Lettres: Penser l'éducation
Mathieu Charlebois - Montréal, le 15 janvier 2008
18 janvier 2008
Selon la firme comptable Waterhouse Cooper, le plan de redressement de l'UQAM est insuffisant et l'université doit encore dégraisser. Mais dégraisser quoi? La qualité minimale qu'on exige d'une université occidentale est bien près d'être atteinte. Devrait-on se soumettre à une anorexie scolaire volontaire?
Trois fois lors de ma première semaine de cours j'ai entendu cet affligeant laïus: «D'habitude, il y a des conférenciers, mais cette session, on ne peut plus les payer. Si je trouve quelqu'un qui serait prêt à se déplacer gratuitement... »
Ouch. Un brin fâchant à vivre alors que nos frais augmentent.
Parallèlement, on impute à une baisse du nombre d'inscriptions une partie du manque de fonds. Mais qui voudrait bien s'inscrire à une université où les locaux informatiques ont des heures d'ouverture de caisse populaire, ouvrant six heures le samedi et fermant le dimanche? Et l'UQAM déclare qu'elle pense accroître ses revenus en ajoutant des programmes de cycle supérieur afin... d'augmenter ses subventions. On dirait qu'il est bien fini, le temps où l'UQAM avait des étudiants. Elle a maintenant des subventions.
Je vois avec horreur sévir encore cette logique comptable, celle-là même qui a mis mon université dans la situation où elle est, risquant d'anéantir les valeurs fondamentales d'ouverture, de réflexion et d'accessibilité qui devraient régner à cette université publique qu'est l'UQAM.
Quand en aurons-nous assez de cette dictature des chiffres, insultante pour le rôle que doit tenir une université dans sa société? Est-ce cela que nous voulons retirer de l'éducation supérieure?
J'ai de la chance, il ne me reste qu'un semestre à faire. J'aurai eu le temps de terminer mon baccalauréat avant de cesser d'être rentable. J'espère néanmoins qu'on aura recommencé à penser l'éducation au lieu de la gérer lorsque ma fille entrera à l'université.
Trois fois lors de ma première semaine de cours j'ai entendu cet affligeant laïus: «D'habitude, il y a des conférenciers, mais cette session, on ne peut plus les payer. Si je trouve quelqu'un qui serait prêt à se déplacer gratuitement... »
Ouch. Un brin fâchant à vivre alors que nos frais augmentent.
Parallèlement, on impute à une baisse du nombre d'inscriptions une partie du manque de fonds. Mais qui voudrait bien s'inscrire à une université où les locaux informatiques ont des heures d'ouverture de caisse populaire, ouvrant six heures le samedi et fermant le dimanche? Et l'UQAM déclare qu'elle pense accroître ses revenus en ajoutant des programmes de cycle supérieur afin... d'augmenter ses subventions. On dirait qu'il est bien fini, le temps où l'UQAM avait des étudiants. Elle a maintenant des subventions.
Je vois avec horreur sévir encore cette logique comptable, celle-là même qui a mis mon université dans la situation où elle est, risquant d'anéantir les valeurs fondamentales d'ouverture, de réflexion et d'accessibilité qui devraient régner à cette université publique qu'est l'UQAM.
Quand en aurons-nous assez de cette dictature des chiffres, insultante pour le rôle que doit tenir une université dans sa société? Est-ce cela que nous voulons retirer de l'éducation supérieure?
J'ai de la chance, il ne me reste qu'un semestre à faire. J'aurai eu le temps de terminer mon baccalauréat avant de cesser d'être rentable. J'espère néanmoins qu'on aura recommencé à penser l'éducation au lieu de la gérer lorsque ma fille entrera à l'université.
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