Éducation - Pour un plan d'action en faveur des bibliothèques scolaires en 2003
Jocelyne Dion - Présidente de l'Association pour la promotion des services documentaires scolaires
10 janvier 2003
Les résultats de la dernière enquête menée par la Direction des ressources didactiques du ministère de l'Éducation dans une trentaine de bibliothèques scolaires, résultats dévoilés à la une du journal Le Devoir puis dans La Presse, révèlent sans équivoque l'état catastrophique dans lequel celles-ci sont maintenues. L'Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS) connaît la situation depuis longtemps et est intervenue à maintes reprises auprès des différents ministres pour la dénoncer et proposer des pistes de solution.
Bref, depuis la parution du rapport Bouchard en 1989, suivi du rapport statistique de 1998 publié dans le cadre de la Politique de la lecture et du livre, cette dernière enquête, gardée confidentielle, vient confirmer la dégradation continue et accentuée des ressources, et ce, à tous les niveaux: des collections à «revamper», une pénurie de personnel qualifié, surchargé, qui, trop souvent, travaille avec de l'équipement presque désuet — on y trouve encore des ordinateurs 486, des imprimantes à bretelles de première génération —, des budgets anémiques dans un contexte d'offre foisonnante d'une richesse indéniable, des locaux qui s'apparentent parfois, au primaire surtout, à des dépôts où les enfants n'ont pas l'espace requis pour bouquiner à leur aise ou pour travailler.
Pourquoi les budgets spéciaux consacrés aux bibliothèques scolaires dans le cadre de la Politique de la lecture et du livre n'ont-ils pas donné les résultats escomptés? J'ai eu l'occasion de constater, lors d'une tournée de formation en province, le manque de connaissance, chez les gens du milieu, des programmes disponibles. En fait, l'information semble avoir peu circulé, comme si elle avait été occultée...
De toute évidence, une grande proportion de nos bibliothèques scolaires, tant primaires que secondaires, ne peut répondre à la double mission de soutien à l'enseignement et à la formation fondamentale de l'élève. De plus, le nouveau programme de formation de l'école québécoise, même s'il en fait peu mention, suppose de façon implicite la fréquentation régulière et intensive de la bibliothèque et de ses ressources. Aujourd'hui, plus que jamais, il est temps d'agir. Voilà pourquoi nous osons proposer au ministre Sylvain Simard onzes raisons pour investir là où le besoin est criant.
1- Trop souvent, l'école est le lieu de la première rencontre avec le livre
Pour plusieurs enfants, l'école constitue souvent le premier lieu de véritable découverte du livre. Plusieurs d'entre eux, encore aujourd'hui et pour toutes sortes de raisons, n'ont pas de livres à la maison et ne fréquentent pas la bibliothèque municipale avec leurs parents. Dans ce domaine, tous les enfants ne naissent pas égaux. C'est à l'école que les enfants apprennent à lire. Or, constate-t-on, cet apprentissage de la lecture est réussi quand les enfants trouvent du plaisir dans cette activité. Pour les aider à aimer lire, il faut donc leur proposer des livres, beaucoup de livres. La Politique de la lecture et du livre a beaucoup mis l'accent sur l'éveil à la lecture et à l'écriture chez les tout-petits de la garderie. Pourquoi s'arrêter là? L'école ne devrait-elle pas prendre la relève et intensifier les efforts pour former des lecteurs à vie?
2- Un accès égal à chacun
La bibliothèque ne discrimine pas les élèves. Les garçons, contrairement à certaines croyances, la fréquentent autant que les filles. Cela se remarque à l'heure du dîner, où ils constituent souvent la majorité des lecteurs. La bibliothèque accueille tous les élèves, peu importe leur degré d'intelligence et leur milieu de provenance et d'appartenance. Un élève lecteur ne porte pas d'étiquette «adaptation scolaire», «mésadapté socioaffectif» ou «surdoué»!
3- Diversité et accessibilité
C'est là un des dix secrets révélés par Dominique Demers «pour aider les jeunes à découvrir le bonheur de lire et à s'épanouir comme lecteurs». À la bibliothèque, la diversité se joue à tous les niveaux, pour répondre aux besoins et aux intérêts des jeunes et aux attentes des disciplines à l'étude du programme: oeuvres de fiction et ouvrages documentaires, de l'imprimé à l'électronique, sur place et à distance. Une grande variété de titres et de supports éveille et entretient la curiosité des lecteurs potentiels, et ce, pendant leurs moments de disponibilité. Ainsi, la bibliothèque livre son produit «juste à temps».
