vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Irak - Bush: «Nous sommes prêts»

Les préparatifs militaires ont dépassé le stade de l'intimidation

4 janvier 2003 
Un énorme drapeau américain servait de décor, hier, à l’occasion du discours du président américain George W. Bush devant les soldats de la base de Fort Hood, au Texas.
Photo : Agence Reuters
Un énorme drapeau américain servait de décor, hier, à l’occasion du discours du président américain George W. Bush devant les soldats de la base de Fort Hood, au Texas.
Les signes avant-coureurs d'une intervention américaine en Irak se multiplient. Au-delà des messages politiques, comme ce discours enflammé prononcé hier par George W. Bush devant les soldats de la plus grande base américaine, au Texas, c'est sur le terrain militaire que des évidences apparaissent: les préparatifs ont maintenant dépassé le stade de la menace.

Washington — En début de semaine, dans le port de Baltimore, on pouvait voir des marins de la Navy charger, sur un énorme navire blanc orné de croix rouges, des caisses de Coca Cola, de Marlboro ou de M & Ms. Le Comfort, ancien pétrolier reconverti en bateau-hôpital, s'apprête à appareiller avec ses 1000 lits, ses 12 salles d'opération et ses équipements de décontamination. Son capitaine a reçu l'ordre de mettre le cap sur l'océan Indien. Aux yeux des spécialistes de la guerre, cet ordre-là a été le signe le plus clair que, face à l'Irak, le temps des simples manoeuvres d'intimidation était terminé: la guerre est désormais très sérieusement préparée.

S'il ne s'agissait que d'impressionner le dictateur irakien, pourquoi enverrait-on un hôpital flottant, capable de soigner des soldats victimes d'attaques chimiques et biologiques? D'autres signes concordants sont relevés par les experts: «Les premières unités de soutien aux combats commencent à être envoyées», note ainsi Josh Spero, professeur à la faculté de Fitchburg (Massachusetts), qui a travaillé pendant des années à la planification au Pentagone.

Ces unités sont chargées de ravitailler des hommes sur des champs de bataille. «Ce que l'administration met en place aujourd'hui, c'est une véritable logistique de guerre», en conclut-il.

Certes, la Maison-Blanche répète que l'affrontement «peut encore être évité». Mais le déploiement des forces est désormais si vaste qu'on imagine mal Washington faire machine arrière. «Nous sommes prêts», a lancé hier le président américain, venu regonfler le moral des troupes à Fort Hood, la plus importante base américaine (41 000 soldats), basée au Texas. «Saddam Hussein scelle son sort en refusant de désarmer», a-t-il ajouté.

La veille, depuis son ranch de Crawford où il passe ses vacances, Bush avait réaffirmé qu'il ne «souhaitait pas en arriver à la guerre», mais en constatant que «l'heure des comptes sonnait» pour Saddam Hussein.

Un miraculeux coup d'État ou un revirement de Bagdad (qui découvrirait subitement des stocks d'armes) semble aujourd'hui en mesure d'écarter la perspective d'une guerre. L'élan a été pris. Et comme le constate Gary Schmitt, directeur du Project for a New American Century, un centre de recherche proche de l'administration Bush, «il serait périlleux, en matière de crédibilité, de déployer ses forces comme le font les États-Unis et la Grande-Bretagne pour décider ensuite de ne pas s'en servir». Le risque étant selon lui que, «la fois suivante, vos adversaires ne vous prennent pas au sérieux».

Pour cette raison, la Maison-Blanche souhaitait attendre le plus longtemps possible avant de déployer les armées. Mais le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a insisté pour pouvoir foncer dès la fin du mois de décembre, seule façon selon lui d'être prêt avant mars. Le 26 décembre, il a donc signé un document confidentiel de 20 pages ordonnant l'accélération du déploiement de troupes et de matériel, engagé depuis un an. Environ 50 000 hommes devraient rejoindre les quelque 60 000 qui sont déjà sur place, que ce soit au Koweït, au Qatar, au Bahreïn ou sur des navires de guerre.

Un porte-avion, l'USS Abraham Lincoln, qui devait rentrer à Everett (État de Washington), a reçu l'ordre de rester en mer. À peine rentré à son port d'attache de Norfolk (en Virginie), un autre porte-avion, l'USS George Washington, a été invité à se tenir prêt à repartir, avec préavis de 96 heures.

La mesure la plus spectaculaire a été la décision, en début de semaine, d'envoyer une division d'infanterie complète. Basée à Fort Stewart (Géorgie), la 3e division regroupe 15 000 hommes spécialisés dans les guerres en condition désertique. Elle va s'installer au Moyen-Orient avec ses hélicoptères, ses avions et ses blindés.

Jamais, depuis la guerre du Golfe, un déploiement d'une telle importance avait été décidé. Et hier, ce sont les 50 000 Marines du premier corps expéditionnaire, basé à Pendelton, en Californie, qui ont été invités à préparer leur barda. En Allemagne, ce sont 800 hommes du génie et des renseignements de l'US Army qui sont sur le départ.

Encercler les villes

Ce dispositif permettra de commencer une guerre dès février-mars. Une campagne de bombardements pourrait être déclenchée avant la fin du mois de février par l'US Air Force et la Navy.

Pendant ce temps, des troupes de l'Army ou des Marines viendraient renforcer les soldats déjà dans la région. Une fois qu'ils seraient en nombre suffisants, ils entreraient en Irak, pour encercler les villes.

Au total, quelque 200 000 soldats américains, britanniques et d'autres nationalités pourraient être mobilisés. Le chiffre est peu élevé, mais il est considéré comme suffisant par l'entourage de Rumsfeld, qui croit en l'efficacité des nouvelles armes. II y a onze ans, pour mener la guerre du Golfe, c'est plus de 500 000 hommes qui avaient été déployés.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Dépêches
éditoriaux
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012