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Lettres: Un conseil à M. Bernard Landry

Guy Milot - Montréal, le 20 décembre 2002  3 janvier 2003 
Le premier ministre du Québec est un homme de coeur, habile et courageux. Il est conscient de ses erreurs comme de ses bons coups.

Fidèle à ses amis, il allait en donner la preuve récemment en proposant au caucus de ses députés et ministres de réhabiliter M. Yves Michaud que l'Assemblée nationale avait impulsivement blâmé, il y a deux ans, pour ses propos jugés antisémites.

Quand on connaît la valeur de l'homme Yves Michaud, on a raison de penser que le gouvernement de l'époque, sous l'égide de Lucien Bouchard, avait commis une erreur et une injustice grave à l'endroit du citoyen Michaud en le condamnant trop vite, sans lui avoir permis auparavant de s'expliquer devant l'Assemblée nationale.

Quelques jours avant Noël, messieurs André Boisclair, leader du gouvernement en chambre, et M. Landry premier ministre, ont voulu annoncer que désormais l'Assemblée nationale convoquerait un citoyen avant de le blâmer par une motion. Cela aurait pu être un beau cadeau à faire au patriote Yves Michaud; mais non, au contraire, ce fut un tollé de réprobations qui a surgi du groupe de députés et ministres dont plusieurs se sont opposés avec véhémence à cette idée.

Trois d'entre eux particulièrement ont montré leur incapacité à l'ouverture d'esprit et à la bonté du coeur qu'on devrait trouver normalement chez des gens qui occupent leur fonction.

Il s'agit de Joseph Facal, président du Conseil du trésor, qui possède apparemment une aptitude spontanée à semer de la bisbille au caucus et dans le parti. Il y a eu aussi Sylvain Simard, l'actuel ministre de l'Éducation, un homme dont le jugement m'apparaît parfois aussi mince que les feuilles de papier sur lesquelles sont inscrits ses principes. Et enfin, et pas le moindre, François Legault, ministre de la Santé, cet habitué des lois spéciales, qui s'est également opposé au projet.

Tout cela m'inspire à donner au premier ministre le conseil suivant: Monsieur Landry, quand vous ferez bientôt l'amaigrissement de votre Conseil des ministres, ne vous gênez donc pas pour laisser au rancart ces trois personnes que je viens de nommer puisqu'elles semblent n'avoir pas compris le message de Noël.

La fête de Noël qui rappelle la naissance de l'enfant-Dieu n'est pas sans nous rappeler que le Christ a déjà dit à son peuple et à travers lui au monde entier, qu'il valait mieux considérer l'esprit plutôt que la lutte des lois; or, l'esprit de la motion humanitaire d'André Boisclair et de Bernard Landry appelait à la compréhension et au respect de la personne d'Yves Michaud.
 
 
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