4- La découverte du patrimoine mondial
La réforme du cursus avait pour objectif le rehaussement culturel des programmes d'études. Cette volonté d'ouverture se manifeste à travers les repères culturels intégrés à chacune des disciplines du programme de formation: apprécier des oeuvres littéraires, comprendre la mathématique en revisitant l'histoire, situer les découvertes scientifiques dans leur contexte historique, découvrir des pays étrangers à travers le patrimoine, voyager dans l'histoire par la découverte des personnages marquants d'une époque. Voilà quelques exemples d'itinéraires auxquels les élèves sont conviés. Dépositaire du patrimoine d'ici et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui, la bibliothèque est le centre culturel de l'école.
5- L'ouverture sur le monde
La bibliothèque contribue aussi à la socialisation des jeunes, une des trois missions de l'école. Elle leur permet d'entrer en contact avec des idées et des opinions diverses et, ainsi, de forger leur esprit critique pour en faire des citoyens réfléchis et responsables et les faire participer activement à la vie démocratique de nos sociétés. La promotion de la liberté intellectuelle, à la base de nos valeurs démocratiques, est un des objectifs de toute bibliothèque.
6- La convergence des disciplines
L'utilisation de ressources documentaires variées permet aussi aux élèves de faire des liens entre les matières au programme et favorise ainsi l'intégration de leurs connaissances. Les élèves sont alors engagés dans un processus de construction de sens. La bibliothèque fournit donc aux enseignants la matière première, en complément du manuel scolaire, qui leur permet d'élaborer des activités pédagogiques à caractère multidisciplinaire.
7- L'apprentissage des médias
Les médias sont omniprésents dans notre société. Ils détiennent un pouvoir d'influence important sur l'évolution des sociétés, parfois positif, parfois négatif. Chaque média utilise aussi un langage qui lui est sien pour communiquer. C'est pourquoi le nouveau programme de formation vient combler une lacune importante et impose dorénavant l'éducation aux médias et par les médias comme domaine général de formation. La bibliothèque, centre de ressources, est un lieu d'alphabétisation aux médias.
8- Apprendre à s'informer
Aujourd'hui, il ne suffit plus de savoir lire, écrire et compter. Il faut aussi savoir s'informer, c'est-à-dire apprendre à utiliser les différents systèmes d'accès à l'information: la classification Dewey, le catalogue informatisé, les banques de données, les multiples moteurs de recherche sur Internet... Un des plus grands défis auxquels nous devons faire face aujourd'hui est de savoir organiser l'information en savoir structuré. L'apprentissage de cette compétence est prévue au programme de formation; la bibliothèque devient alors un outil essentiel pour permettre aux élèves d'apprendre à utiliser l'information avec efficacité dans leurs études, une formation de base essentielle à leur vie professionnelle et comme citoyen.
9- Des méthodes de travail efficaces
De plus en plus de jeunes éprouvent de grandes difficultés dans leurs études au collège et à l'université. Or un étudiant des niveaux supérieurs doit nécessairement consacrer beaucoup de temps à la lecture et à l'étude. Certains décrochent parce qu'ils sont incapables de se concentrer et de s'organiser avec efficacité et ne trouvent pas de sens à leurs lectures; ils sont des analphabètes fonctionnels. Pour développer des habiletés de lecture durables, il faut lire beaucoup, régulièrement, et lire différents types de textes.
10- En route vers l'autonomie
La bibliothèque, dirions-nous, est l'université des universités. Gratuite, elle n'impose pas d'examens d'entrée, elle n'évalue pas la performance de ceux qui la fréquentent, elle ne décerne pas de diplômes non plus... Elle est un passeport vers la formation continue. D'où la nécessité d'apprendre à s'y repérer, et ce, dès le primaire.
11- Vers la réussite des élèves
Des recherches menées dans six États américains (Alaska, Pennsylvanie et Colorado en 2000, Oregon et Iowa en 2001, Nouveau-Mexique en 2002) démontrent sans équivoque l'impact positif de la fréquentation régulière des bibliothèques scolaires sur les résultats des élèves aux tests standardisés de lecture. Les bibliothèques des écoles qui se démarquent offrent des collections actualisées — imprimées et électroniques —, disposent de budgets suffisants et, surtout, sont animées par un personnel en nombre adéquat, professionnels et autres. Alors qu'aux États-Unis, la moyenne nationale des bibliothécaires scolaires certifiés est de un pour 953 élèves (il y a 6,5 bibliothécaires pour 3500 élèves à la Cherry Creek High School, au Colorado), les réseaux public et privé québécois comptaient en 2000, selon une enquête menée par l'APSDS, un bibliothécaire pour plus de 25 000 élèves du primaire et un bibliothécaire pour plus de 6500 élèves du secondaire.
