Lettres: Vers l'assimilation
Frédéric Lacroix - Le 13 février 2008
14 février 2008
Dans son texte paru dans Le Devoir du 13 février, Pauline Marois affirmait entre autres ceci.
- Qu'elle veut «ouvrir les enfants au monde» et souhaite qu'ils deviennent «bilingues, voire trilingues». Toutefois, elle ne propose que l'anglais, qu'elle veut imposer et rendre obligatoire en immersion dans les écoles dites françaises alors qu'il existe une multitude de langues sur la planète à part l'anglais. Elle ne propose pas le bilinguisme mais l'anglais pour tous. La nuance est de taille. Son «ouverture au monde» se réduit à l'ouverture au monde anglo-saxon.
- Que les programmes d'immersion anglaise au Lac-Saint-Jean n'ont pas mené à l'assimilation des francophones. Cet exemple n'est pas pertinent. Le vrai problème se situe bien sûr à Montréal et en Outaouais. Que donneront les programmes d'immersion anglaise dans un contexte où la langue de travail est la plupart du temps l'anglais, où les cégeps et les universités de langue anglaise occupent presque la moitié du terrain et prennent de l'expansion, où l'hôpital le plus prestigieux à Montréal est anglais, où un anglophone gagne toujours plus qu'un francophone, etc.? Le PQ peut-il réfléchir à cette question?
Pauline Marois ne semble pas saisir qu'un accent aussi fort mis sur l'anglais comme compétence personnelle obligatoire ne peut mener qu'à l'assimilation des francophones dans un contexte de bilinguisme institutionnel massif tel qu'il existe au Québec. Son projet de loi 195 ne s'attaque pas du tout au bilinguisme institutionnel, hormis une petite mesure sur la langue de travail, donc l'efficacité est douteuse si on se fie à ce qui existe déjà.
Si le plan de Pauline Marois consiste à fermer l'ensemble des institutions de langue anglaise au Québec (Dawson College, John Abbott, McGill, Concordia, Bishop's, etc.), à ne pas construire le méga-McGill University Health Center et à mettre fin au bilinguisme dans les services publics, alors son projet consistant à mettre l'accent sur l'anglais individuel aurait effectivement peu d'effets, comme au Lac-Saint-Jean. Mais si elle ne fait pas ça, alors son plan nous mènera vers l'assimilation. C'est pourtant simple à comprendre.
- Qu'elle veut «ouvrir les enfants au monde» et souhaite qu'ils deviennent «bilingues, voire trilingues». Toutefois, elle ne propose que l'anglais, qu'elle veut imposer et rendre obligatoire en immersion dans les écoles dites françaises alors qu'il existe une multitude de langues sur la planète à part l'anglais. Elle ne propose pas le bilinguisme mais l'anglais pour tous. La nuance est de taille. Son «ouverture au monde» se réduit à l'ouverture au monde anglo-saxon.
- Que les programmes d'immersion anglaise au Lac-Saint-Jean n'ont pas mené à l'assimilation des francophones. Cet exemple n'est pas pertinent. Le vrai problème se situe bien sûr à Montréal et en Outaouais. Que donneront les programmes d'immersion anglaise dans un contexte où la langue de travail est la plupart du temps l'anglais, où les cégeps et les universités de langue anglaise occupent presque la moitié du terrain et prennent de l'expansion, où l'hôpital le plus prestigieux à Montréal est anglais, où un anglophone gagne toujours plus qu'un francophone, etc.? Le PQ peut-il réfléchir à cette question?
Pauline Marois ne semble pas saisir qu'un accent aussi fort mis sur l'anglais comme compétence personnelle obligatoire ne peut mener qu'à l'assimilation des francophones dans un contexte de bilinguisme institutionnel massif tel qu'il existe au Québec. Son projet de loi 195 ne s'attaque pas du tout au bilinguisme institutionnel, hormis une petite mesure sur la langue de travail, donc l'efficacité est douteuse si on se fie à ce qui existe déjà.
Si le plan de Pauline Marois consiste à fermer l'ensemble des institutions de langue anglaise au Québec (Dawson College, John Abbott, McGill, Concordia, Bishop's, etc.), à ne pas construire le méga-McGill University Health Center et à mettre fin au bilinguisme dans les services publics, alors son projet consistant à mettre l'accent sur l'anglais individuel aurait effectivement peu d'effets, comme au Lac-Saint-Jean. Mais si elle ne fait pas ça, alors son plan nous mènera vers l'assimilation. C'est pourtant simple à comprendre.
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