Libre-Opinion: À la rescousse des « promofiteurs »
Simon C. Tétreault - Étudiant au baccalauréat en biologie à l'Université du Québec à Rimouski
11 avril 2008
Le gouvernement du Québec a récemment pris plusieurs décisions douteuses dans des dossiers environnementaux d'importance comme le mont Orford et le projet Rabaska. Il appert dans ces dossiers que le développement économique du Québec passe bien avant la protection de l'environnement, qui ne fait tout simplement pas le poids par rapport aux millions que fait miroiter leur réalisation. Le projet Rabaska se base tout particulièrement sur un puissant argument économique afin de justifier une profonde altération de l'environnement.
Qu'en est-il cependant lorsque la dégradation de l'environnement comporte des risques pour la société? C'est face à ce dilemme que le gouvernement du Québec a récemment choisi de placer les Québécois lorsqu'il a tenté d'imposer son projet d'aménagement d'un port méthanier dans la région de Lévis. Ce projet comporte cependant plusieurs failles, d'un point de vue économique, social et environnemental, qui permettent de remettre en question sa réalisation même.
Les principaux «promofiteurs» du projet, dont fait partie le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, font valoir une injection directe de 444 millions de dollars dans la région en trois ans ainsi que la création de 70 emplois permanents. Il serait aussi question d'un ajout de 57 millions de dollars par année découlant des activités du port méthanier et d'une diversification de l'approvisionnement énergétique du Québec, qui permettrait entre autres d'écouler une bonne partie de la production de gaz vers l'Ontario et les États de la côte Est des États-Unis.
La viabilité économique d'un tel projet n'est donc plus à démontrer, bien que la légitimité de ses fondements et les motivations réelles du gouvernement puissent être mises en doute. Il faut comprendre que le Québec n'a pas besoin de cette source additionnelle d'énergie. En effet, les sources actuelles répondent déjà amplement à la demande en fonction d'un approvisionnement provenant de l'Ouest canadien et de l'entrée en fonction prochaine de deux ports méthaniers au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
Et dans tout cela, qu'en est-il du développement durable prôné par le ministère? La promotion du projet Rabaska par ce ministère n'est-elle pas complètement à l'opposé de sa mission, qui devrait s'appuyer sur une vision à long terme tout en tenant compte du caractère indissociable des dimensions environnementales, sociales et économiques des activités de développement? Pourtant, il semblerait que les dimensions sociales et environnementales, qui devraient normalement peser lourd dans l'évaluation des impacts du projet, soient largement négligées!
Des risques inacceptables
Plusieurs facteurs contribuent à l'inadmissibilité sociale du projet Rabaska. En fait, la proximité de la population et l'établissement d'un faible périmètre de sécurité (2,5 kilomètres, comparativement à sept kilomètres en France!) font en sorte que les risques associés à de telles installations sont trop élevés pour la population locale. On peut ajouter à cela l'expropriation de citoyens (402 résidences), la perte de terres agricoles et la perturbation d'un paysage à grande valeur touristique lié à l'île d'Orléans.
En outre, les gens de la région concernée se sont déjà prononcés à 78 % contre la réalisation du projet Rabaska, sans que celui-ci soit aboli pour autant! C'est à se demander si le ministère du Développement durable est vraiment «un ministère à votre écoute qui travaille pour vous et avec vous». Il est contraire à la raison de forcer des gens à s'exposer de la sorte à des risques qu'ils jugent inacceptables, et tout cela afin de favoriser le développement économique.
Une réalité dégradante
La raison d'être du projet ne peut justifier à elle seule les dommages que sa réalisation entraînerait sur l'environnement. Les impacts des travaux de construction, notamment l'aménagement d'une jetée de 500 mètres, le détournement d'un ruisseau et les importantes opérations de dragage requises dans le fleuve Saint-Laurent, constitueraient une menace pour le milieu aquatique régional. D'ailleurs, ce milieu abrite entre autres un important site d'alimentation pour les juvéniles d'éperlan arc-en-ciel, une espèce désignée vulnérable par le MRNF en 2005.
Il faut aussi tenir compte des nombreux risques liés au passage des multiples navires-citernes (60 par année) dans cette voie navigable extrêmement périlleuse en raison de la présence de hauts fonds, de récifs et du prolongement des battures du Saint-Laurent (ministère de l'Environnement du Québec, 2004). Malgré les différents travaux effectués au cours des dernières années, la navigation demeure difficile sur le fleuve Saint-Laurent, et la présence accrue de navires-citernes remplis de gaz naturel dans ces eaux n'a rien de bien rassurant.
Nous ne croyons pas que le Québec soit prêt à accepter les coûts sociaux et environnementaux relatifs à la réalisation d'un projet dont les retombées économiques serviraient davantage les intérêts étrangers, notamment les sociétés Gaz de France et Enbridge ainsi que les États de la côte Est des États-Unis. Rappelons-le, les besoins en méthane sont actuellement amplement comblés par les sources provenant de l'Ouest canadien, sans oublier que deux autres ports méthaniers seront créés sous peu au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
De plus, les risques et les coûts qu'occasionnerait un tel projet pour la société, soit l'expropriation de plus de 400 résidences, la perte de terres agricoles et la mise en place d'un périmètre de sécurité beaucoup trop petit, sont inacceptables.