L'UNESCO a approuvé en novembre 1999 le Manifeste de la bibliothèque scolaire, qui incite «les décideurs aux niveaux national et local et la communauté des bibliothécaires partout dans le monde à mettre en oeuvre les principes de ce manifeste». Au ministre d'agir!
- Deglise, Fabien, «Les bibliothèques scolaires continuent de battre de l'aile - La Politique du livre ne semble pas avoir d'effet tangible, selon un rapport confidentiel du MEQ», Le Devoir, 18 décembre 2002, page A 1.
- Allard, Marie, «Les bibliothèques scolaires sont désuètes», La Presse, 19 décembre 2002, page E 3.
- Les lettres sont en ligne sur le site de l'APSDS à l'adresse URL http://www.rtsq.qc.ca/apsds/
ecrits/ecrits.htm.
- Québec, Comité d'étude sur les bibliothèques scolaires, 1989, Les bibliothèques scolaires québécoises - Plus que jamais... rapport, Québec, ministère de l'Éducation, XXIII, 216 pages.
- Québec, ministère de la Culture et des Communications, 1998, Rapport statistique. Rapport auprès des bibliothèques scolaires du Québec. Analyse descriptive. Québec, Le Ministère, VIII, 39 pages.
- Voir à ce sujet des tableaux de la situation sur le site de l'APSDS, à l'adresse URL http://www.
rtsq.qc.ca/apsds/ecrits/public/enquete/presenta.html.
- Demers, Dominique, «Dix secrets - Il faut tout faire pour aider les jeunes à découvrir le bonheur de lire et à s'épanouir comme lecteurs», La Presse, 9 novembre 2002, page A 19.
- The White House Conference on School Libraries: Proceedings, 4 juin 2002, Washington, D.C.: Institute of Museum and Library Services, pages 32 et 48. Aussi en ligne à l'adresse URL http://www.imls.gov/
pubs/whitehouse0602/whitehouse.htm.
- Des données complètes sont disponibles en ligne à l'adresse URL http://www.rtsq.qc.ca/apsds/
ecrits/public/enquete/presenta.html.
- UNESCO-IFLA, 2000, Manifeste de la bibliothèque scolaire, La Haye, IFLA, en ligne à l'adresse URL http://www.ifla.org/VII/s11/pubs/mani-f.htm.
Bref, depuis la parution du rapport Bouchard en 1989, suivi du rapport statistique de 1998 publié dans le cadre de la Politique de la lecture et du livre, cette dernière enquête, gardée confidentielle, vient confirmer la dégradation continue et accentuée des ressources, et ce, à tous les niveaux: des collections à «revamper», une pénurie de personnel qualifié, surchargé, qui, trop souvent, travaille avec de l'équipement presque désuet — on y trouve encore des ordinateurs 486, des imprimantes à bretelles de première génération —, des budgets anémiques dans un contexte d'offre foisonnante d'une richesse indéniable, des locaux qui s'apparentent parfois, au primaire surtout, à des dépôts où les enfants n'ont pas l'espace requis pour bouquiner à leur aise ou pour travailler.
Pourquoi les budgets spéciaux consacrés aux bibliothèques scolaires dans le cadre de la Politique de la lecture et du livre n'ont-ils pas donné les résultats escomptés? J'ai eu l'occasion de constater, lors d'une tournée de formation en province, le manque de connaissance, chez les gens du milieu, des programmes disponibles. En fait, l'information semble avoir peu circulé, comme si elle avait été occultée...
De toute évidence, une grande proportion de nos bibliothèques scolaires, tant primaires que secondaires, ne peut répondre à la double mission de soutien à l'enseignement et à la formation fondamentale de l'élève. De plus, le nouveau programme de formation de l'école québécoise, même s'il en fait peu mention, suppose de façon implicite la fréquentation régulière et intensive de la bibliothèque et de ses ressources. Aujourd'hui, plus que jamais, il est temps d'agir. Voilà pourquoi nous osons proposer au ministre Sylvain Simard onzes raisons pour investir là où le besoin est criant.
