Lettres: Un chantier permanent
Camille Genest - Auteur du Guide de rédaction stratégique Le 18 mars 2008
21 mars 2008
Devant l'intention de certains d'enseigner au Québec non pas le français mais bien le «québécois», sorte de dialecte kiskose («qui se cause») composé d'erreurs grammaticales et orthographiques, Louise Beaudoin, dans sa chronique du 18 mars, déclare en conclusion: «Alors, à quoi bon? Il ne me reste plus qu'à entrer en résistance!»
En matière linguistique, je crois que le combat pour la qualité est un chantier permanent. S'il faut résister pour bien servir la victoire de la qualité de la langue française, la résistance devient du coup un noble métier.
La maîtrise de notre langue est cardinale. Une langue ne se réduit pas à un simple code. Elle est plutôt une manière d'appréhender la réalité, de la saisir, de l'exprimer. Notre langue est le véhicule de notre pensée, de notre culture. On dit que la langue d'un peuple représente une partie de son âme, que notre langue constitue un puissant instrument de réflexion et d'analyse.
Le Yijing (livre tibétain des mutations) enseigne que c'est la culture qui produit le changement. Or la langue véhicule et alimente la culture. Une culture commune, forte, sentie et partagée: voilà la clé de toute révolution de la pensée. L'émergence d'une telle culture nécessite un leadership dynamique, lequel agit non par imposition mais par contamination. Pour rester vivante, une culture et la langue qui la nourrit doivent intégrer sagement les évolutions, non seulement avec adaptabilité mais aussi avec rigueur quant à l'exigence de qualité.
Pourquoi la résistance linguistique ne favoriserait-elle pas le développement d'une francophonie populaire, parallèle aux institutions officielles, composée d'organismes et d'individus passionnés de la langue française, de sa qualité et de la richesse culturelle qu'elle induit?
En matière linguistique, je crois que le combat pour la qualité est un chantier permanent. S'il faut résister pour bien servir la victoire de la qualité de la langue française, la résistance devient du coup un noble métier.
La maîtrise de notre langue est cardinale. Une langue ne se réduit pas à un simple code. Elle est plutôt une manière d'appréhender la réalité, de la saisir, de l'exprimer. Notre langue est le véhicule de notre pensée, de notre culture. On dit que la langue d'un peuple représente une partie de son âme, que notre langue constitue un puissant instrument de réflexion et d'analyse.
Le Yijing (livre tibétain des mutations) enseigne que c'est la culture qui produit le changement. Or la langue véhicule et alimente la culture. Une culture commune, forte, sentie et partagée: voilà la clé de toute révolution de la pensée. L'émergence d'une telle culture nécessite un leadership dynamique, lequel agit non par imposition mais par contamination. Pour rester vivante, une culture et la langue qui la nourrit doivent intégrer sagement les évolutions, non seulement avec adaptabilité mais aussi avec rigueur quant à l'exigence de qualité.
Pourquoi la résistance linguistique ne favoriserait-elle pas le développement d'une francophonie populaire, parallèle aux institutions officielles, composée d'organismes et d'individus passionnés de la langue française, de sa qualité et de la richesse culturelle qu'elle induit?
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