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Lettres: De la main-d'oeuvre bon marché

Yves Chartrand - Montréal, le 20 mars 2008  27 mars 2008 
Jean Charest, accompagné notamment des représentants du Conseil du patronat et de la CSN, était tout fier d'annoncer le lancement du Pacte pour l'emploi. Si on peut être favorable à l'acquisition de compétences professionnelles par la formation pour les travailleurs québécois, il est impossible de passer sous silence la remise au travail de 52 000 assistés sociaux dits aptes au travail.

Ceux-ci, après avoir touché 200 $ de plus en prestations (120 $ actuellement) pendant leur participation à un programme d'employabilité, continueront de toucher cette somme pendant un an, somme ajoutée à leur salaire. Après un an, s'ils n'ont pas acquis de compétences professionnelles leur permettant d'accéder à un emploi de qualité et bien rémunéré, ils se retrouveront encore une fois dans une situation financière précaire et demandeurs de chômage, puis d'aide sociale.

Le ministre Sam Hamad était d'ailleurs tout fier de déclarer à la radio de Radio-Canada qu'un assisté social qui travaillerait au salaire minimum avec la somme de 200 $ par mois aurait un revenu total de 17 000 $ par an. Une fois l'impôt prélevé, j'aimerais bien voir comment M. Hamad pourrait vivre avec un tel revenu annuel. Il était également fier de dire que le salaire minimum passera à 8,50 $ l'heure le 1er mai prochain, comme si on pouvait vivre avec un tel salaire compte tenu de l'augmentation constante du coût de la vie. [...]

En plus d'avoir un effet pernicieux, le Pacte pour l'emploi étant financé à 60 % par le secteur privé, il s'agit donc d'une forme de PPP (partenariat public-privé) où le Conseil du patronat n'agit plus seulement comme lobby vis-à-vis des politiques gouvernementales mais maintenant comme un partenaire dans la mise en place de programmes. La prochaine étape est-elle la privatisation de l'État?
 
 
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