Lettres: Question de fond
Mariam Hassaoui - Le 31 janvier 2008
7 février 2008
En lisant l'article intitulé «Ségrégation et autodétermination», paru le 31 janvier dans Le Devoir, une question me préoccupait: quel est le lien entre l'autodétermination et la ségrégation? Pour commencer, je crois que c'est la ségrégation qui mène à une revendication d'autodétermination. Ce n'est que dans un espace de mépris et de rejet que je réclame mon droit d'exister. Ce serait une forme de légitimation de mon existence. Le groupe dominant n'a pas à justifier ou à légitimer son existence, il impose les règles du jeu. Un lien d'un autre genre peut aussi être réfléchi. Si on laisse le groupe discriminé se réapproprier sa confiance (notamment à travers une histoire qui lui est propre), il y a un danger de reprise de l'estime de soi et. Cette fois-ci, à lui de nous rejeter et d'ainsi ébranler nos «certitudes». Ça, il ne faut pas!
En fait, qu'avons-nous à vouloir taire l'histoire de l'autre? Car le problème fondamental, selon moi, est là! L'histoire du peuple «noir» ne concerne pas seulement les «Noirs», elle concerne l'humanité. Autrement dit, arrêtons de mettre un pansement sur une blessure qui nécessite une opération à coeur ouvert. L'histoire des Noirs, des Chinois, des Indiens, des Amérindiens, des Afghans, des Irakiens, des Palestiniens, et j'en passe, nous concerne tous. [...]
L'histoire doit se récrire et reconnaître la place de chacun. Ce n'est donc pas à travers une école à culture spécifique qu'on va régler le problème: au mieux, elle va inspirer à ces «Noirs» la prise de conscience de leur existence à leurs yeux. Mais pas aux yeux des autres. Dès qu'ils sortiront de l'école, les autres continueront à les préjuger de la même façon qu'avant, et la lutte recommencera!
Ce qui est à remettre en question, ce sont les contenus des cours d'histoire de toutes les écoles. La ségrégation, c'est nous qui la créons. [...]Nous refusons nos responsabilités, car les conséquences seraient trop «coûteuses». Commençons par envisager ce qui est faisable dans l'immédiat: arrêtons d'exclure de l'histoire ceux qu'on sait avoir oubliés. Ce serait là aussi une forme d'autodétermination qui serait le résultat non pas de l'exclusion mais bien de la volonté de la combattre.
En fait, qu'avons-nous à vouloir taire l'histoire de l'autre? Car le problème fondamental, selon moi, est là! L'histoire du peuple «noir» ne concerne pas seulement les «Noirs», elle concerne l'humanité. Autrement dit, arrêtons de mettre un pansement sur une blessure qui nécessite une opération à coeur ouvert. L'histoire des Noirs, des Chinois, des Indiens, des Amérindiens, des Afghans, des Irakiens, des Palestiniens, et j'en passe, nous concerne tous. [...]
L'histoire doit se récrire et reconnaître la place de chacun. Ce n'est donc pas à travers une école à culture spécifique qu'on va régler le problème: au mieux, elle va inspirer à ces «Noirs» la prise de conscience de leur existence à leurs yeux. Mais pas aux yeux des autres. Dès qu'ils sortiront de l'école, les autres continueront à les préjuger de la même façon qu'avant, et la lutte recommencera!
Ce qui est à remettre en question, ce sont les contenus des cours d'histoire de toutes les écoles. La ségrégation, c'est nous qui la créons. [...]Nous refusons nos responsabilités, car les conséquences seraient trop «coûteuses». Commençons par envisager ce qui est faisable dans l'immédiat: arrêtons d'exclure de l'histoire ceux qu'on sait avoir oubliés. Ce serait là aussi une forme d'autodétermination qui serait le résultat non pas de l'exclusion mais bien de la volonté de la combattre.
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