ou acquitter la dette nationale? Quelle idée saugrenue! Dans notre province, c'est une gloire d'être différent. De prendre ses distances envers ces méchants capitalistes de l'Alberta ou d'ailleurs qui osent faire fructifier leurs richesses naturelles. C'est tellement mieux de vivre au-dessus de ses moyens... C'est la mentalité du fameux «voyager maintenant, payer plus tard». Quel avenir nous préparons-nous avec une telle mentalité?
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