1- Trop souvent, l'école est le lieu de la première rencontre avec le livre
Pour plusieurs enfants, l'école constitue souvent le premier lieu de véritable découverte du livre. Plusieurs d'entre eux, encore aujourd'hui et pour toutes sortes de raisons, n'ont pas de livres à la maison et ne fréquentent pas la bibliothèque municipale avec leurs parents. Dans ce domaine, tous les enfants ne naissent pas égaux. C'est à l'école que les enfants apprennent à lire. Or, constate-t-on, cet apprentissage de la lecture est réussi quand les enfants trouvent du plaisir dans cette activité. Pour les aider à aimer lire, il faut donc leur proposer des livres, beaucoup de livres. La Politique de la lecture et du livre a beaucoup mis l'accent sur l'éveil à la lecture et à l'écriture chez les tout-petits de la garderie. Pourquoi s'arrêter là? L'école ne devrait-elle pas prendre la relève et intensifier les efforts pour former des lecteurs à vie?
2- Un accès égal à chacun
La bibliothèque ne discrimine pas les élèves. Les garçons, contrairement à certaines croyances, la fréquentent autant que les filles. Cela se remarque à l'heure du dîner, où ils constituent souvent la majorité des lecteurs. La bibliothèque accueille tous les élèves, peu importe leur degré d'intelligence et leur milieu de provenance et d'appartenance. Un élève lecteur ne porte pas d'étiquette «adaptation scolaire», «mésadapté socioaffectif» ou «surdoué»!
3- Diversité et accessibilité
C'est là un des dix secrets révélés par Dominique Demers «pour aider les jeunes à découvrir le bonheur de lire et à s'épanouir comme lecteurs». À la bibliothèque, la diversité se joue à tous les niveaux, pour répondre aux besoins et aux intérêts des jeunes et aux attentes des disciplines à l'étude du programme: oeuvres de fiction et ouvrages documentaires, de l'imprimé à l'électronique, sur place et à distance. Une grande variété de titres et de supports éveille et entretient la curiosité des lecteurs potentiels, et ce, pendant leurs moments de disponibilité. Ainsi, la bibliothèque livre son produit «juste à temps».
4- La découverte du patrimoine mondial
La réforme du cursus avait pour objectif le rehaussement culturel des programmes d'études. Cette volonté d'ouverture se manifeste à travers les repères culturels intégrés à chacune des disciplines du programme de formation: apprécier des oeuvres littéraires, comprendre la mathématique en revisitant l'histoire, situer les découvertes scientifiques dans leur contexte historique, découvrir des pays étrangers à travers le patrimoine, voyager dans l'histoire par la découverte des personnages marquants d'une époque. Voilà quelques exemples d'itinéraires auxquels les élèves sont conviés. Dépositaire du patrimoine d'ici et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui, la bibliothèque est le centre culturel de l'école.
5- L'ouverture sur le monde
La bibliothèque contribue aussi à la socialisation des jeunes, une des trois missions de l'école. Elle leur permet d'entrer en contact avec des idées et des opinions diverses et, ainsi, de forger leur esprit critique pour en faire des citoyens réfléchis et responsables et les faire participer activement à la vie démocratique de nos sociétés. La promotion de la liberté intellectuelle, à la base de nos valeurs démocratiques, est un des objectifs de toute bibliothèque.
6- La convergence des disciplines
L'utilisation de ressources documentaires variées permet aussi aux élèves de faire des liens entre les matières au programme et favorise ainsi l'intégration de leurs connaissances. Les élèves sont alors engagés dans un processus de construction de sens. La bibliothèque fournit donc aux enseignants la matière première, en complément du manuel scolaire, qui leur permet d'élaborer des activités pédagogiques à caractère multidisciplinaire.
7- L'apprentissage des médias
Les médias sont omniprésents dans notre société. Ils détiennent un pouvoir d'influence important sur l'évolution des sociétés, parfois positif, parfois négatif. Chaque média utilise aussi un langage qui lui est sien pour communiquer. C'est pourquoi le nouveau programme de formation vient combler une lacune importante et impose dorénavant l'éducation aux médias et par les médias comme domaine général de formation. La bibliothèque, centre de ressources, est un lieu d'alphabétisation aux médias.
8- Apprendre à s'informer
Aujourd'hui, il ne suffit plus de savoir lire, écrire et compter. Il faut aussi savoir s'informer, c'est-à-dire apprendre à utiliser les différents systèmes d'accès à l'information: la classification Dewey, le catalogue informatisé, les banques de données, les multiples moteurs de recherche sur Internet... Un des plus grands défis auxquels nous devons faire face aujourd'hui est de savoir organiser l'information en savoir structuré. L'apprentissage de cette compétence est prévue au programme de formation; la bibliothèque devient alors un outil essentiel pour permettre aux élèves d'apprendre à utiliser l'information avec efficacité dans leurs études, une formation de base essentielle à leur vie professionnelle et comme citoyen.
