Lettres: Une question d'équité
Nicolas Laurendeau - Montréal, le 10 février 2008
15 février 2008
Le Directeur général des élections doit déposer prochainement un projet de refonte de la carte électorale du Québec. Cet exercice de rééquilibrage régulier risque cette fois-ci d'entraîner un nouveau débat entre Montréal et certaines régions.
En effet, il se prépare à proposer la fusion de circonscriptions dans certaines régions éloignées et la création de circonscriptions dans la grande région de Montréal. Cette révision s'impose pour deux raisons. Premièrement, il serait inconcevable d'accroître le nombre de circonscriptions, le Québec ayant déjà 125 députés, alors que l'Ontario, une province plus riche et plus populeuse que la nôtre, en compte seulement 107. Deuxièmement, l'égalité des électeurs est un principe fondamental dans un régime démocratique moderne. Pourtant, le vote d'un électeur de Matane (27 919 électeurs) vaut actuellement deux fois plus que celui d'un électeur de plusieurs autres circonscriptions, par exemple Chambly (59 086 électeurs). Dans le cas des Îles-de-la-Madeleine (10 586 électeurs), c'est encore pire: les électeurs de cette circonscription ont un poids politique presque six fois plus élevé qu'un électeur de Chambly. Plusieurs avanceront que le cas des Îles-de-la-Madeleine est une exception prévue à la loi depuis longtemps. Ce n'est pas un argument valable. Nous devons corriger cette anomalie historique en fusionnant cette circonscription avec celle de Gaspé, comme c'est le cas au fédéral. Même fusionnée, cette nouvelle circonscription n'aurait que 38 349 électeurs. Bien sûr, c'est important de tenir compte de la très grande dispersion géographique de certaines circonscriptions, mais nous devons le faire de la bonne façon. Par exemple, nous pourrions octroyer des budgets supplémentaires permettant l'ouverture de plus d'un bureau de comté et l'embauche de plus de collaborateurs pour le député. Mais à l'Assemblée nationale du Québec, tous les citoyens devraient avoir sensiblement le même poids politique. C'est une question d'équité, de justice et de démocratie.
En effet, il se prépare à proposer la fusion de circonscriptions dans certaines régions éloignées et la création de circonscriptions dans la grande région de Montréal. Cette révision s'impose pour deux raisons. Premièrement, il serait inconcevable d'accroître le nombre de circonscriptions, le Québec ayant déjà 125 députés, alors que l'Ontario, une province plus riche et plus populeuse que la nôtre, en compte seulement 107. Deuxièmement, l'égalité des électeurs est un principe fondamental dans un régime démocratique moderne. Pourtant, le vote d'un électeur de Matane (27 919 électeurs) vaut actuellement deux fois plus que celui d'un électeur de plusieurs autres circonscriptions, par exemple Chambly (59 086 électeurs). Dans le cas des Îles-de-la-Madeleine (10 586 électeurs), c'est encore pire: les électeurs de cette circonscription ont un poids politique presque six fois plus élevé qu'un électeur de Chambly. Plusieurs avanceront que le cas des Îles-de-la-Madeleine est une exception prévue à la loi depuis longtemps. Ce n'est pas un argument valable. Nous devons corriger cette anomalie historique en fusionnant cette circonscription avec celle de Gaspé, comme c'est le cas au fédéral. Même fusionnée, cette nouvelle circonscription n'aurait que 38 349 électeurs. Bien sûr, c'est important de tenir compte de la très grande dispersion géographique de certaines circonscriptions, mais nous devons le faire de la bonne façon. Par exemple, nous pourrions octroyer des budgets supplémentaires permettant l'ouverture de plus d'un bureau de comté et l'embauche de plus de collaborateurs pour le député. Mais à l'Assemblée nationale du Québec, tous les citoyens devraient avoir sensiblement le même poids politique. C'est une question d'équité, de justice et de démocratie.
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