L'ONU espionne l'Irak, dit Hussein
L'administration Bush a conçu un plan d'occupation prolongée du pays
Reuters
7 janvier 2003
Photo : Agence Reuters
Un citoyen de Bagdad écoute à la télévision le discours du président Saddam Hussein prononcé hier à l’occasion du 82e anniversaire de l’armée irakienne. Hussein a accusé les inpecteurs de l’ONU de se livrer à un travail de renseignement.
Bagdad — Le président irakien a accusé hier les inspecteurs de l'ONU d'espionnage, ce que les Nations unies ont formellement démenti et ce que le président américain George W. Bush a qualifié d'attitude décourageante, au moment où Washington continue à envoyer des renforts militaires dans le Golfe.
Dans un discours prononcé à l'occasion du 82e anniversaire de l'armée irakienne, Saddam Hussein a affirmé que les experts de l'ONU, chargés d'établir si l'Irak possède ou non des armes de destruction massive, se livraient à un «pur travail de renseignement». Ils établissent selon lui «des listes de scientifiques irakiens» et posent «à des fonctionnaires des questions aux objectifs inavoués».
Interrogé sur ces accusations du président irakien, M. Bush a estimé que, associées «avec les déficiences de sa déclaration [sur les armes de destruction massive], c'est décourageant pour tous ceux qui veulent régler la question de manière pacifique».
Le porte-parole des inspecteurs en Irak, Hiro Ueki, les avait également auparavant formellement rejetées. Les experts de l'ONU, qui ont inspecté hier au moins six sites dans la région de Bagdad et celle de Mossoul (nord), «ne sont pas des espions», avait-il déclaré à l'AFP.
La précédente mission d'inspection de l'ONU en Irak, l'UNSCOM, avait elle aussi été accusée d'espionnage par Bagdad — ce qui avait été en partie confirmé ultérieurement.
Plus tôt dans la journée, le Pentagone avait annoncé le départ des États-Unis pour la région du Golfe d'un groupe d'assaut amphibie avec 2200 Marines, ainsi que d'un navire-hôpital de 1000 lits. Par ailleurs, une dizaine de milliers de réservistes de l'armée de Terre ont reçu l'ordre de se préparer à être déployés dans le mois qui vient.
Le quotidien Washington Post affirmait hier que l'armée américaine était en train de réunir des forces terrestres qui pourraient dépasser les 100 000 hommes.
Pour le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, la probabilité d'un conflit contre l'Irak s'est toutefois réduite et la guerre n'est «pas inévitable».
«Nous avons eu un accord de la communauté internationale [...] pour envoyer des inspecteurs [en Irak] et obliger Saddam Hussein à accepter l'autorité de la communauté internationale. Si cela peut continuer de cette façon, alors la question pourra être réglée de façon pacifique», a-t-il ajouté.
Londres n'en a pas moins annoncé hier le départ pour le Golfe samedi du plus gros porte-avions britannique, l'Ark Royal, transportant des soldats et des avions de chasse. Il doit rejoindre un navire déjà déployé dans la région, le HMS Cardiff. Le coup d'envoi est ainsi donné au déploiement dans le Golfe de forces navales stationnées en Grande-Bretagne.
Selon l'édition d'hier du New York Times, la Maison-Blanche met parallèlement la dernière main au plan destiné à administrer l'Irak après l'éviction de Saddam Hussein. L'armée américaine stationnerait pendant au moins 18 mois en Irak, gouverné par un administrateur civil.
Le quotidien américain, qui cite un haut conseiller du président George W. Bush et des responsables de la sécurité, tous anonymes, ajoute que les champs de pétrole irakiens seraient rapidement repris en main pour financer la reconstruction.
Les États-Unis ont l'intention, s'ils envahissent l'Irak, de mettre au plus vite en sécurité les gisements de pétrole et ils envisagent de pousser la production au-delà des volumes prévus dans le programme «pétrole contre nourriture» de l'ONU, ont encore indiqué des responsables.
L'objectif sera de protéger ces gisements de tout sabotage en gardant à l'esprit que Saddam avait mis le feu à des puits koweitiens pendant la Guerre du Golfe.
L'administration Bush étudie s'il est possible aux termes du droit international d'augmenter la production pétrolière irakienne pour financer la reconstruction du pays.
La question est de savoir si des occupants étrangers ont le droit de vendre du pétrole du pays occupé, même au profit de ce pays.
«Nous ne ferons rien qui aille à l'encontre du droit international», a assuré un responsable.
Les États-Unis auraient par ailleurs l'intention de maintenir l'intégrité de l'Irak, sans que l'on sache au bout de combien de temps ils pourraient remettre le pouvoir à un gouvernement civil.
Des analystes estiment qu'avec le départ de Saddam, l'Irak pourrait éclater en une entité chiite dans le sud, qui a des affinités avec l'Iran voisin et une entité kurde indépendante dans le nord, laissant aux Sunnites le centre, autour de Bagdad.
En Hongrie, une trentaine d'instructeurs américains sont arrivés à la base de Taszar, pour former jusqu'à 3000 opposants irakiens, notamment comme interprètes et officiers de liaison.
L'ONU a de son côté annoncé que son coordonnateur pour la question des disparus et des biens manquants au Koweït depuis son invasion par les Irakiens en 1990 se rendrait à Bagdad le 17 janvier.