9- Des méthodes de travail efficaces
De plus en plus de jeunes éprouvent de grandes difficultés dans leurs études au collège et à l'université. Or un étudiant des niveaux supérieurs doit nécessairement consacrer beaucoup de temps à la lecture et à l'étude. Certains décrochent parce qu'ils sont incapables de se concentrer et de s'organiser avec efficacité et ne trouvent pas de sens à leurs lectures; ils sont des analphabètes fonctionnels. Pour développer des habiletés de lecture durables, il faut lire beaucoup, régulièrement, et lire différents types de textes.
10- En route vers l'autonomie
La bibliothèque, dirions-nous, est l'université des universités. Gratuite, elle n'impose pas d'examens d'entrée, elle n'évalue pas la performance de ceux qui la fréquentent, elle ne décerne pas de diplômes non plus... Elle est un passeport vers la formation continue. D'où la nécessité d'apprendre à s'y repérer, et ce, dès le primaire.
11- Vers la réussite des élèves
Des recherches menées dans six États américains (Alaska, Pennsylvanie et Colorado en 2000, Oregon et Iowa en 2001, Nouveau-Mexique en 2002) démontrent sans équivoque l'impact positif de la fréquentation régulière des bibliothèques scolaires sur les résultats des élèves aux tests standardisés de lecture. Les bibliothèques des écoles qui se démarquent offrent des collections actualisées — imprimées et électroniques —, disposent de budgets suffisants et, surtout, sont animées par un personnel en nombre adéquat, professionnels et autres. Alors qu'aux États-Unis, la moyenne nationale des bibliothécaires scolaires certifiés est de un pour 953 élèves (il y a 6,5 bibliothécaires pour 3500 élèves à la Cherry Creek High School, au Colorado), les réseaux public et privé québécois comptaient en 2000, selon une enquête menée par l'APSDS, un bibliothécaire pour plus de 25 000 élèves du primaire et un bibliothécaire pour plus de 6500 élèves du secondaire.
L'UNESCO a approuvé en novembre 1999 le Manifeste de la bibliothèque scolaire, qui incite «les décideurs aux niveaux national et local et la communauté des bibliothécaires partout dans le monde à mettre en oeuvre les principes de ce manifeste». Au ministre d'agir!
- Deglise, Fabien, «Les bibliothèques scolaires continuent de battre de l'aile - La Politique du livre ne semble pas avoir d'effet tangible, selon un rapport confidentiel du MEQ», Le Devoir, 18 décembre 2002, page A 1.
- Allard, Marie, «Les bibliothèques scolaires sont désuètes», La Presse, 19 décembre 2002, page E 3.
- Les lettres sont en ligne sur le site de l'APSDS à l'adresse URL http://www.rtsq.qc.ca/apsds/
ecrits/ecrits.htm.
- Québec, Comité d'étude sur les bibliothèques scolaires, 1989, Les bibliothèques scolaires québécoises - Plus que jamais... rapport, Québec, ministère de l'Éducation, XXIII, 216 pages.
- Québec, ministère de la Culture et des Communications, 1998, Rapport statistique. Rapport auprès des bibliothèques scolaires du Québec. Analyse descriptive. Québec, Le Ministère, VIII, 39 pages.
- Voir à ce sujet des tableaux de la situation sur le site de l'APSDS, à l'adresse URL http://www.
rtsq.qc.ca/apsds/ecrits/public/enquete/presenta.html.
- Demers, Dominique, «Dix secrets - Il faut tout faire pour aider les jeunes à découvrir le bonheur de lire et à s'épanouir comme lecteurs», La Presse, 9 novembre 2002, page A 19.
- The White House Conference on School Libraries: Proceedings, 4 juin 2002, Washington, D.C.: Institute of Museum and Library Services, pages 32 et 48. Aussi en ligne à l'adresse URL http://www.imls.gov/
pubs/whitehouse0602/whitehouse.htm.
- Des données complètes sont disponibles en ligne à l'adresse URL http://www.rtsq.qc.ca/apsds/
ecrits/public/enquete/presenta.html.
- UNESCO-IFLA, 2000, Manifeste de la bibliothèque scolaire, La Haye, IFLA, en ligne à l'adresse URL http://www.ifla.org/VII/s11/pubs/mani-f.htm.
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