Lettres: Indigne de sa rémunération ?
Bertrand Desjardins - Chercheur agrégé, département de démographie, Université de Montréal. Le 8 mars 2008
11 mars 2008
À la lecture du texte de Guy Laperrière selon lequel les professeurs d'université gagnent trop (Le Devoir, «Idées», 7 mars), mon enfance et mes années au collège classique me sont immédiatement revenues en mémoire. En effet, je ne peux m'empêcher d'attribuer à notre bon vieux fond judéo-chrétien cette propension qui me semble toute canadienne-française à se sentir indigne d'être rémunéré au niveau qui est consenti.
Vouloir, avoir, penser à l'argent est une tare; l'image de Séraphin Poudrier n'est jamais loin chez nous. Inutile de commenter l'argumentation de mon collègue qui associe allègrement le chargé de cours, le professeur au collégial, l'enseignant au secondaire et le professeur d'université pour conclure qu'«un minimum de sentiment d'équité sociale pousserait à un équilibre tout autre des salaires» entre ces personnes si manifestement équivalentes du point de vue de la formation et des tâches.
Je retiens plutôt sa décision qui l'a rendu si heureux: «passer à demi-temps, coupant ainsi son salaire de moitié, ce qui a permis d'engager un jeune professeur». J'avais été fort agacé lors de «la grève héroïque» (dixit M. Laperrière), de l'automne 2005 à l'Université de Montréal, d'entendre certains collègues réprouver haut et fort la recherche d'un rattrapage salarial tout en encaissant en toute sérénité les gains obtenus par les efforts des autres. Je comprends que M. Laperrière continue à travailler à plein temps pour son mi-salaire, sinon pourquoi y aurait-il matière à pavoiser? Nul doute que son confesseur l'en a félicité, en attendant le Confesseur suprême qui fera sûrement de même. Quelques indulgences avec ça?
Vouloir, avoir, penser à l'argent est une tare; l'image de Séraphin Poudrier n'est jamais loin chez nous. Inutile de commenter l'argumentation de mon collègue qui associe allègrement le chargé de cours, le professeur au collégial, l'enseignant au secondaire et le professeur d'université pour conclure qu'«un minimum de sentiment d'équité sociale pousserait à un équilibre tout autre des salaires» entre ces personnes si manifestement équivalentes du point de vue de la formation et des tâches.
Je retiens plutôt sa décision qui l'a rendu si heureux: «passer à demi-temps, coupant ainsi son salaire de moitié, ce qui a permis d'engager un jeune professeur». J'avais été fort agacé lors de «la grève héroïque» (dixit M. Laperrière), de l'automne 2005 à l'Université de Montréal, d'entendre certains collègues réprouver haut et fort la recherche d'un rattrapage salarial tout en encaissant en toute sérénité les gains obtenus par les efforts des autres. Je comprends que M. Laperrière continue à travailler à plein temps pour son mi-salaire, sinon pourquoi y aurait-il matière à pavoiser? Nul doute que son confesseur l'en a félicité, en attendant le Confesseur suprême qui fera sûrement de même. Quelques indulgences avec ça?
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