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Lettres: VLB a-t-il perdu le nord?

Ugo Gilbert Tremblay - Québec, le 8 janvier 2008  10 janvier 2008 
Peut-être ce texte m'attirera-t-il l'épithète de jeune intellectuel de gauche méprisant, mais au-delà de cette vulgaire étiquette qu'affectionne particulièrement Victor-Lévy Beaulieu, il y a parfois de ces inepties qui doivent être déboulonnées de part en part. Si VLB subit la critique de certains de ses contemporains, est-il possible que ce soit dû fait qu'une part de ses raisonnements ne tiennent tout simplement pas la route?

Dans son texte paru dans Le Devoir du 7 janvier, VLB se livre à une réflexion tout à fait farfelue et déconcertante. Selon ses dires, l'ADQ de Mario Dumont souhaiterait tout bonnement démanteler les commissions scolaires «dans le but de rendre plus humaine l'éducation». C'est à croire que l'ADQ serait le dernier refuge des humanistes québécois. Comment peut-on en arriver à une telle conclusion alors que les valeurs proclamées de l'ADQ sont, entre autres choses, le profit élevé au rang de culte, la compétition sans bornes et l'utilitarisme réducteur? Les seules visées de ce parti en matière d'éducation s'enracinent bien plus dans le clientélisme politique que dans quelque prétention humanisante que ce soit.

À vrai dire, c'est la même froide logique comptable — proprement néolibérale — qui l'a motivée à vouloir forcer les prestataires de l'aide sociale dits aptes à l'emploi à retourner besogner pour le patronat au salaire minimum... sous peine d'itinérance après avoir passé quatre ans à faire «la grosse vie» avec 572 $ par mois! Tout cela alors qu'une bonne partie d'entre eux attendent déjà sur une sale liste un emploi qu'ils ne choisiront même pas. Risibles impératifs économiques à la sauce adéquiste. Mais en bon citoyen qu'il est, VLB ne devrait-il pas s'être consciencieusement informé au sujet de son nouveau parti?

Mais selon VLB, ce serait plutôt en raison de la peur du changement que l'ADQ en révulserait plus d'un. Selon lui, si on ne veut pas se joindre à ce parti droitiste pour remettre une fois pour toutes en question nos acquis sociaux, c'est par crainte de bousculer nos certitudes. Et encore plus saugrenue est l'interrogation qu'il lance avec le plus grand sérieux du monde: «Serait-ce que la bourgeoisie politique et sociale qui se partage les profits de ce conformisme ne voit pas l'intérêt de changer en profondeur le type de société dans lequel on vit, qui donne presque toute la richesse à quelques-uns et accule tous les autres à l'appauvrissement?» Si on comprend bien, c'est en votant pour l'ADQ qu'on pourrait renverser ce système inégalitaire? Sérieusement... Il ne faudrait surtout pas qu'il se surprenne ensuite de soulever l'ire des gens qui, solidaires, campent véritablement à gauche au Québec.
 
 
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