Lettres: Le confort et la suffisance
Claude Dostie - Sherbrooke, le 17 mars 2008
20 mars 2008
Le salaire de Jean Charest fait beaucoup jaser ces temps-ci. Le premier ministre du Québec gagne un quart de million de dollars par année pour les services rendus à la nation. Les gagne-petits (rappelons qu'ils sont nombreux) sont plus ou moins outrés et sont certainement plus cyniques envers la politique quand ils apprennent (en même temps que les membres de l'ADQ) que Mario Dumont doit aussi recevoir «compensation» pour son dur labeur.
Or les éditorialistes ont accouru de toute part pour nous sermonner. Attendez, nos politiciens ne gagnent peut-être pas un salaire assez élevé, nous disent-ils. Certes, il est probablement normal, pour, disons, les élites, de tenter de contrer le cynisme de la population en voulant valoriser la plus haute fonction du pays. Même s'ils s'entendent pour dénoncer le secret entourant la rémunération supplémentaire du premier ministre, ils tiennent quand même à noter qu'il ne gagne pas trop, loin de là. Après tout, regardez tous ces joueurs de hockey, ces présidents d'entreprises privées ou publiques: ne font-ils pas un travail moins important que celui de notre premier ministre? [...]
Parce qu'il ne faut pas, ajoutent les éditorialistes, oublier cette vérité indéniable: on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. En effet, les gens de qualité seraient attirés par l'argent. Après tout, Jean Charest aurait pu devenir un riche plaideur à Sherbrooke. Pourquoi un professeur d'université quitterait-il son poste pour un maigre salaire de premier ministre? Saku Koivu n'accepterait probablement jamais le poste de gouverneur général, et pourrait-on l'en blâmer? Tout cela, semble-t-il, relève de l'évidence.
Sauf qu'on oublie que la première raison pour laquelle les gens se lancent en politique est la soif de pouvoir ou ce que certains appellent la volonté de changer les choses. Il s'agit donc de savoir si Jean Charest fait un si grand sacrifice en «acceptant» d'être premier ministre, lui qui a toujours voulu le devenir... préférablement du Canada, mais bon. [...]
Or les éditorialistes ont accouru de toute part pour nous sermonner. Attendez, nos politiciens ne gagnent peut-être pas un salaire assez élevé, nous disent-ils. Certes, il est probablement normal, pour, disons, les élites, de tenter de contrer le cynisme de la population en voulant valoriser la plus haute fonction du pays. Même s'ils s'entendent pour dénoncer le secret entourant la rémunération supplémentaire du premier ministre, ils tiennent quand même à noter qu'il ne gagne pas trop, loin de là. Après tout, regardez tous ces joueurs de hockey, ces présidents d'entreprises privées ou publiques: ne font-ils pas un travail moins important que celui de notre premier ministre? [...]
Parce qu'il ne faut pas, ajoutent les éditorialistes, oublier cette vérité indéniable: on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. En effet, les gens de qualité seraient attirés par l'argent. Après tout, Jean Charest aurait pu devenir un riche plaideur à Sherbrooke. Pourquoi un professeur d'université quitterait-il son poste pour un maigre salaire de premier ministre? Saku Koivu n'accepterait probablement jamais le poste de gouverneur général, et pourrait-on l'en blâmer? Tout cela, semble-t-il, relève de l'évidence.
Sauf qu'on oublie que la première raison pour laquelle les gens se lancent en politique est la soif de pouvoir ou ce que certains appellent la volonté de changer les choses. Il s'agit donc de savoir si Jean Charest fait un si grand sacrifice en «acceptant» d'être premier ministre, lui qui a toujours voulu le devenir... préférablement du Canada, mais bon. [...]
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