Enfin, l'adjoint au ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov a déclaré que Moscou et Paris estiment que la crise irakienne ne peut être réglée que grâce à l'ONU.
Le roi Abdallah II de Jordanie a affiché la même position, en recevant le premier ministre turc Abdullah Gul. Les deux dirigeants ont souligné leur attachement à «la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak».
Dans un discours prononcé à l'occasion du 82e anniversaire de l'armée irakienne, Saddam Hussein a affirmé que les experts de l'ONU, chargés d'établir si l'Irak possède ou non des armes de destruction massive, se livraient à un «pur travail de renseignement». Ils établissent selon lui «des listes de scientifiques irakiens» et posent «à des fonctionnaires des questions aux objectifs inavoués».
Interrogé sur ces accusations du président irakien, M. Bush a estimé que, associées «avec les déficiences de sa déclaration [sur les armes de destruction massive], c'est décourageant pour tous ceux qui veulent régler la question de manière pacifique».
Le porte-parole des inspecteurs en Irak, Hiro Ueki, les avait également auparavant formellement rejetées. Les experts de l'ONU, qui ont inspecté hier au moins six sites dans la région de Bagdad et celle de Mossoul (nord), «ne sont pas des espions», avait-il déclaré à l'AFP.
La précédente mission d'inspection de l'ONU en Irak, l'UNSCOM, avait elle aussi été accusée d'espionnage par Bagdad — ce qui avait été en partie confirmé ultérieurement.
Plus tôt dans la journée, le Pentagone avait annoncé le départ des États-Unis pour la région du Golfe d'un groupe d'assaut amphibie avec 2200 Marines, ainsi que d'un navire-hôpital de 1000 lits. Par ailleurs, une dizaine de milliers de réservistes de l'armée de Terre ont reçu l'ordre de se préparer à être déployés dans le mois qui vient.
Le quotidien Washington Post affirmait hier que l'armée américaine était en train de réunir des forces terrestres qui pourraient dépasser les 100 000 hommes.
Pour le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, la probabilité d'un conflit contre l'Irak s'est toutefois réduite et la guerre n'est «pas inévitable».
«Nous avons eu un accord de la communauté internationale [...] pour envoyer des inspecteurs [en Irak] et obliger Saddam Hussein à accepter l'autorité de la communauté internationale. Si cela peut continuer de cette façon, alors la question pourra être réglée de façon pacifique», a-t-il ajouté.
Londres n'en a pas moins annoncé hier le départ pour le Golfe samedi du plus gros porte-avions britannique, l'Ark Royal, transportant des soldats et des avions de chasse. Il doit rejoindre un navire déjà déployé dans la région, le HMS Cardiff. Le coup d'envoi est ainsi donné au déploiement dans le Golfe de forces navales stationnées en Grande-Bretagne.
Selon l'édition d'hier du New York Times, la Maison-Blanche met parallèlement la dernière main au plan destiné à administrer l'Irak après l'éviction de Saddam Hussein. L'armée américaine stationnerait pendant au moins 18 mois en Irak, gouverné par un administrateur civil.
Le quotidien américain, qui cite un haut conseiller du président George W. Bush et des responsables de la sécurité, tous anonymes, ajoute que les champs de pétrole irakiens seraient rapidement repris en main pour financer la reconstruction.
Les États-Unis ont l'intention, s'ils envahissent l'Irak, de mettre au plus vite en sécurité les gisements de pétrole et ils envisagent de pousser la production au-delà des volumes prévus dans le programme «pétrole contre nourriture» de l'ONU, ont encore indiqué des responsables.
L'objectif sera de protéger ces gisements de tout sabotage en gardant à l'esprit que Saddam avait mis le feu à des puits koweitiens pendant la Guerre du Golfe.
L'administration Bush étudie s'il est possible aux termes du droit international d'augmenter la production pétrolière irakienne pour financer la reconstruction du pays.
La question est de savoir si des occupants étrangers ont le droit de vendre du pétrole du pays occupé, même au profit de ce pays.
«Nous ne ferons rien qui aille à l'encontre du droit international», a assuré un responsable.
Les États-Unis auraient par ailleurs l'intention de maintenir l'intégrité de l'Irak, sans que l'on sache au bout de combien de temps ils pourraient remettre le pouvoir à un gouvernement civil.
Des analystes estiment qu'avec le départ de Saddam, l'Irak pourrait éclater en une entité chiite dans le sud, qui a des affinités avec l'Iran voisin et une entité kurde indépendante dans le nord, laissant aux Sunnites le centre, autour de Bagdad.
En Hongrie, une trentaine d'instructeurs américains sont arrivés à la base de Taszar, pour former jusqu'à 3000 opposants irakiens, notamment comme interprètes et officiers de liaison.
L'ONU a de son côté annoncé que son coordonnateur pour la question des disparus et des biens manquants au Koweït depuis son invasion par les Irakiens en 1990 se rendrait à Bagdad le 17 janvier.
Enfin, l'adjoint au ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov a déclaré que Moscou et Paris estiment que la crise irakienne ne peut être réglée que grâce à l'ONU.
Le roi Abdallah II de Jordanie a affiché la même position, en recevant le premier ministre turc Abdullah Gul. Les deux dirigeants ont souligné leur attachement à «la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

