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Libre-Opinion: Vous vous trompez de cible !

Julie Bouchard - Secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM).  11 janvier 2008 
Lettre au recteur de l'UdeM - En tant qu'étudiants, nous sommes fiers d'être membres de la communauté de l'Université de Montréal (UdeM). Les étudiants, forts de la formation qu'ils y reçoivent, se démarquent par leurs accomplissements, peu importe leur champ d'études. Or nous déplorons les récents choix stratégiques de votre administration, qui ne font pas honneur à la renommée de l'université que vous dirigez.

Il est clair que les universités québécoises traversent une période difficile causée par le sous-financement gouvernemental de nos institutions. Devant les problèmes financiers, la solution qui semble privilégiée par le gouvernement et les recteurs consiste à augmenter sans cesse la facture étudiante. De tous les groupes de la communauté universitaire, seuls les étudiants sont contraints à un effort supplémentaire en payant davantage. Qui plus est, ils font aussi les frais de ce sous-financement en subissant une réduction de l'offre de cours et des coupes dans les charges d'auxiliariat.

Ainsi, vous envisagez d'augmenter les frais afférents l'année prochaine — pour une deuxième fois en trois ans — en plus des hausses des frais de scolarité imposées en vertu du dégel appliqué par le gouvernement libéral depuis septembre dernier. Les augmentations que vous souhaitez s'élèveront à 545 $ par année pour les étudiants aux cycles supérieurs en rédaction de mémoire ou de thèse. En plus, aucun plan de développement, aucun plan d'investissement et aucune prévision budgétaire n'accompagne ces hausses.

Pis encore, aucune évaluation valable des besoins n'a été faite afin de justifier la nécessité de ces prélèvements auprès des étudiants. Difficile pour nous, étudiants universitaires, d'accepter cette méthode qui va à l'encontre de toutes les démarches qui nous sont enseignées. En effet, aucun professeur ne suggère d'appliquer d'abord une solution et, par la suite, d'évaluer correctement la problématique.

Il est faux de nous dépeindre comme étant dogmatiquement opposés à toute hausse de frais. Des projets probants nécessitant des frais supplémentaires obligatoires, comme le titre de transport universel, sont reçus favorablement par la FAECUM et par les étudiants. Par contre, il est de notre devoir de dénoncer les hausses de frais injustifiées sans apport concret pour les étudiants. De plus, nous considérons que nous ne devons pas être les seuls à contribuer davantage.

Pour la FAECUM, il n'y a aucun doute que les universités québécoises sont sous-financées. Toutefois, la solution ne réside pas dans une augmentation de la facture étudiante mais bien dans la démonstration du fait qu'on ne peut plus attendre pour donner la priorité à l'enseignement universitaire au Québec. Plutôt que de laisser le gouvernement provincial s'en tirer sans investir davantage, nous vous invitons à abandonner ce projet de hausse pour rassembler la communauté universitaire autour d'un projet commun: convaincre le gouvernement du Québec de réinvestir dans les universités.

Si vous persistez à vouloir augmenter la facture étudiante, nous n'aurons d'autre choix que de lancer une campagne massive pour le retrait de ces frais. Nous souhaitons toujours améliorer la qualité de vie des étudiants sur le campus et nous ne souhaitons jamais l'affrontement, mais nous n'accepterons pas de payer pour l'improvisation d'une administration qui choisit de jeter l'éponge devant le gouvernement et devant un réinvestissement essentiel.

Nous espérons une ouverture de la part de votre administration afin que nous puissions travailler ensemble à l'amélioration des conditions d'études à l'Université de Montréal.
 
 
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