Finalement, la réalisation du projet Rabaska aurait des conséquences plus que désastreuses sur l'environnement et aurait aussi pour effet d'accroître les risques d'accident liés à l'accroissement de la circulation dans une voie navigable extrêmement difficile. C'est pourquoi les citoyens doivent signifier au gouvernement leur désaccord envers ce type de projet. On ne peut pas faire fi de l'environnement et aller de l'avant dans la réalisation du projet Rabaska.
Qu'en est-il cependant lorsque la dégradation de l'environnement comporte des risques pour la société? C'est face à ce dilemme que le gouvernement du Québec a récemment choisi de placer les Québécois lorsqu'il a tenté d'imposer son projet d'aménagement d'un port méthanier dans la région de Lévis. Ce projet comporte cependant plusieurs failles, d'un point de vue économique, social et environnemental, qui permettent de remettre en question sa réalisation même.
Les principaux «promofiteurs» du projet, dont fait partie le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, font valoir une injection directe de 444 millions de dollars dans la région en trois ans ainsi que la création de 70 emplois permanents. Il serait aussi question d'un ajout de 57 millions de dollars par année découlant des activités du port méthanier et d'une diversification de l'approvisionnement énergétique du Québec, qui permettrait entre autres d'écouler une bonne partie de la production de gaz vers l'Ontario et les États de la côte Est des États-Unis.
La viabilité économique d'un tel projet n'est donc plus à démontrer, bien que la légitimité de ses fondements et les motivations réelles du gouvernement puissent être mises en doute. Il faut comprendre que le Québec n'a pas besoin de cette source additionnelle d'énergie. En effet, les sources actuelles répondent déjà amplement à la demande en fonction d'un approvisionnement provenant de l'Ouest canadien et de l'entrée en fonction prochaine de deux ports méthaniers au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
Et dans tout cela, qu'en est-il du développement durable prôné par le ministère? La promotion du projet Rabaska par ce ministère n'est-elle pas complètement à l'opposé de sa mission, qui devrait s'appuyer sur une vision à long terme tout en tenant compte du caractère indissociable des dimensions environnementales, sociales et économiques des activités de développement? Pourtant, il semblerait que les dimensions sociales et environnementales, qui devraient normalement peser lourd dans l'évaluation des impacts du projet, soient largement négligées!
Des risques inacceptables
Plusieurs facteurs contribuent à l'inadmissibilité sociale du projet Rabaska. En fait, la proximité de la population et l'établissement d'un faible périmètre de sécurité (2,5 kilomètres, comparativement à sept kilomètres en France!) font en sorte que les risques associés à de telles installations sont trop élevés pour la population locale. On peut ajouter à cela l'expropriation de citoyens (402 résidences), la perte de terres agricoles et la perturbation d'un paysage à grande valeur touristique lié à l'île d'Orléans.
En outre, les gens de la région concernée se sont déjà prononcés à 78 % contre la réalisation du projet Rabaska, sans que celui-ci soit aboli pour autant! C'est à se demander si le ministère du Développement durable est vraiment «un ministère à votre écoute qui travaille pour vous et avec vous». Il est contraire à la raison de forcer des gens à s'exposer de la sorte à des risques qu'ils jugent inacceptables, et tout cela afin de favoriser le développement économique.
Une réalité dégradante
La raison d'être du projet ne peut justifier à elle seule les dommages que sa réalisation entraînerait sur l'environnement. Les impacts des travaux de construction, notamment l'aménagement d'une jetée de 500 mètres, le détournement d'un ruisseau et les importantes opérations de dragage requises dans le fleuve Saint-Laurent, constitueraient une menace pour le milieu aquatique régional. D'ailleurs, ce milieu abrite entre autres un important site d'alimentation pour les juvéniles d'éperlan arc-en-ciel, une espèce désignée vulnérable par le MRNF en 2005.
Il faut aussi tenir compte des nombreux risques liés au passage des multiples navires-citernes (60 par année) dans cette voie navigable extrêmement périlleuse en raison de la présence de hauts fonds, de récifs et du prolongement des battures du Saint-Laurent (ministère de l'Environnement du Québec, 2004). Malgré les différents travaux effectués au cours des dernières années, la navigation demeure difficile sur le fleuve Saint-Laurent, et la présence accrue de navires-citernes remplis de gaz naturel dans ces eaux n'a rien de bien rassurant.
Nous ne croyons pas que le Québec soit prêt à accepter les coûts sociaux et environnementaux relatifs à la réalisation d'un projet dont les retombées économiques serviraient davantage les intérêts étrangers, notamment les sociétés Gaz de France et Enbridge ainsi que les États de la côte Est des États-Unis. Rappelons-le, les besoins en méthane sont actuellement amplement comblés par les sources provenant de l'Ouest canadien, sans oublier que deux autres ports méthaniers seront créés sous peu au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
De plus, les risques et les coûts qu'occasionnerait un tel projet pour la société, soit l'expropriation de plus de 400 résidences, la perte de terres agricoles et la mise en place d'un périmètre de sécurité beaucoup trop petit, sont inacceptables.
Finalement, la réalisation du projet Rabaska aurait des conséquences plus que désastreuses sur l'environnement et aurait aussi pour effet d'accroître les risques d'accident liés à l'accroissement de la circulation dans une voie navigable extrêmement difficile. C'est pourquoi les citoyens doivent signifier au gouvernement leur désaccord envers ce type de projet. On ne peut pas faire fi de l'environnement et aller de l'avant dans la réalisation du projet Rabaska.
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