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Lettres: Des précisions sur le choix des évêques

Pierre Gaudette - Secrétaire général de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec. Le 2 avril 2008  4 avril 2008 
Dans la page Idées du Devoir du 31 mars («Sortir de la brume, avancer dans la clarté»), Louis O'Neill commentait la récente prise de position de l'Assemblée des évêques du Québec au sujet du programme d'éthique et de culture religieuse. Sans relever tous les points qui demanderaient des précisions, il est important de faire deux mises au point.

M. O'Neill affirme que la Constitution canadienne «garantissait la confessionnalité des établissements scolaires» avant l'amendement constitutionnel de 1997. Pour plus d'exactitude, il est préférable de se référer à l'avis de la Cour suprême elle-même qui, en 1993, déclarait ceci: «Au Québec, les droits et privilèges relatifs aux écoles confessionnelles à la date de la Confédération sont les suivants: dans les zones rurales, les minorités religieuses ont seulement droit à des écoles confessionnelles par le biais de la dissidence; dans les deux grandes villes, Montréal et Québec, catholiques et protestants ont également droit à des écoles confessionnelles. Ainsi, dans les zones "rurales", la majorité religieuse n'a droit à aucune protection constitutionnelle.» (Renvoi relatif à la Loi sur l'instruction publique (Québec), [1993] 2 R.C.S. 511.)

Par ailleurs, M. O'Neill présente «le cours d'enseignement religieux en vigueur jusqu'ici» comme relevant de la responsabilité des évêques et de leur approbation. Ceci est erroné. De 1964 à 2000, les programmes du cours d'enseignement religieux catholique étaient élaborés par la Direction de l'enseignement catholique du ministère de l'Éducation et approuvés par le comité catholique du Conseil supérieur de l'éducation, organisme d'État où siégeait un évêque comme membre d'office. Depuis l'an 2000, les évêques n'ont aucun privilège «d'approbation»: ils sont tout simplement consultés.

On ne saurait trop recommander aux personnes qui souhaitent se faire une opinion personnelle de se référer au texte même de la Déclaration des évêques et de la lettre qu'ils ont adressée à la ministre de l'Éducation, du Loisirs et du Sport, textes disponibles en français et en anglais sur le site Web de l'AECQ (www.eveques.qc.ca). Pour un aperçu des difficultés concrètes qui ont conduit à la situation actuelle et qui font mieux comprendre les choix des évêques, on se reportera au document intitulé L'école catholique au Québec (8 novembre 2007) dans la section «Documents» du même site.
 
 
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